Tribune | « Le mensonge sur la masse salariale »

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Ceci est une tribune de Traoré Abdoulaye Fundjé sur la question de la masse salariale.

Le gouvernement brandit la masse salariale comme une raison de la misère du peuple burkinabè. Pour lui, cette masse salariale étant presqu’à 50℅ des recettes de l’État est un frein au développement de notre pays. 50℅ des recettes consacrés à seulement 200.000 agents publics sont trop tel que présenté par le gouvernement. Mais, il faut situer les choses dans leur contexte afin de mieux cerner le sujet. 

 Quand on parle de la masse salariale, c’est l’ensemble des dépenses consacrées aux salaires et traitements c’est-à-dire les charges de tous ceux qui émargent au budget de l’État. La masse salariale est élevée certes, mais elle n’est pas consacrée aux seules agents publics moyens des provinces et autres localités. Le fonctionnaire burkinabè souffre et pourtant l’on affirme qu’il a un gros salaire. Comparaison n’est pas raison mais dans la sous-région les fonctionnaires burkinabè sont parmi les moins lotis. Et pourtant, le gouvernement affirme qu’ils s’accaparent des 50℅ de nos recettes. Il ya donc mensonge sur la destination des 50℅ des recettes de l’État.

 Combien touche un fonctionnaire moyen au Burkina Faso comparé aux salaires colossaux de nos gouvernants et des directeurs des sociétés d’État? Parler de la sincérité de ce gouvernement c’est peut-être jurer sur la virginité d’une fille de joie sinon j’allais supplier le régime de publier les traitements salariaux des directeurs des sociétés d’État. 

 Pourquoi notre administration est devenue un gâteau orange à partager entre amis et parents politiques? Les conseils des ministres sont truffés de nominations et tous ceux qui courent derrière ces nominations sont-ils des bénévoles?

Combien de généraux et hauts cadres compte notre armée et combien coûte chacun d’eux en terme de traitement salarial?

Pourquoi des postes taillés sur mesure ont été inventés juste pour contenter des militants et compagnons de lutte? 

 Les présidents d’institution font-ils du bénévolat?

  Combien coûte le Haut Représentant du Chef de l’État au budget de l’État burkinabè?  

  Votre président du HCRUN emarge t-il au budget de l’État ou pas? Si oui, combien coûte-t-il? 

  Le Médiateur du Faso fait-il du bénévolat ? Je ne pense pas.

 Les institutions budgétivores ont juste été inventées pour alourdir la peine du peuple burkinabè. 

 Aujourd’hui, le gouvernement tente d’accuser les honnêtes fonctionnaires burkinabè qui vivent de leur sueur de s’accaparer de 50℅ des recettes de notre pays. Et pourtant près de 80% de cette masse salariale servent à satisfaire la voracité de nos gouvernants. 

 Voyons ensemble le poids des traitements salariaux de nos ministres sur des bases illégales souvent.

Le journal « Le Dossier » dans sa dernière parution a fait cas des salaires des ministres de l’actuel gouvernement.

« Les salaires des ministres et présidents d’institution sont régis par des textes. Mais dans les faits, le décret n’est pas respecté. Les membres du gouvernement sont rémunérés sur la base de contrats dont les contours ne sont connus des Burkinabè. Tout porte à croire que chacun négocie son contrat comme dans une entreprise privée. Voici le salaire réel par ordre décroissant de quelques ministres de l’actuel gouvernement.

  1. Ministre de l’économie et des finances, Hadizatou Rosine Coulibaly née Sori, salaire total 5.505.000 FCFA, non conforme au décret.
  2. Ministre de la santé, Nicolas Méda, salaire total 5.505.000 FCFA, non conforme au décret.
  3. Ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, Alkassoum Maïga, salaire total  3.436.000 FCFA, non conforme au décret.
  4. Ministre de la Fonction Publique, du Travail et de la Protection sociale, Seyni Ouédraogo, salaire total 3.401.000 FCFA, non conforme au décret.
  5. Ministre des Mines et des carrières, Oumarou Idani, salaire total 3.005.000 FCFA, non conforme au décret.
  6. Ministre de la Femme, de la Solidarité nationale et de la famille, Hélène Marie Laurence Ilboudo née Marchal, salaire total 2.620.225, non conforme au décret.
  7. Ministre de la communication et des relations avec le parlement, Remis Fulgance Dandjinou, salaire total 2.505.000 FCFA, non conforme au décret.
  8. Ministre des Infrastructures, Éric Bougouma, salaire total 2.505.000 FCFA, non conforme au décret.
  9. Ministre des Transports de la Mobilité urbaine et de la sécurité routière, Vincent Dabilgou, salaire total 2.005.000 FCFA, non conforme au décret.
  10. Ministre de la Culture, des arts et du tourisme, Abdoul Karim Sango, salaire total 1.805.000 FCFA, non conforme au décret.
  11. Ministre de la Justice, des Droits humains et de la promotion civique, garde des sceaux, Bessolé René Bagoro, salaire total 1.624.500 FCFA non conforme au décret.
  12. Ministre des Sports et des Loisirs, Daouda Azoupiou, salaire total 1.209.000 FCFA, non conforme au décret.
  13. Ministre de l’environnement, de l’économie verte et du Changement climatique, Batio Bassière, salaire total 1.207.000 FCFA, non conforme au décret.
  14. Ministre d’État auprès de la présidence du Faso, Simon Compaoré, salaire total: 1.205.000 FCFA.
  15. Ministre de l’intégration africaine et des burkinabè de l’extérieur, Paul Robert Tiendrébeogo, salaire total 1.205.000 FCFA.
  16. Ministre de la Défense nationale et des anciens combattants, Jean Claude Bouda, salaire total 1.155.000 FCFA.

  1. Ministre de la Sécurité, Clément P. Sawadogo, salaire total 1.155.000 FCFA.
  2. Ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation, Siméon Sawadogo salaire total 1.155.000 FCFA.
  3. Ministre Secrétaire d’État auprès du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique et de l’innovation chargé de la Recherche scientifique et de l’innovation, Urbain Ibrahim Couldiati, salaire total 1.155.000 FCFA.
  4. Secrétaire d’État auprès du ministre de l’administration territoriale, de la Décentralisation et de la sécurité intérieure chargé de la décentralisation, Alfred Gouba, salaire total 1.155.000 FCFA ».

Voici où va notre masse salariale et il faut éviter de vilipender les fonctionnaires honnêtes qui vivotent chaque mois tandis que les gouvernants font la fête avec leur talisman et autres V8. C’est normal que la masse salariale soit à 50% des recettes de notre pays car nous avons des gouvernants vautours et vampires. Ils sont là pour amasser des fonds et profiter de la misère des populations. Au nom de la lutte contre la pauvreté ils luttent réellement contre les pauvres. 

Le peu que les honnêtes citoyens fonctionnaires gagnent sert à fonctionner notre économie tandis que les gros salaires de nos gouvernants sont orientés vers l’extérieur du pays. Ils investissent tout en Hollande, aux USA, en France et autres pays occidentaux. Ils se soignent encore là-bas. 

Traoré Abdoulaye Fundjé

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