2e édition de Ouaga Film Lab: La moisson est connue

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La moisson de la 2e édition de Ouaga Film Lab est connue ce samedi 23 septembre 2017 à Ouagadougou. C’est un nouvel horizon qui s’ouvre pour ces 8 porteurs de projets de films et producteurs retenus parmi les 25  inscrits au départ.

C’est dans une ambiance bon enfant que la cérémonie  de clôture de la deuxième édition de Ouaga film Lab a refermé ses  portes. Six prix ont été décernés à des binômes producteurs -réalisateurs porteurs de projets et deux prix pour les producteurs.

Ces différents prix sont en effet des bourses pour des résidences dans d’autres plateformes de fabrique de film plus expérimentées, plus importantes dans des villes de l’Europe pour parfaire leurs projets.

Durant  une semaine les 20 projets de films de plusieurs pays de l’Afrique francophone retenus à cette édition de Ouaga Film Lab ont été passés au peigne fin par des mentors, des consultants venus du monde entier.

 « Il y a 20 ans j’ai commencé et j’ai vu que le problème dans nos films c’est le scénario, l’écriture qui est le maillon primordial », révèle Dora Bouchoucha, l’un des mentors. Elle explique  que «l’idée est de travailler le pourquoi ils veulent faire ce film, et à partir de là, on n’impose rien. Au final l’intention, leur idée doit rester la leur. Nous ne sommes pas des profs, on leur transmet notre expérience».

Ce laboratoire est avant tout une mise en réseau, une méthode qui fait ses preuves et qui permettra aux films africains ayant suivi le processus d’être aussi compétitifs dans les grandes instances mondiales de cinéma et de casser avec les financements traditionnels des films.

Après ces moments de rencontres et de partage avec plusieurs plateformes de cinéma et de jeunes cinéastes  ouest africains à Ouagadougou, c’est alors avec une grande joie  que les uns et les autres ont reçu leurs bourses.

En témoigne la réalisatrice nigérienne Aicha Maki, lauréate avec son producteur malien d’un prix pour une résidence de trois mois en Allemagne. Elle sait tout le bienfait de cette résidence, elle qui n’est pas novice en la matière  étant passée par là avec un premier film. Cette dernière bourse est pour elle une base pour asseoir son prochain film, « une clé pour ouvrir les autres portes qui étaient restées jusque-là fermées».

La Burkinabè Azaratou Ouédraogo/Bancé est lauréate d’une bourse de formation en production à Turin et c’est tout naturellement que cette bourse vient comme du pain béni pour sa carrière.

« Je suis chargée de production depuis 8 ans mais avec cette formation d’une semaine, on se rend compte qu’il y a beaucoup de choses qu’on ne savait pas. On avait une connaissance basique  du métier mais c’est plus profond que ça n’a l’air en réalité. La formation à Turin sera indispensable, nécessaire. Elle vient au bon moment et ça va nous permettre de connaitre les fondamentaux de la production, de se parfaire et de rentrer dans un réseau », dit-elle.

Ouaga flm Lab, c’est aussi des master-class avec des doyens du cinéma afin qu’ils lèguent aussi de leur savoir à la jeune génération. Et Idrissa Ouédraogo de dire toute sa reconnaissance de renouer le contact avec les jeunes.

A l’en croire, la transmission en cinéma était interrompue entre les générations  et a donné l’impression depuis quelques années que le cinéma africain allait au naufrage. « Je suis content que Ouaga film Lab puisse renouer le contact entre les générations », a-t-il laissé entendre.

La deuxième édition s’achève sur une note de satisfaction selon les dires du coordonnateur de  Ouaga film Lab  Moussa Sawadogo, malgré les difficultés financières et organisationnelles constatés aux premières heures.

« Plus de  200 rencontres individuelles, 4 masters class, des projets de films qui ont pris une autre tournure. Je pense vraiment qu’on est satisfait à ce niveau », s’est-il réjout. Le cap est mis sur la troisième édition pour 2018 avec des projets d’ouvrir « Ouaga producer Lab » aux autres pays francophones.

Revelyn SOME

Burkina24


Les prix

– Prix EAVE: Une bourse qui se déroule en trois sessions en Norvège, Luxembourg et Berlin: « Duba, Les charognards« , un projet de film de fiction de Eric Hervé R. LENGANI (Burkina Faso), produit par Moustapha SAWADOGO de Racines Productions (Burkina Faso).

– Prix Sud Ecriture en Tunisie: « Agoodjie », un projet de film de fiction de Félicien M. ASSOGBA (Bénin), produit par Fredy Boris AGBLO de F-MEDIA (Bénin) et « Duba, Les charognards ».

– Prix FIDADOC : « Garderie nocturne », un projet de film documentaire de Moumouni SANOU (Burkina Faso), produit par Lamissa OUATTARA des Films du Djabadjah (Burkina Faso) et mention spéciale à « Les voix africaines des stades », un projet de film documentaire de Aliou GOLOKO (Sénégal), produit par Lamine DIOUF de Karoninka (Sénégal)

– Prix “Cinéma du monde / Institut Français”  qui permet au projet d’être à Cannes pour rencontrer des producteurs: « Dia », un projet de film de fiction d’Achille Ronaimou (Tchad), produit par Faissol Fahad Gnonlonfin (Bénin).

– Prix Ouaga Film Lab : « A l’ombre d’Elimane », un projet de film documentaire de Hamedine KANE (Sénégal), produit par Rama THIAW de Boul Fallé Images (Sénégal).

– Prix Medienboard Berlin-Brandenburg  pour une résidence de trois mois en écriture et un  ticket d’entrée dans tous les cinémas de Berlin: « Les graines de la violence », un projet de film documentaire de Aicha MACKY (Niger), produit par Ousmane SAMASSEKOU (Mali) de Tabous Production (Niger).

Et  Ouaga Producers Lab pour les producteurs

– Prix Torino Film Lab : Ouedraogo Bancé Azaratou

– Prix Nomadis Images : Mamounata Nikièma

Quelques images


 

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