Production, transformation, consommation : Les trois verrous à briser pour une véritable souveraineté, selon le Capitaine Ibrahim Traoré
Dans le cadre de la deuxième phase de la troisième édition des Journées d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC), les ministres en charge de l’Administration territoriale et de la Justice ont présidé, ce lundi 5 octobre 2026, à Ouagadougou, une cérémonie conjointe de montée des couleurs nationales.
Ce lundi 5 octobre 2026, le drapeau tricolore burkinabè a été fièrement hissé dans les airs, sous le regard admiratif et patriotique des serviteurs du peuple des ministères en charge de l’Administration territoriale et de la Justice. Une fois cette cérémonie hautement symbolique terminée, le ministre d’État chargé de l’Administration territoriale, Émile Zerbo, a livré le message du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré.
Selon Émile Zerbo, trois verrous maintiennent encore les Burkinabè dans une situation de dépendance. Le premier, a-t-il cité, est la production. “Les bras valides ne manquent pas dans nos villes et nos campagnes, la terre est féconde mais l’eau dort encore dans nos barrages. Les tracteurs ne sillonnent pas assez nos champs, les semences et les engrais restent encore insuffisants, et arrivent parfois tard”, a-t-il déploré.

Il a indiqué que l’insécurité qui a été imposée à notre pays a éloigné des milliers de familles de leurs terres. “Pourtant, partout où nous avons aménagé et soutenu la production, la terre a répondu. Plus de 7 millions de tonnes de céréales et le cap du million de tonnes de riz franchi. La preuve est là, le Burkina Faso peut se nourrir lui-même”, a-t-il soutenu.
Le second verrou, c’est la transformation. À écouter le ministre d’État, c’est à ce niveau que le Burkina doit franchir un cap décisif. “Nous vendons encore trop souvent brut. Et nous rachetons fini. Le coton ne peut plus quitter notre terre emballer pour revenir en chemise. Le karité ne doit plus partir en amande pour nous revenir après transformation ailleurs en pommade, en crème ou chocolat vendu à prix d’or. Il en est de même pour le sésame, la mangue, des cuirs et des peaux du bétail sur pieds”, a-t-il lancé.
Il a ajouté que chaque fois que les Burkinabè exportent sans transformer, ils transfèrent ainsi la plus grande part de la richesse du pays ailleurs. “La valeur ajoutée n’est pas un mot d’économiste. Ce sont des emplois pour nos jeunes, des revenus pour nos familles, des ressources pour nos écoles. Et pendant ce temps, ce que nous ne savons ni sécher, ni conserver, ni emballer pourrit dans nos villages. Un pays qui ne transforme pas ses richesses en cède la plus grande valeur aux autres”, a-t-il souligné.
Le troisième et dernier verrou, c’est la consommation. Pour Émile Zerbo, celui-ci n’est ni dans les champs ni dans les usines burkinabè. “Il est dans nos têtes. Le riz importé a longtemps inondé nos marchés pendant que le riz de Bagré, du Sourou et de Samandéni cherchait preneur. Le bouillon industriel dispute sa place au Soumbala dans nos sauces.
Du Faso danfani, on dit qu’il est cher. De la chemise importée, on dit qu’elle est normale. Ce conditionnement doit être brisé. Servir ce que notre terre a produit n’est pas un signe de pauvreté, c’est un acte de fierté, un geste d’honneur, une affirmation de souveraineté”, a-t-il insisté.

Il a souligné que chaque Burkinabè doit accomplir sa part dans la bataille pour le “Consommons local”. En rappel, la troisième édition des JEPPC se tient sous le thème “Produisons Burkinabè, consommons Burkinabè”.
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W.S
Burkina 24




