Tronçon Didyr-Toma-Tougan : En route pour le bitumage !

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La région de la Boucle du Mouhoun sort peu à peu du désenclavement. Après le tronçon Dédougou-Tougan en mai dernier, le Premier ministre a procédé au lancement des travaux de construction et de bitumage du tronçon de 84 km reliant Didyr-Toma-Tougan. Un acte qu’il qualifie d’«événement historique» pour la région de 34145 km2 dite «grenier du Burkina » mais « totalement enclavée».

Le maire de Toma Malick Garané, n’est pas allé bien loin pour traduire la désolation à laquelle font face les populations de la commune qu’il dirige. Une commune où « c’est la catastrophe » dès le début de la saison pluvieuse. Tel que cela s’est passé sur le pont de Bagala en août dernier, pour les « moins chanceux » des voyageurs, affirme-t-il, « il faut passer la nuit dans le froid et les piqures de moustiques au bord  de la rivière, parce que le courant d’eau est trop fort et évidemment mortel ».

La saison des pluies est un calvaire pour les usagers du tronçon © Burkina24

Le démarrage des travaux représente pour le bourgmestre, « le vent du changement ». Plus encore, dit-il, c’est la réalisation du « rêve du peuple san car la plus grosse épine » vient d’être ôtée des pieds des populations de la localité.

Pour Paul Kaba Thiéba, c’est un grand évènement. « La réalisation de cette route est vraiment un événement historique pour les populations de la Boucle du Mouhoun, car (elles) ont attendu depuis l’indépendance jusqu’à ce jour pour voir se réaliser ce projet de bitumage », a déclaré le Premier ministre.

L’image de Roch Kaboré poussant un véhicule embourbé

Le Premier ministre Paul Kaba Thiéba a présidé au lancement des travaux avec le ministre des infrastructures Eric Bougma © Burkina24

Paré Sylvain, le représentant des bénéficiaires, lui aussi n’est pas allé chercher bien loin pour signifier qu’il était plus que temps de s’attaquer au désenclavement de la région. L’image du Président Kaboré, alors candidat à l’élection présidentielle, a été un déclic à ses yeux. « Les réseaux sociaux aidant, vous avez vu courant 2015, le futur Président du Faso pousser un véhicule embourbé sur la route de Gossina », a-t-il rappelé sous un tonnerre de rires et d’applaudissements.

L’homme pour qui le projet de bitumage est l’un des plus importants chantiers que la région aura vu depuis le 5 août 1960, a ensuite enchainé avec son souhait. Celui de voir le Président parcourir la prochaine fois, la trentaine de kilomètres séparant Toma et Gossina sans encombre parce que dit-il, « entre temps des pistes rurales auront été construites pour relier entres elles les six (06) départements de la province du Nayala ».

Le représentant des bénéficiaires a notamment fait part de son impatience de voir disparaitre les crevasses de Sapala et de Tiankoro à l’entrée de Tougan avec elles ce « mauvais souvenir » qu’est le désenclavement des deux provinces de la région qui représente à elle seule 12% du territoire national. Sylvain Paré n’a pas caché son indignation. Il se pose la question de savoir « comment comprendre en effet que le grenier du pays soit un parcours de combattant ? ». Surtout quand il faut compter sur le développement de la route avant de prétendre développer le pays.

« Totale disponibilité » de la Banque Ouest africaine de développement

Le projet voit le jour grâce à l’accompagnement de la Banque ouest africaine de développement (BOAD). En effet, l’institution financière contribue à hauteur du 90,5% au projet de construction et de bitumage du tronçon, soit 29 milliards 622 millions de francs CFA. De l’avis de Reine Ayeva Broohm, il faut lier ce déblocage de fonds au fait que le développement des infrastructures concourt à faciliter la communication entre les producteurs et les consommateurs, entre les exportateurs et les importateurs sans oublier que c’est un déterminant essentiel de la compétitivité.

Avec cet accompagnement de plus, le montant des investissements de la BOAD passe à 142 milliards de francs CFA dans le domaine des infrastructures et transports et à 446 milliards de francs CFA tous secteurs confondus. Le pays peut aussi compter sur la « totale disponibilité » de la banque à accompagner le gouvernement. En témoignent selon elle les engagements de l’institution à financer le PNDES à hauteur de 250 milliards de francs CFA.

« 15 mois ! Pas un de plus »

Les travaux seront exécutés par deux entreprises dont l’une burkinabè (Oumarou Kanazoé) et l’autre sénégalaise, la Compagnie sahélienne des entreprises (CSE). A leur endroit, le ministre des infrastructures Eric Bougma a été on ne peut un plus clair pour ce qui est de la rigueur dans la réalisation des 84 km de route.

A ces entreprises qui ont montré « un bon dossier », ce qui leur a valu d’être sélectionnées, il est plutôt direct. « Il faudra maintenant que sur le terrain, ils montrent que nous avons eu raison de les choisir », a-t-il déclaré. C’est pourquoi il les a exhortées à respecter le délai de 15 mois imparti, y compris la saison des pluies.

Paul Kaba Thiéba s’adressant aux populations du Nayala et du Sourou © Burkina24

« 15 mois ! Pas un de plus ! Je vous exhorte également à respecter les règles de l’art en la matière pour qu’au terme de cette période, toutes les populations concernées par ce projet soient fières de vous ». Le Premier ministre, qui tient à « réaliser la connectivité intérieure » afin d’aboutir à la transformation structurelle de l’économie en misant dans l’industrie agroalimentaire, attend lui aussi la livraison de l’infrastructure routière dans le délai des 15 mois prévus.

Avant de prendre congé des populations san sorties pour la circonstance, Paul Kaba Thiéba leur a signifié que « le bitumage de cette route n’est qu’un début ». Avec l’annonce de l’éligibilité  du pays pour un second programme du MCA, il promet d’investir là où il faut pour atteindre la croissance de 8% qu’il se fixe par an durant le reste du quinquennat. Lui qui n’attend des Burkinabè que l’élan de patriotisme car dit-il, « on ne peut pas développer un pays sans sacrifices ».

Oui KOETA

Burkina24

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A @burkina24 depuis mars 2015, je me suis spécialisé NON SANS PLAISIR à l'analyse au quotidien des discours et déclarations des politiques burkinabè. Merci de faire partie de nos lecteurs.

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