Burkina Faso : Le capitaine Ibrahim Traoré révèle les dessous de la nouvelle stratégie contre le terrorisme

À l’occasion d’un grand entretien avec la presse, le dimanche 27 septembre 2026, le président du Faso, le Camarade capitaine Ibrahim Traoré, est revenu sur l’évolution de la situation sécuritaire, les transformations opérées au sein des Forces de défense et de sécurité (FDS) et les nouvelles orientations de la lutte contre le terrorisme. Reconquête territoriale, réorganisation de l’armée, industrie de défense et guerre informationnelle ont notamment été au cœur de ses explications.
Dans son bilan de la situation sécuritaire, le capitaine Ibrahim Traoré a mis en avant les avancées enregistrées par les forces burkinabè sur le terrain. Il a fait savoir que plusieurs localités et zones stratégiques, notamment dans certaines zones frontalières, ont été reprises après avoir échappé au contrôle de l’État pendant plusieurs années.
La sécurisation des grands axes routiers figure également parmi les acquis évoqués. La RN1 ainsi que certaines voies reliant Ouagadougou à Koudougou et Bobo-Dioulasso sont aujourd’hui présentées comme davantage praticables pour les populations et le transport des marchandises.
Dans certaines zones reconquises, le retour des populations demeure toutefois encadré par les forces de sécurité. L’objectif est de poursuivre les opérations de sécurisation avant une réinstallation complète des habitants.
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Sur le terrain, le président du Faso décrit également une évolution du mode opératoire des groupes armés terroristes. Alors que les attaques de grande ampleur seraient moins fréquentes, ceux-ci privilégieraient davantage des actions ponctuelles, des infiltrations et des opérations destinées à produire un impact médiatique.
Le chef de l’État a par ailleurs évoqué la présence d’enfants enrôlés de force dans les rangs des groupes armés. Selon lui, certains de ces enfants arrivent sur les théâtres d’opérations sous l’effet de substances et se rendent lorsque cet effet se dissipe.
Une fois capturés ou ayant déposé les armes, ces jeunes sont pris en charge par les forces burkinabè, notamment sur les plans médical et alimentaire, avant leur transfert vers l’arrière.
La bataille de l’information, autre front de la guerre
Au-delà des opérations militaires, le capitaine Ibrahim Traoré a accordé une place importante à la guerre informationnelle.
Le président a dénoncé la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’images et d’informations relatives aux mouvements ou aux opérations des forces burkinabè. De telles publications peuvent, selon lui, fournir des renseignements aux groupes armés et mettre directement en danger les militaires engagés sur le terrain.
La diffusion de certaines informations peut notamment permettre à l’ennemi d’anticiper les déplacements des troupes ou de préparer des engins explosifs improvisés (IED).
Le chef de l’État a ainsi appelé les citoyens à davantage de responsabilité dans l’usage des réseaux sociaux. Il a également mis en garde contre la diffusion consciente de contenus susceptibles de contribuer à la propagande des groupes armés, en rappelant que de tels actes peuvent exposer leurs auteurs à des poursuites judiciaires.
Les leaders religieux appelés à jouer leur rôle
Le capitaine Ibrahim Traoré a enfin insisté sur la nécessité de préserver la cohésion sociale dans un contexte marqué par la crise sécuritaire.
Dans cette bataille, les leaders religieux sont appelés à contribuer davantage à la sensibilisation des populations, à l’unité et au vivre-ensemble.
Pour le chef de l’État, la lutte contre le terrorisme ne se limite donc pas au champ militaire. Elle implique également la consolidation des capacités nationales de défense, le développement d’une industrie militaire, la maîtrise de l’information et la mobilisation de l’ensemble des composantes de la société.




