« Victoire éclatante en 2020 » : L’UPC s’y attèle

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« Initier, négocier et conclure sans délai des partenariats et alliances » « pour une victoire éclatante en 2020 », c’est ce qu’attendent les congressistes de l’instance dirigeante renouvelée de l’Union pour le progrès et le changement (UPC). Et la stratégie semble déjà fonctionner.  

L’ombre de l’« acte de haute trahison » des treize députés a plané sur le deuxième congrès ordinaire de l’Union pour le progrès et le changement. Les congressistes se contentent d’une désapprobation et d’une condamnation « avec la dernière énergie cette trahison ».

Cet acte tranche avec la « vraie loyauté » dont ont fait preuve certains militants dont Nathanael Ouédraogo, directeur de campagne qui « malgré les influences, est resté fidèle au parti ». Une attestation de reconnaissance lui sera décernée en personne par Zéphirin Diabré qui a lui bénéficié d’une motion spéciale de renouvellement de confiance en raison du « leadership » dont il a fait preuve depuis la création du parti. Les deux camarades finiront par tomber dans les bras l’un de l’autre.

L’acte de loyauté réjouit le président de l’UPC à plus d’un titre. Et M. Diabré de balayer du revers de la main lors d’un point de presse après la cérémonie de clôture, l’acte de trahison. « Dans les provinces – et c’est la chance de l’UPC – on a un parti qui est plus grand que les individus. Là, minimise Zéphirin Diabré, beaucoup de gens ont voté pour eux à cause du parti. C’est l’étoile, l’image du parti. Quand c’est comme cela, quand tu t’en vas, tu n’emportes pas tout le monde puisque les gens ne sont pas venus pour toi ».

Pour autant, le portail d’entrée n’a pas été refermé à double tour. Pas par le président du parti. Il se contente d’un renvoi des frondeurs vers les militants qui sont à la base de leurs élections au poste de députés.  « On n’a jamais fermé la porte (…). Celui qui veut revenir, il est libre », dit-il.

Du vote des Burkinabè de l’extérieur             

« Ce vote sera minimaliste car il y a une limitation faite exprès » au regard des pièces requises pour participer au scrutin, récuse-t-on du côté du « parti du lion ». La méfiance est à son plus haut degré.

 Le chef de file de l’Opposition politique (CFOP) évoque même « un désaccord fondamental ». Selon lui, « toute la gymnastique » du document d’identité est plus liée à la peur qui règnerait dans les rangs du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) quant à la couleur du vote des Burkinabè vivant en Côte d’Ivoire.

« Ils se disent que comme certaines personnes sont là-bas, si on dit de voter, on ne votera pas pour eux. (…) Ils ont peur que quelque part, ces Burkinabè de Côte d’Ivoire ne votent pas pour eux », affirme l’opposant. Une peur qui n’aurait aucune explication à ses yeux car poursuit-il, « ce n’est pas écrit à l’avance ». Mais alors, « pourquoi avoir cette phobie ? » s’interroge-t-il.

Qu’à cela ne tienne ! De leur côté, les congressistes de l’UPC exigent du gouvernement le « respect strict » de l’engagement pris par le chef de l’Etat alors candidat et une reprise « sans délais des discussions franches avec l’opposition pour déterminer un document de vote consensuel afin d’assurer une participation large de nos compatriotes vivant à l’étranger ».

De la conquête du pouvoir

Le bureau politique est à présent recomposé. Les visages sont tournés vers l’horizon 2020. Tout comme Zéphirin Diabré,  Denis Nikiema, premier vice-président conserve son poste. Jusqu’ici secrétaire général du parti, le député Adama Sosso, président du comité d’organisation du congrès, occupe à présent le siège de deuxième vice-président du parti en charges des affaires politiques. Il est suivi par Da Nicolas, « le lion de la Bougouriba dont la crinière continue de blanchir ».

Dans leurs résolutions, les congressistes, qui considèrent que « la bataille pour 2020 est désormais lancée avec cette déclaration prématurée de candidature du chef de l’Etat », exhortent le bureau politique à « initier,  négocier et de conclure sans délai des partenariats et alliances ». 

La stratégie semble porter fruit. Hamadou Diemdoda Dicko de l’Union pour un Burkina nouveau a rejoint le « baobab » UPC.  Quatrième vice-président, il tient entre ses mains la branche de la stratégie électorale du parti.

La chefferie coutumière y a sa place. Justin Ouédraogo, Poe Naaba,  est chargée de la préservation des valeurs sociétales et de la réconciliation nationale. Entre la députée Henriette Zoumbaré et Mariam Fofana/Sirima (genre et jeunesse) se trouvent les députés Sanon Amadou (éducation) et Alitou Ido (chargé des structures du parti à l’étranger).  Rabi Yaméogo, jusqu’ici porte-parole du parti, a cédé le poste au député Zerbo Moussa pour occuper celui de secrétaire général du parti.

Zéphirin Diabré reconduit à son poste de président de l’UPC a accepté « volontiers » de l’occuper, car justifie-t-il, la cause en vaut la peine. Il va même plus loin. « J’ai fait don de ma personne à l’UPC », a-t-il déclaré dans son discours. Pas totalement situé sur l’attitude qui sera la leur en 2020, le CFOP indique qu’avec les autres partis, ils sont « en train de travailler ensemble pour voir comment pour 2020, l’opposition va avoir un chemin coordonné ». Et même si une candidature unique, « ce n’est pas forcément la meilleure formule ».

Oui KOETA

Burkina24

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