Diabré, chef de file de l’opposition : Langage de vérité pour commencer

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Zéphirin Diabré est formellement le chef de file de l’opposition politique de la Ve législature  burkinabè. Lors d’une rencontre avec les partis politiques ce soir  17 avril 2013, il a commencé par leur tenir un langage de vérité.

Zéphirin Diabré a proposé ses cinq chantiers aux partis politiques (Ph : B24)
Zéphirin Diabré a proposé ses cinq chantiers aux partis politiques (Ph : B24)

Zéphirin Diabré a commencé par dire aux chefs de partis politiques présents à cette rencontre qu’il n’est point « un chef » ni un « messie » et qu’il se place comme « un facilitateur » qui portera la voix de l’opposition. « C’est donc à l’opposition de savoir ce qu’elle veut », a-t-il conclu.

Le peuple n’a pas confiance en l’opposition

Il a ensuite appelé les partis politiques à l’union et la cohésion. Pour lui, les conditions objectives de l’alternance sont réunies au Burkina. Il reste les conditions subjectives et l’une d’elles, à son avis, c’est le manque d’une opposition « crédible » et qui a la confiance du peuple.

« Sommes-nous capables de gouverner ce pays et de faire mieux que ceux qui sont au pouvoir ? » A cette question, Diabré répond que le peuple burkinabè n’y croit pas. Et à son avis, c’est là le défi de l’opposition politique burkinabè : que les Burkinabè changent d’avis sur elle. Il faut donc « une opposition politique à statut gouvernemental », croit Diabré qui estime que les opposants burkinabè doivent désormais se comporter comme des hommes appelés  à gouverner un pays.

Les cinq chantiers de Zéphirin

Il propose déjà aux partis politiques burkinabè cinq chantiers pour y arriver. Le premier chantier est d’accentuer l’ancrage institutionnel de l’opposition. Pour Zébirin Diabré, l’opposition doit être consultée sur les grandes questions de la nation. Le deuxième chantier est d’établir des règles qui régiront l’opposition politique. Pour lui, une cinquantaine de partis politiques d’opposition, « c’est trop ».

Le troisième chantier est de renverser ce constat : « Nos partis ne sont pas implantés dans le pays ». Y compris son propre parti. Le quatrième chantier constitue pour l’opposition à proposer « un programme alternatif minimal » aux Burkinabè, différent de celui que propose le pouvoir. Pour Zéphirin Diabré, il  ne suffit pas de critiquer, mais de s’intéresser aux grands dossiers de l’Etat et proposer un programme qui tienne la dragée haute à celui du pouvoir.

Les « choses sérieuses » devraient s’enclencher

« Le pouvoir ne nous apportera pas les moyens de le faire tomber » constitue le cinquième chantier et le chef de file de l’opposition a appelé ses « camarades » à dorénavant compter sur eux-mêmes. Dans tous les cas, Zéphirin Diabré a prévenu que les choses ne seront pas faciles et que la tâche s’annonce ardue.

En réaction à ce discours, Norbert Michel Tiendrébeogo trouve qu’il « venait du fond de son cœur ». Il continue en ces termes : « Notre peuple nous regarde et nous devons prendre conscience qu’une page a été tournée et que maintenant que les choses sérieuses devraient tout de même être enclenchées ».

Me Bénéwendé Sankara (à d.)
Me Bénéwendé Sankara (à d.) : « Reconnaissez en Zéphirin Diabré votre chef » (Ph : B24)

 

Avec les bénédictions de Me Sankara

Même son de cloche chez le chef de file sortant ou « chef de file de la IVe législature », selon les termes de Zéphirin Diabré. Il a appelé officiellement tous les partis politiques à se rallier à son remplaçant. « Reconnaissez en Zéphirin Diabré votre chef », a-t-il lancé.

Abdou ZOURE

Pour Burkina 24

 

  1. Omar President/Fondateur du MJCB |

    Vous avez du boulot a faire car le pays n’est pret a vous recevoir.Quant on parle de changement ce n’est pas de changement d’individus qui fera l’affaire du pays.Le pays est dirige par l’une des meilleures institutions en Afrique.

  2. L'opposition burkinab? doit d'abord travailler pour avoir la confiance du peuple comme le dit le chef de file de l'opposition, une cinquantaine de partis ne fait pas serieux. Unissez-vous car l'union fait la force.toujours est-il que la t?che s'annonce difficile mais loins d'?tre impossible.j'admire particuliairement le courage de Sara SEREME.bon vent ? l'opposition Burkinab

  3. Il est vrai qu'il faut que l'opposition vraie r?tablisse la confiance entre elle et le peuple. des brebis galeuses, il y en aura toujours. Un premier chantier est de se m?fier donc de ses brebis galeuses; un autre chantier ? ne pas oublier et qui est un devoir constitutionnel des partis politiques: "Former politiquement les citoyens". Sans une forte pr?sence aupr?s des gens et une ?ducation politique accrue, les choses changeront difficilement. Bon vent.

  4. ? On ne peut mobiliser un homme qu?en fonction de ses int?r?ts ?!
    Effectivement comme on aime souvent le dire, ? En politique chaque homme a son prix ?.
    Il suffit d?observer le comportement de la plupart de nos opposants, pour comprendre le d?sint?ressement des citoyens et surtout de la jeunesse ? la politique africaine.
    Combien de fois les Africains ont ?t? trahis par ces m?mes opposants sur qui ils ont port? leur espoir ?
    Critiques et pertinents dans leurs analyses concernant la mauvaise gestion du pouvoir en place, ils savent toujours para?tre comme le messie qu?attend le peuple.
    ? L?espoir s?est fait Homme ? !
    Quel citoyen au monde n?aimerait pas voir l?am?lioration de sa situation, surtout quand on a devant soi, l?homme qui incarne ses r?ves ?
    Et pourtant, bon nombre d?entre eux sont des marchands d?illusions !
    Except? quelques rares opposants dignes de ce nom, toujours pr?ts ? mourir ? cause de leur id?ologie, beaucoup voient en la politique un moyen facile et rapide pour acc?der ? la richesse.
    Toujours les m?mes discours? les m?mes promesses qui ne sont jamais tenues et qui ont port? ceux d?hier au pouvoir aujourd?hui. A quand la fin de cette com?die ?
    Nous avons besoin d?opposants pr?ts ? mourir pour le peuple et non des opposants qui attendent que le peuple meurt pour qu?ils puissent acc?der au pouvoir.
    Qui peut changer le pouvoir en place si ce n?est l?opposition, fortement soutenue par le peuple comme un seul homme ? Mais comment une opposition divis?e peut-elle unir le peuple? Le plus souvent morcel?s ? cause des int?r?ts personnels, ils mettent ? nu le manque de s?rieux dans leurs ambitions, ce qui permet toujours au pouvoir en place d?avoir plus de marge de man?uvre pour jouer son jeu.
    Si en Afrique des lois bidons sont adopt?es, c?est parce que nous avons des opposants bidons.

    Bref? En attendant, quoi que l?on dise, Ma?tre Sankara m?rite nos encouragements? Et pour le comprendre, essayons un instant soi peu, de nous mettre dans ses bottines? Peut-on mobiliser un peuple qui a des reflexes de mendiant ? Un peuple qui voit mais qui refuse de regarder ? Qui entend mais qui refuse d??couter ? Sp?cialistes des critiques, bon nombre d?entre nous n?attend que les erreurs des autres pour ?criailler ?? Et pourtant, quant aux erreurs, nul n?est parfait ! Et puisque le monde ne marche qu?avec des erreurs corrig?es et non r?p?t?es, esp?rons que Z?phirin Diabr? jouera son r?le de Professeur. Que Dieu b?nisse le Burkina. Etalon

  5. Il me semble que c’est ce qui manquait ? notre opposition; un homme capable de faire l’unanimit? et de la structurer. Si beaucoup de gens pr?f?rent encore Blaise c’est parce que les opposants en face n’?taient pas cr?dibles; ?a commence ? changer mais attention le CDP va vouloir cr?er le bordel tout de suite (achat de conscience, morcellement des partis encore et encore). Il faut ?tre vraiment fort et tenir bon malgr? les difficult?s. En tout cas le peuple vous regarde et vous suit; beaucoup de courage ? vous!!!

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Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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