Burkina Faso : Le rôle historique de l’islam dans la construction nationale au cœur d’une conférence

Le Centre culturel islamique du Burkina (CCIB) a organisé, le dimanche 18 octobre 2026 à Ouagadougou, une conférence publique autour du thème « Histoire et dynamiques de l’islam au Burkina Faso ». Animée par le professeur Mahamoudou Oubda, la rencontre a retracé l’implantation et l’évolution de l’islam dans le pays, tout en mettant en lumière la contribution des musulmans à la construction nationale, à la citoyenneté et à la cohésion sociale. 

Comment l’islam s’est-il implanté dans les territoires de l’ancienne Haute-Volta, aujourd’hui Burkina Faso, et quelle place occupe-t-il dans la construction de la nation ? C’est autour de ces questions que le Centre culturel islamique du Burkina a réuni des participants pour une réflexion sur l’histoire religieuse du pays et ses enjeux contemporains.

Selon les responsables du centre, cette conférence s’inscrit dans le cadre de ses missions de formation et d’information. Elle vise notamment à mieux faire connaître l’histoire de l’islam aux fidèles musulmans et à promouvoir les valeurs citoyennes et républicaines dans un contexte marqué par la lutte contre le terrorisme et les efforts de reconquête du territoire.

Imam Alidou Ilboudo, coordonnateur du CCIB

« L’objectif était d’informer les musulmans de l’histoire de la pénétration de l’islam au Burkina Faso et surtout des contributions variées des musulmans à la construction de la nation burkinabè. Et pour nous, c’est essentiel parce que nous sommes en refondation, en révolution, et il est bon qu’on puisse voir quelles sont les implications de la foi musulmane dans la construction d’une citoyenneté responsable », a expliqué l’imam Alidou Ilboudo, coordonnateur du Centre culturel islamique du Burkina.

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Plus de cinq siècles après son implantation dans les territoires correspondant au Burkina Faso actuel, l’islam s’est progressivement enraciné et institutionnalisé. Son évolution a été favorisée par plusieurs facteurs, notamment le commerce, la formation des confréries et les liens matrimoniaux entre les différentes communautés.

Professeur Mahamoudou Oubda, conférencier

Pour le professeur Mahamoudou Oubda, le commerce a joué un rôle majeur dans la diffusion de l’islam en Afrique de l’Ouest. « Le commerce a constitué l’un des grands vecteurs historiques de l’islam en Afrique de l’Ouest. Les marchands ne transportaient pas seulement des marchandises. Ils transportaient aussi des pratiques, des langues, des normes sociales et des croyances », a-t-il indiqué.

L’histoire de l’islam au Burkina Faso ne se résume donc pas à la progression démographique d’une religion venue d’Arabie. Elle témoigne plutôt de rencontres entre des sociétés, des espaces, des traditions et des systèmes politiques, au fil desquelles l’islam s’est progressivement adapté aux réalités locales.

Une contribution à la citoyenneté et au vivre-ensemble 

Aujourd’hui, l’islam occupe une place importante dans le paysage religieux et culturel burkinabè. Ses acteurs interviennent notamment dans l’éducation, la solidarité, la médiation sociale, la formation et la vie associative. Ils participent également aux débats sur la citoyenneté, la laïcité, la paix et la cohésion sociale.

Pour le conférencier, cette histoire doit servir de repère aux générations actuelles. Il invite les musulmans à tirer les enseignements du parcours de leurs prédécesseurs et de leur contribution à la société burkinabè.

« Il faut que nous tirions leçon de l’histoire religieuse de notre pays, surtout de l’histoire de l’islam au Burkina Faso », a-t-il souligné, appelant à mieux connaître et valoriser les figures historiques qui ont contribué à la diffusion de l’islam et à la construction du discours religieux dans le pays.

Le professeur Mahamoudou Oubda a également évoqué plusieurs défis auxquels l’islam est confronté aujourd’hui, notamment l’éducation, l’insertion socioprofessionnelle des jeunes et les mutations sociales. Il a appelé les fidèles à promouvoir une pratique de l’islam fondée sur le juste milieu et à renforcer les initiatives en faveur du dialogue et de la cohésion.

Parmi les recommandations formulées figurent le renforcement de la Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB) comme cadre fédérateur, l’institutionnalisation du dialogue intra-islamique et la réforme de l’enseignement islamique. Il a enfin insisté sur la nécessité de promouvoir une citoyenneté islamique compatible avec les principes de la République et de valoriser le patrimoine culturel islamique du Burkina Faso.

Rédaction B24

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