Malick Tapsoba, du projet Open Data: « Nous avons jugé bon de montrer un exemple de réutilisation de données »

2332 0

Le Ministère du Développement de l’Economie Numérique et des Postes organise les 05 et 06 juin 2014, à travers l’Agence nationale de promotion des TIC (ANPTIC) en collaboration avec la Banque mondiale, un forum national des données ouvertes. En prélude à ce forum, nous avons rencontré, le responsable technique du projet Open Data. Dans cet entretien, M. Malick Tapsoba revient sur l’initiative Open Data dans laquelle notre pays s’est engagé. Il a mis un point d’honneur au forum national des données ouvertes qui verra le lancement de la première application Open Data du Burkina.

Parlez-nous du projet Open Data

Malik Tapsoba (MT) : Le  projet Open Data est une initiative qui a pour objectif de rassembler sur une même plateforme les données statistiques qui sont produites par le gouvernement, le secteur privé et la société civile. Ces données sont publiées sur une plateforme sous des formats dits ouverts c’est-à-dire des formats qui permettent une réutilisation facile de ces données. L’objectif c’est de permettre aux gens de réutiliser ces données pour créer de valeur ajoutée et développer ainsi de nouveaux services pour booster le développement économique et social du Burkina Faso.

Dans le cadre du projet Open Data, notre pays va organiser, en collaboration avec la Banque mondiale, un forum sur les données ouvertes. Quels seront les grands axes de ce forum ?

MT : Effectivement dans le calendrier de la mise en œuvre du projet Open Data, nous avons prévu d’organiser les 05 et 06 juin 2014, un forum sur les données ouvertes. Ce forum qui va se tenir à Splendid Hotel sera une occasion pour nous de lancer officiellement le projet Open Data. A cet effet, nous allons procéder au lancement de la première version de la plateforme Open Data du Burkina. Cette plateforme sera mise en ligne avec quelques données que nous avons déjà récoltées dans certains ministères. Secundo, nous allons au cours de ce forum, présenter une première forme de réutilisation des données car l’intérêt de ce projet c’est la réutilisation des données et nous voulons montrer que c’est possible de réutiliser les données. Le troisième élément important est que le  forum sera également une occasion pour le gouvernement de réaffirmer son engagement politique à aller vers l’ouverture des données qui est un élément déterminant dans un pays démocratique.

Au cours de ce forum, il sera question du projet pilote, « Nos écoles, nos données ». Quels sont les tenants et les aboutissants de ce projet ?

MT : Le projet pilote « Nos écoles, nos données » comme je le disais tantôt est un exemple concret de réutilisation des données que nous allons publier sur la plateforme Open Data du Burkina Faso. Au début de l’initiative, nous avons jugé qu’il serait bon de montrer un exemple de réutilisation. Et lors de nos échanges, il est ressorti qu’une application pilote dans le domaine de l’éducation pourrait intéresser à de nombreux utilisateurs. C’est dans cette perspective que nous avons développé une application qui a pour objectif de lister sur une cartographie, l’ensemble des écoles d’une commune ou d’une ville. Sur cette carte, on a associé des informations essentielles sur les différents établissements scolaires de la localité. Notamment, le nombre d’élèves, la situation géographique de  l’école par rapport aux points d’eau, aux centres de santé, les latrines, les cantines et les logements des enseignants. Un seul clic permettrait de découvrir toutes ces informations sur une école donnée. Cette plateforme pourra même orienter le gouvernement dans sa politique en matière d’éducation en intensifiant ses efforts dans les localités où il y a peu d’écoles. Chacun en fonction de sa sensibilité pourra interpréter l’information.

Dans le cadre de ce projet, vous aviez eu à travailler avec les acteurs de l’éducation nationale. Quelle a été leur appréciation du projet ?

MT : L’application a été favorablement accueillie par le premier responsable du ministère en charge de l’Education nationale, en l’occurrence Madame la ministre de l’Education nationale et de l’Alphabétisation. Elle a nous permis de rencontrer ses services techniques pour mieux approfondir la réflexion et voir dans quelle mesure nous pouvons avoir accès aux données. Elle est d’ailleurs la marraine de la deuxième journée de forum national des données ouvertes.

Et les autres partenaires ?

MT : Outre le MENA, nous avons travaillé avec d’autres partenaires, notamment la mairie de Komki-Ipala. Justement la cartographie que nous allons présenter est celle des écoles de Komki-Ipala. Et lorsqu’on clique sur la carte, on aura des informations sur l’ensemble des écoles de cette commune. C’est dire que nous avons travaillé en étroite collaboration avec les autorités municipales de cette commune. Nous avons également travaillé avec d’autres partenaires de la société civile et du secteur privé. Et chacun a apporté sa pierre à l’aboutissement de ce projet pilote.

La Banque mondiale soutient fortement cette initiative Open Data. Comment mesurez vous l’apport de cette institution dans la conduite du projet ?

MT : La Banque mondiale nous soutient depuis le début de l’initiative. Elle a envoyé des experts qui ont évalué la capacité de notre pays à aller vers l’ouverture des données. Il y a eu une autre mission de la Banque mondiale avec les experts de l’ODI avec lesquels nous avons travaillé à la réalisation technique de la plateforme. Même dans l’organisation du forum, la Banque mondiale est toujours à nos cotés. Pour dire que la Banque mondiale et l’ODI nous accompagnent sur tous les plans. Et cette collaboration est parfaite et bénéfique pour nous.

Est-ce que vous êtes prêts pour lancer la première application Open Data du Burkina ?

MT : Oui. A l’heure actuelle, les bases nécessaires pour le développement de l’application sont déjà posées. Et le 06 juin 2014, nous allons expliquer le fonctionnement de l’application. Donc au soir du 06 juin, nous pourrons bien présenter une première application de réutilisation des données.

Votre dernier mot

MT : Le dernier mot est à l’adresse des producteurs des données. Nous invitons tous les détenteurs de données essentielles non sensibles à nous approcher pour qu’ensemble on voie comment on pourra publier ces données sur la plateforme. Nous invitons également le secteur privé et la société civile à une réutilisation des données que nous allons publier. Il faut qu’ils s’approprient cette plateforme en créant de nombreuses applications à partir de ces données ouvertes.

Propos recueillis par DCPM/MDENP

Justin Yarga

Journaliste web qui teste des outils de Webjournalisme et datajournalisme, Media strategy consultant.

Articles du même genre

Leave a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *