Mortalité infantile : « Il reste beaucoup à apprendre »

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Ceci est une opinion de Dr. Ayo Ajayi, directeur de l’équipe en Afrique pour la Fondation Bill & Melinda Gates à l’occasion de la publication de la lettre annuelle de 2017 de Bill et Melinda

Ces derniers temps, il est facile de se sentir découragé quant à la direction que le monde semble prendre, ou face à l’ampleur des défis auxquels nous faisons face. Quand ces pensées surviennent, je me rappelle d’un chiffre : 48 millions. C’est le nombre de morts infantiles qui ont été évitées depuis l’an 2000, et une preuve de ce que nous pouvons accomplir si nous travaillons ensemble.

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Bon nombre de ces morts infantiles ont été évitées ici, en Afrique. La mortalité infantile en Afrique sub-saharienne a chuté de 46 % entre 2000 et 2015.[1] Ce progrès a été accompli grâce aux remarquables efforts collectifs des dirigeants africains, des pays donateurs, des agences de santé internationales et des organisations telles que la Fondation Bill & Melinda Gates.

Lutter contre la mortalité infantile est au cœur de nos efforts à la Fondation. Tout ce que nous faisons ici en Afrique (que ce soit distribuer des vaccins, aider les agriculteurs à produire davantage ou construire des outils pour aider les familles à économiser pour leur futur) vise à réduire la mortalité infantile.

C’est ce qui nous motive, et pour une bonne raison. Après tout, Bill et Melinda ont fondé la fondation après une visite en Afrique ou, ils ont vu qu’une grande quantité d’enfants mourraient de maladies comme la malaria, la pneumonie et la diarrhée – des maladies qui ne signifient plus un arrêt de mort pour les enfants de pays développés. Sauver des enfants n’a que d’impact direct, il y a également un impact dramatique et positif sur de nombreux autres défis.

Des enfants en bonne santé et éduqués grandissent et deviennent des adultes productifs, qui aident leur pays à réduire la pauvreté et à créer des opportunités. C’est en raison de cet effet domino que c’est une si bonne nouvelle d’apprendre que le nombre de décès chez les enfants de moins de 5 ans a chuté de 13,9 millions de victimes en 1990 à 5,9 millions aujourd’hui.[2] Au cours de la même période, l’Afrique sub-saharienne a assisté à une réduction de 28 %[3] dans le nombre de personnes vivant en extrême pauvreté.

Mais nous ne pouvons pas nous reposer sur nos lauriers. Malgré tous les progrès que nous avons enregistrés, l’Afrique sub-saharienne présente toujours le taux de mortalité infantile le plus élevé au monde selon l’ONU[4]. Et si les succès que nous avons rencontrés méritent d’être célébrés, ils indiquent également les domaines dans lesquels il faut encore travailler. 

Alors que le nombre de cas de mortalité infantile a baissé dans son ensemble, la proportion d’enfants qui meurent dans leurs premières heures a bondi. Dans le monde entier, un million de bébé ne survit pas au premier jour. Ce qui est inquiétant est que malgré les progrès des connaissances médicales, nous ne comprenons pas vraiment pourquoi. Ces décès demeurent l’un des plus grands mystères de santé mondiale.

Nous avons appris que quelques interventions simples, comme couper le cordon ombilical de manière hygiénique et allaiter dans l’heure qui suit l’accouchement et exclusivement durant les six premiers mois de la vie d’un enfant peuvent avoir un grand impact sur la mortalité infantile. Mais il reste beaucoup à apprendre.

Nous connaissons bien sûr les principales raisons de ce nombre de morts tragique, comme les infections, des difficultés respiratoires et une naissance prématurée. Mais ces grandes catégories n’identifient pas véritablement les causes sous-jacentes, et ne nous indiquent pas comment les prévenir.

C’est un domaine dans lequel la fondation et ses partenaires placent beaucoup d’énergie. Mais les personnes qui ont véritablement le pouvoir pour nous permettre de trouver des réponses sont les parents en deuil, qui aident la recherche en permettant aux scientifiques de prélever de minuscules échantillons de tissus du corps de leur enfant, ainsi que les dernières méthodes scientifiques pour expliquer les raison de leur décès.

On nous avait dit que les parents seraient trop perturbés pour autoriser de tels examens. Mais lorsque nous leur avons demandé, l’écrasante majorité a accepté. Ils voulaient que l’on trouve ce qui avait tué leur enfant, pour que d’autres familles échappent à ce drame/cette perte.

Nous espérons que ces connaissances, que nous réunissons grâce au  Réseau de surveillance de la santé et de la prévention de la mortalité infantile, piloté en Afrique, nous permettront d’atteindre cet objectif. Elles pourraient nous apprendre à mieux utiliser des outils dont nous disposons déjà, comme les antibiotiques. Ou elles pourraient nous aider à développer de nouvelles solutions, comme des vaccins administrés aux mères qui pourraient transmettre leur immunité contre certaines maladies à leur enfant à naître.

Cette quête de réponse est un bon exemple de ce qui peut être fait en travaillant ensemble. Unis dans leur but de protéger mères et pères de la souffrance de perdre un enfant, les scientifiques, gouvernements et parents détiennent chacun une pièce du puzzle de la mortalité infantile.

Cette équipe a bien, bien d’autres choses sur lesquelles travailler. Au cours des 25 dernières années, nous avons divisé par deux le nombre de décès infantiles dans le monde. C’est un résultat remarquable. Mais notre but est maintenant de diviser encore ce chiffre par deux au cours des 15 prochaines années, à commencer par l’Afrique.

Dr. Ayo Ajayi


Dr. Ayo Ajayi, est directeur de l’équipe en Afrique pour la Fondation Bill & Melinda Gates. Dr. Ajayi mène les activités de la fondation en ce qui concerne la politique, le plaidoyer et les relations gouvernementales en Afrique.


[1] Source: https://www.unicef.org/publications/files/UNICEF_SOWC_2016.pdf: p. 109, under-five mortality rate per 1000 live births = 154 in 2000, 83 in 2015. 154-83=71/154=.46 à 46% reduction

[2] 2017 Annual Letter

[3] http://www.un.org/millenniumgoals/2015_MDG_Report/pdf/MDG%202015%20rev%20%28July%201%29.pdf p. 14

[4] http://www.un.org/millenniumgoals/2015_MDG_Report/pdf/MDG%202015%20rev%20%28July%201%29.pdf p. 33

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