Les histoires insolites de Tanga : le voisin aux deux visages

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Le voisin est le premier parent. Mais il peut être aussi le premier ennemi. Surtout quand on ne sait pas ce qu’il fait de ses nuits…

Un « célibatérium », cinq portes, quatre célibataires. Ces quatre personnes vivaient tranquillement dans leur cour commune.

Tout allait  bien jusqu’au matin où les colocataires découvrirent un mendiant dans leur cour. Il était chauve et n’avait plus de famille. Ils décidèrent de l’aider et lui louèrent la cinquième porte. Et ce, malgré l’avis contraire du bailleur et de quelques notables du quartier qui regardaient d’un air soupçonneux l’heureux bénéficiaire.  « Il faut avoir pitié de son prochain et le voisin est ton premier parent », ont rétorqué les samaritains.

Mais quelques mois plus tard, leur premier parent commença à les inquiéter. Lui qui avait une calvitie naissante se retrouva soudain avec des cheveux qui lui touchaient la hanche. Ses doigts s’alourdirent de bagues. Ses vêtements devinrent très amples. Mais au nom de la liberté de tout individu de disposer de sa personne comme bon lui semble, les autres ne s’en formalisèrent pas outre mesure.

Mais leur inquiétude revint sur le tapis quand une nuit, alors que chacun s’apprêtait à réparer les dommages commis dans leur organisme par une dure journée, des bruits pour le moins inhabituels agirent sur eux comme une surdose d’adrénaline. Ces bruits venaient de la maison de leur colocataire.

Ils frappèrent à la porte du voisin. Le vacarme cessa brusquement et leur apparut le visage ensommeillé de leur voisin et, à leur grande surprise, avec sa calvitie naissante ! Il s’étonna avec eux quant au tintamarre. Après des excuses, chacun revint chez lui. Mais à peine leur tête-a-telle touché l’oreiller que le   tapage reprit. Au second interrogatoire, la porte qui s’ouvrit les fit reculer : le voisin était là, mais avec sa longue chevelure  et le visage en sueur !

Ils poussèrent un cri d’incompréhension. Alors, la tête du voisin tourna sur son cou et, à la place de la nuque, apparut le visage chauve du voisin. Le « qu’est-ce qu’il y a encore » que ce dernier prononça chassa les quatre célibataires de la cour. Ils n’y remirent plus jamais les pieds. Pas étonnant, puisque les caniveaux sont devenus leur « célibatérium »!

Votre serviteur Tanga ([email protected])

 

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Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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