Boulkiemdé : Les leaders coutumiers et religieux mobilisés pour promouvoir l’entrepreneuriat féminin

Dans la province du Boulkiemdé, région du Nando, les leaders coutumiers et religieux sont appelés à jouer un rôle dans la promotion de l’entrepreneuriat féminin, notamment en facilitant l’accès des femmes à la terre. C’est dans cette dynamique que l’Union des religieux et coutumiers du Burkina (URCB) et l’ONG ASMADE ont organisé, le lundi 12 octobre 2026, une séance de plaidoyer auprès des leaders coutumiers et religieux, dans le cadre de la campagne nationale « Pagb Yidgr-Sooré » ou « Entreprendre au féminin ».
À l’issue de la session, les participants se sont engagés à sensibiliser les populations sur l’importance de l’entrepreneuriat féminin. Les chefs coutumiers ont notamment promis de profiter des fêtes coutumières pour faire passer le message et contribuer à un changement de comportement.
Les participants ont également salué cette démarche portée dans le cadre du projet SWEDD+. Parmi les difficultés auxquelles les femmes sont confrontées dans la mise en œuvre de leurs activités figure l’accès à la terre. Les leaders coutumiers reconnaissent cette réalité et se disent disposés à œuvrer pour améliorer la situation.

Pour Bourkina Naaba Baongo, la sensibilisation constitue un levier essentiel pour faire évoluer les mentalités. «C’est pourquoi, nous avons pris l’engagement qu’à travers nos fêtes coutumières, nous allons profiter de ça pour sensibiliser les gens afin qu’ils comprennent», a-t-il relevé.
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Les leaders coutumiers et religieux ont par ailleurs salué l’approche du projet SWEDD+, mise en œuvre avec l’appui de ses partenaires URCB et ASMADE. «La démarche, elle est très bonne. Le fait de revenir les leaders coutumiers et religieux pour échanger et avoir leurs idées et leurs contributions, je pense c’est une très bonne chose. Et nous en tant que coutumiers, en tout cas, nous prenons l’engagement de les accompagner», a soutenu Bourkina Naaba Baongo.
Il a ajouté que le manque d’information pouvait également expliquer certaines résistances. «De fois aussi ce n’est pas que les hommes ne comprennent pas, ils ne savent pas. Donc à travers les sensibilisations, nous pensons pouvoir les convaincre », espère-t-il.

Plus de 80 % des femmes au Burkina Faso travaillent dans le secteur agricole, mais moins de 10 % d’entre elles disposent d’espaces sécurisés, selon Appoline Kalga/Compaoré,cheffe de projet «Entreprendre au féminin» pour le compte de l’ONG ASMADE.
Elle a relevé les difficultés d’accès des femmes aux facteurs de production, notamment à la terre.
«Les femmes sont en nombre mais elles n’ont même pas accès aux facteurs de production. Alors que l’économie du Burkina est majoritairement agricole, l’entrepreneuriat agricole est un facteur de ressources financières(…) Et les gens qui sont le grand nombre de la population n’ont pas accès à la terre ou si elles ont accès ce n’est sécurisé. Ce qui fait qu’elles ne peuvent pas produire suffisamment», a-t-elle déploré.
Elle a salué les engagements pris par les participants, qu’elle considère comme une avancée. «C’est déjà une victoire, le fait que l’information soit passée c’est déjà une victoire et les engagements pris ici par les leaders ( religieux et coutumiers, ndlr), je sais qu’avec le suivi au niveau de la province, nous allons faire le suivi (…), nous avons un motif de satisfaction car le message a été entendu», s’est-elle réjouie.

La haut-commissaire de la province du Boulkiemdé, Salimata Ouédraogo, a rappelé le rôle central des femmes dans l’économie locale. Elles représentent 52 % de la population et constituent «l’épine dorsale du système de production».
«Selon les données de la direction provinciale en charge de l’agriculture plus de 70% des femmes constituent la main d’oeuvre dans les travaux champêtres. 90% des activités de transformation agroalimentaire ainsi que la sécurité alimentaire des ménages sont assurées par les femmes», a-t-elle signalé.
Toutefois, a-t-elle poursuivi, cette contribution contraste avec leur situation foncière. « Moins de 5% des attestations foncières rurales délivrées dans la province portent le nom d’une femme. La majorité des femmes n’ont qu’un droit d’usage précaire concédé par le mari, le père ou le frère révocable en cas de divorce,de veuvage ou de conflit familial», a-t-elle mentionné.

La haut-commissaire a également salué l’initiative du projet SWEDD+, qui vise à encourager l’entrepreneuriat féminin et à renforcer les conditions permettant aux femmes de développer durablement leurs activités.
Au cours de la journée, l’équipe de la campagne s’est rendue dans plusieurs ateliers tenus par des femmes entrepreneures modèles. Elle a également rencontré le chef de canton de Lallé, qui a promis d’apporter son soutien à la promotion de l’entrepreneuriat féminin.
W.S
Burkina 24




