«Jeudis du Cinéma révolutionnaire» : Thomas Sankara, entre mémoire, histoire et transmission

Le Mémorial Thomas Sankara a accueilli, le jeudi 1er octobre 2026, la troisième séance des « Jeudis du Cinéma révolutionnaire ». À travers deux œuvres consacrées au capitaine Thomas Sankara, la rencontre a offert au public un moment de projection, mais aussi de réflexion sur sa pensée, son parcours et la transmission de son héritage aux nouvelles générations.

Pour cette troisième étape des « Jeudis du Cinéma révolutionnaire », le public a été invité à replonger dans l’histoire du capitaine Thomas Sankara à travers le cinéma. Deux œuvres figuraient au programme de cette séance « Quand Sankara…, » d’Armand Gbaka-Brédé dit Gauz, et « Capitaine Thomas Sankara», le documentaire de Christophe Cupelin. Une programmation qui a permis de remettre sur l’écran des séquences de l’histoire et de la pensée de celui qui a dirigé le Burkina Faso de 1983 à 1987.

Dans le public, les stagiaires de deuxième année de l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM) étaient particulièrement à l’honneur. Pour les organisateurs, la projection constitue aussi un moyen de rapprocher les jeunes générations de cette période historique et des valeurs associées à la Révolution.

Présent à la projection, le Secrétaire général du ministère des Serviteurs du peuple, Rodrigue Suanyaba Oboulbiga, voit dans cette initiative un outil d’éducation pour les futurs cadres de l’administration. « Revenir en arrière à travers ces projections cinématographiques permettra justement d’avoir assez de cadres critiques », a-t-il souligné. Pour lui, les images permettent aux jeunes de mieux comprendre les idées, les comportements et les idéaux défendus par Thomas Sankara.

Le responsable établit également un lien entre cette démarche et la formation des futurs serviteurs de l’administration. Il insiste notamment sur l’éthique et le patriotisme, deux notions qu’il considère comme nécessaires dans la construction de cadres capables de servir leur pays.« En plus d’avoir une tête pleine, nous voulons effectivement des cadres qui ont le cœur plein de passion », a-t-il déclaré.

Une manière, selon lui, de faire du cinéma un prolongement de l’éducation et de la transmission de la mémoire auprès d’une génération qui n’a pas directement connu la période révolutionnaire.

Sur place, Wilfried Ekanga, analyste politique camerounais et panafricaniste, a également réagi à la projection. Présent au Burkina Faso dans le cadre des activités liées aux quatre ans de la Révolution progressiste populaire (RPP), il dit avoir vécu cette rencontre avec un sentiment particulier. « Je suis très heureux d’être là, je me sens vraiment chez moi », a-t-il lancé, en évoquant l’image du Burkina Faso comme « pays des hommes intègres ».

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Pour lui, faire revivre les images de Thomas Sankara est une façon de maintenir le débat autour de sa pensée et de son projet pour l’Afrique. Il estime que les outils technologiques actuels offrent de nouvelles possibilités pour transmettre cette histoire et toucher davantage la jeunesse.

Au-delà de la projection, Wilfried Ekanga insiste surtout sur la nécessité de connaître le passé pour mieux comprendre le présent. « C’est le fait de connaître l’histoire qui nous empêche de commettre les mêmes erreurs », a-t-il déclaré, en rappelant les circonstances dans lesquelles Thomas Sankara a perdu la vie.

La troisième séance des « Jeudis du Cinéma révolutionnaire » aura ainsi permis de faire du cinéma un espace de mémoire et de réflexion. À travers les images de Thomas Sankara, le public a été invité à revisiter son parcours, sa pensée et les idéaux portés par la Révolution, avec en toile de fond une même exigence : transmettre cette histoire aux générations qui n’ont pas connu cette période.

Abdoul Gani BARRY

Burkina 24

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