Fabrication de blindés : Le Burkina Faso avance en silence
Le Burkina Faso dispose désormais d’une société spécialisée dans la fabrication de véhicules blindés, créée et développée localement dans le plus grand secret. Le Président du Faso, Chef de l’Etat, le camarade Capitaine Ibrahim Traoré a révélé l’existence de cette structure, baptisée « Faso Armor », ainsi que la production de près de 300 blindés de type Nanga.
« Une société a été créée, c’est secret, on ne la montre à personne », a déclaré le camarade Capitaine Ibrahim Traoré, avant de révéler le nom de cette structure : Faso Armor. Selon lui, la société a été pensée et construite par des acteurs burkinabè et n’a pas vocation à faire l’objet d’une inauguration publique.
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« Ça a été construit et c’est purement burkinabè. Ça a été réfléchi par une entreprise burkinabè, construit par une entreprise burkinabè », a-t-il affirmé. Le chef de l’État a par ailleurs laissé entendre que Faso Armor ne constitue qu’une partie d’un dispositif industriel plus large.
« On a beaucoup de sociétés, quatre ou cinq qui ont été construites dans le domaine de la guerre uniquement, qui fabriquent certaines choses qu’on ne dira pas pour l’instant », a-t-il indiqué.
Près de 300 blindés Nanga produits
Selon les déclarations du Capitaine Traoré, Faso Armor est déjà passée de la conception à la production. « La société a produit près de 300 blindés de type Nanga. On ne le dit à personne. Nous, on sait ce qu’on fait », a-t-il déclaré.
Il a affirmé également que plus de la moitié de cette production aurait déjà été pré-positionnée sur le terrain en prévision de futures opérations, tandis que la fabrication se poursuit.
L’ambition affichée dépasse par ailleurs le seul cadre national. « Par-delà tout, ce blindé demain peut s’exporter et être partout en Afrique. Et d’ailleurs ce n’est pas le seul modèle. D’autres modèles ont été développés. Ils sont en cours de production, vous les verrez bientôt », a annoncé le leader et guide de la RPP.
Des équipements conçus pour les réalités du terrain
Pour expliquer cette orientation vers la production locale, le Président met en avant la nécessité de disposer d’équipements correspondant aux réalités opérationnelles auxquelles les forces burkinabè sont confrontées.
« On a réfléchi pour créer quelque chose qui s’adapte à nos conditions, qui est résistant, qui peut supporter ces tirs de 12,7 là même à moins de 15 m, qui peut accepter notre terrain, aller partout et qui est efficace, facile d’entretien », a-t-il expliqué.
Le chef de l’État présente ainsi cette démarche comme le résultat d’une réflexion menée localement, depuis la conception jusqu’à la fabrication. « Ça a été assis, réfléchi, dessiné, coupé. Tout a été fait ici, c’est une réflexion scientifique qui a été menée uniquement ici, partie de zéro », a-t-il soutenu.
La « confiance en soi » comme moteur
Au-delà de la production militaire, le camarade Capitaine Ibrahim Traoré inscrit cette initiative dans une vision plus large du développement, fondée notamment sur les compétences scientifiques nationales.
« Détrompez-vous ! Quiconque pense que le développement, ce sont les grands immeubles, les infrastructures routières et tout, on a tout faux. Le développement commence d’abord par la ressource humaine. La qualité de la ressource humaine que vous avez », a-t-il fait comprendre.

Il appelle ainsi les jeunes à investir davantage les filières scientifiques, qu’il considère comme essentielles à la capacité du pays à concevoir et produire localement. « Vous êtes capables de tout faire. Ça commence par-là. La confiance en soi. Tout ce que les gens sont en train de faire dans ce monde, vous êtes aussi capables de le faire », a-t-il lancé.
Pour le Président du Faso, cette démarche doit permettre au Burkina de réduire certaines dépendances extérieures et de renforcer ses capacités propres. « C’est possible, nous pouvons partir de zéro si les gens ne veulent pas nous aider. Il faut donc repartir dans la réflexion scientifique, prendre en compte nos valeurs endogènes, nos connaissances d’antan, et on peut créer », a-t-il conclu.
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