Archives audiovisuelles : Mission « Capital numérique »

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Gaston Kaboré, fondateur de l’Institut Imagine, ne jure plus que par le « sauvetage urgent » des archives audiovisuelles par la numérisation. Il a été entendu dans sa plaidoirie. Sur financement de l’Union européenne et du Groupe des Etats d’Afrique Caraïbes Pacifique (ACP), le Projet « Capital numérique » est mis en œuvre depuis 2014 par l’Organisation internationale de la francophone (OIF)  en partenariat avec l’UEMOA, le CIRTEF, l’INA et le distributeur Côte Ouest Audiovisuel et Son.

L’objectif de « Capital numérique »,  a expliqué Loïc Crespin, secrétaire général du Conseil international des radios et télévisions d’expression françaises (CIRTEF), est de donner une seconde vie aux archives à travers de petits documentaires. Ces petits documentaires sont mis sur la plateforme Archibald, un système d’échange d’archives entre télévisions d’Afrique francophone et pourront être accessibles aux chaines membres du CIRTEF.

« C’est une mise en commun de nos énergies », résume M Crespin. Pour le moment, dit-il, 100 capsules de 2 à 3 minutes ont déjà été réalisées et qui sont déposées sur la plateforme.

Le projet Capital numérique pour la préservation du patrimoine audiovisuel africain. © Burkina24

C’est aussi l’élaboration d’une directive visant à instaurer le dépôt légal audiovisuel en Afrique de l’Ouest, la remise en circulation, (avec le concours de la Bibliothèque nationale de France) de 120 heures de films et séries devenus indisponibles faute de copies numériques.

Le cinéaste, lauréat en 1997 de l’Etalon de Yennega avec son film Buud Yam, Gaston Kaboré voit en ce projet une occasion unique de faire vivre le passé aux nouvelles générations. Cela est possible avec la production de séries à base d’archives dénommées « Mémos » et « Mémoires vives ». Le réalisateur a partagé sa conviction selon laquelle, la mémoire doit être revisitée, lue et vue pour que cela produise ce qu’il appelle « la mécanique normale ». C’est-à-dire « quand on comprend les choses du passé, on peut mieux comprendre celles d’aujourd’hui et surtout on est en capacité d’imaginer le futur ».

Parler de numérisation d’archives suppose que l’on en détient sous un autre format. Or relève, Gaston Kaboré, « les archives de pays africains tels que le Burkina se trouvent ailleurs ». Mais, rassure-t-il, certaines images de l’histoire de la Haute-Volta ont été « gracieusement offertes » par l’INA sous une convention signée.

Il a émis l’espoir que les politiques puissent engager des discussions à leur niveau pour pouvoir accéder « à une mémoire qui nous appartient même avec un certain filtre dans le regard, le filtre colonial ».  Même si « c’est fait avec un certain discours qui nous semble insupportable aujourd’hui, ça permet de comprendre les rapports entre les colonies et les colonisateurs », estime Gaston Kaboré.

Le responsable de l’Institut Imagine voit également en la numérisation une possibilité de mettre à la disposition des étudiants en histoire, en sociologie, en anthropologie ces fichiers pour leur permettre de comprendre un certain nombre de choses. D’où son alerte : « Une part de la survie de notre mémoire audiovisuelle est liée à notre capacité de procéder au sauvetage urgent de ces archives ».

Oui KOETA

Burkina24   

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A @burkina24 depuis mars 2015, je me suis spécialisé NON SANS PLAISIR à l'analyse au quotidien des discours et déclarations des politiques burkinabè. Merci de faire partie de nos lecteurs.

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