Résistance antimicrobienne : L’Université Joseph Ki-Zerbo certifie 20 nouveaux experts en bio-informatique et One Health

20 professionnels de santé venus du Burkina Faso et du Tchad disposent désormais de nouvelles compétences pour contribuer à la lutte contre la résistance aux antimicrobiens (RAM). Ils ont reçu, ce lundi 28 septembre 2026 à Ouagadougou, leurs diplômes à l’issue de la formation de la 4ᵉ cohorte du certificat en Épidémiologie moléculaire de la résistance antimicrobienne.
La cérémonie s’est tenue dans la salle des soutenances de l’École doctorale de l’Université Joseph Ki-Zerbo (UJKZ), à l’issue d’une session intensive de formation théorique et pratique organisée du 1er au 28 septembre 2026.
Portée par l’Unité de formation et de recherche en Sciences de la vie et de la Terre (UFR/SVT) de l’UJKZ, cette formation s’appuie notamment sur la bio-informatique, la biologie moléculaire, le séquençage et l’approche « One Health ».
La résistance aux antimicrobiens constitue un défi majeur pour les systèmes de santé. Pour renforcer les capacités de réponse, le programme entend doter les professionnels de compétences leur permettant de mieux détecter et surveiller les mécanismes de résistance.

« L’objectif, c’est de former des professionnels, les outiller pour être capables de pouvoir réagir face à ces menaces mais aussi, au niveau de la RAM, comment contribuer à la sécurité sanitaire », a expliqué Pr Isidore Bonkoungou, enseignant-chercheur à l’UFR/SVT et coordonnateur du certificat.
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Selon lui, les 20 participants sont désormais formés à l’utilisation de nouvelles méthodes technologiques, notamment celles liées au séquençage, afin de contribuer à la riposte contre la résistance aux antimicrobiens et d’autres menaces sanitaires.
La formation est financée avec le soutien du Gouvernement américain à travers des bourses du projet Epic, mis en œuvre par FHI 360.
L’UJKZ renforce ses capacités technologiques
Au-delà de la formation des professionnels, le programme contribue également au renforcement des capacités de l’Université Joseph Ki-Zerbo.L’établissement dispose notamment d’un laboratoire moderne ainsi que d’un serveur destiné à soutenir les activités de recherche et de formation. Pour Dr Ouédraogo Serge Méda, maître de conférences et chef de cabinet du président de l’UJKZ, cette initiative figure parmi les formations importantes de l’université.
« C’est l’une des formations phares de notre université et qui plus est, arrive à réunir des partenaires étatiques et non étatiques. Grâce à cette formation, on a une certification de niveau international, un laboratoire moderne de dernière génération ainsi qu’un serveur pour notre université », a-t-il déclaré.
Il a salué l’engagement des différents acteurs de l’UFR/SVT dans la mise en œuvre de cette formation.
« One Health » : penser la santé au-delà de l’humain
L’une des particularités de cette formation réside dans l’approche « One Health » ou « Une seule santé », qui considère les interactions entre santé humaine, santé animale et environnement.
Pour Bazié Yacinte, pharmacien biologiste au CHR de Tenkodogo et lauréat de la 4ᵉ cohorte, cette approche permet notamment de mieux comprendre les mécanismes de propagation de la résistance aux antimicrobiens.

« Ce qui nous a surtout été enseigné, c’est le concept One Health pour dire que la santé n’est pas seulement humaine. Il y a la santé animale et la santé environnementale qui viennent s’ajouter », a-t-il expliqué.
Le lauréat souligne également l’apport de la biologie moléculaire et de la bio-informatique, des méthodes qui étaient moins familières à certains participants. Pour les nouveaux diplômés, l’enjeu est désormais de mettre ces connaissances au service de leurs structures et des communautés.
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Bazié Yacinte insiste notamment sur la nécessité de sensibiliser les populations sur les risques liés à l’automédication et à l’utilisation inappropriée des antibiotiques, y compris chez les animaux. Selon lui, certaines pratiques peuvent contribuer à l’apparition de résistances et compliquer ensuite la prise en charge de certaines maladies chez l’être humain.
Avec cette quatrième cohorte, l’UJKZ entend ainsi poursuivre le développement de compétences spécialisées dans un domaine où la surveillance, la recherche et la collaboration entre secteurs constituent des éléments importants de la réponse sanitaire. La cérémonie s’est achevée par la remise symbolique des diplômes aux 20 lauréats.




