Crash du vol AH5017 d’Air Algérie : Swiftair condamnée 12 ans après le drame
Douze ans après le crash du vol AH5017 d’Air Algérie, la justice française a reconnu la compagnie espagnole Swiftair coupable d’homicides involontaires, rapporte le média TRT Français. L’accident, survenu le 24 juillet 2014 dans le nord du Mali, avait fait 116 morts, dont plusieurs ressortissants burkinabè.
Après douze années d’attente, les familles des victimes du vol AH5017 connaissent désormais l’issue judiciaire de cette affaire. Le tribunal correctionnel de Paris a reconnu ce lundi 28 septembre 2026 la compagnie espagnole Swiftair coupable d’homicides involontaires.
L’avion, qui effectuait la liaison Ouagadougou-Alger, s’était écrasé le 24 juillet 2014 dans le nord du Mali. Aucun des 116 passagers et membres d’équipage à bord n’avait survécu. Réunies au sein de l’association « AH-5017 Ensemble », les familles des victimes ont mené pendant douze ans des démarches pour obtenir vérité et justice.
Selon le tribunal, des négligences de Swiftair concernant la formation et l’entraînement de l’équipage ont contribué de manière certaine à l’accident. Au cours du procès, l’accusation avait notamment relevé que le commandant de bord n’avait pas participé à une séance obligatoire de remise à niveau portant sur l’antigivrage.
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Le commandant et sa copilote étaient également des pilotes saisonniers qui sortaient de plusieurs mois d’inactivité avant d’effectuer ce vol. Dans la nuit du drame, l’appareil traversait une zone intertropicale marquée par de fortes perturbations météorologiques.
La non-activation du système d’antigivrage aurait favorisé la formation de cristaux de glace dans les capteurs de pression. Cette situation aurait entraîné une décélération automatique des moteurs.
L’équipage n’aurait ensuite pas réussi à reprendre le contrôle de l’appareil. Si la boîte noire avait été retrouvée, son état très endommagé n’a pas permis de la décrypter, laissant certaines zones d’ombre sur les dernières minutes du vol.
Les avocats de Swiftair avaient contesté les conclusions de l’enquête durant le procès. Ils estimaient notamment que les responsabilités attribuées à la compagnie reposaient sur des hypothèses, faute de pouvoir établir avec certitude les échanges entre les membres de l’équipage.
La compagnie espagnole avait également été poursuivie dans cette affaire devant la justice espagnole. Elle avait toutefois bénéficié d’un non-lieu dans cette procédure. La décision rendue à Paris constitue ainsi une nouvelle étape judiciaire dans l’affaire du vol AH5017, douze ans après la disparition des 116 personnes à bord.




