Kokologho : Les leaders coutumiers et religieux appelés à soutenir l’entrepreneuriat féminin

Après Koudougou, la campagne nationale de communication « Pagb Yidgr-Sooré », ou « Entreprendre au féminin », a fait escale à Kokologho. À cette étape, l’Union des religieux et coutumiers du Burkina (URCB) a engagé des échanges avec les leaders coutumiers et religieux afin de renforcer leur implication dans la promotion de l’entrepreneuriat féminin. En parallèle, des séances de dépistage des cancers et des infections sexuellement transmissibles (IST) ont été organisées au profit des femmes de la commune.
Ce mardi 13 octobre 2026, l’équipe de la campagne « Pagb Yidgr-Sooré » ou « Entreprendre au féminin » est arrivée à Kokologho pour une série d’activités, notamment des échanges avec les leaders coutumiers et religieux ainsi que le dépistage des cancers et des IST au profit des femmes de la commune.
Au sortir des échanges, les autorités coutumières ont exprimé leur engagement à œuvrer pour l’amélioration des conditions d’accès des femmes aux ressources et aux opportunités économiques.

Selon Moussa Savadogo, coordonnateur du suivi et de l’évaluation à l’URCB, cette rencontre avec les leaders coutumiers et religieux de la commune se justifie par la place qu’occupent les femmes dans l’économie nationale, malgré les nombreuses difficultés auxquelles elles sont confrontées, notamment en matière d’accès à la terre, au financement et à la formation.
«Parce que vous, chefs coutumiers et religieux, vous avez l’écoute de nos communautés et que votre parole aide à lever certaines barrières, nous sommes convaincus que soutenir l’entrepreneuriat féminin est conforme à nos valeurs traditionnelles et religieuses», a-t-il dit.
Na-poko, cheffe de canton de Kokologho, a salué cette initiative du projet SWEDD+. Elle a affirmé qu’à Kokologho, des efforts sont consentis pour mettre des terres à la disposition des femmes afin de leur permettre de développer leurs activités agropastorales. «Et même des espaces pour leur permettre d’avoir des espaces de rencontre, et mettre en place des plateformes multifonctionnelles», a-t-elle dit.

Na-poko a également souligné que lorsqu’une femme s’investit, elle ne le fait pas uniquement pour elle-même, mais aussi pour sa famille et sa communauté, se plaçant elle-même en dernière position.
«Généralement, la femme ne peut pas fonctionner seule. Et avoir des hommes à ses côtés, pas derrière, je pense les choses peuvent aller mieux. Et on a bon espoir que les choses aillent mieux parce que l’ont compris. Et de plus en plus, on sent que les hommes mettent les femmes au centre de certaines activités pour être sûr que ça aura un impact, et pour la famille, et pour la communauté, et pour le pays», a-t-elle soutenu.

Le président de la délégation spéciale (PDS) de Kokologho, Jérôme Yaméogo, a rappelé que les femmes représentent plus de 60 % des acteurs de l’économie burkinabè. « Pourtant, en 2024, sur 22829 entreprises enregistrées, 4742 seulement ont été créées et gérées par les femmes soit 20, 77% », a-t-il mentionné.
Pour lui, le problème ne réside pas dans le manque de courage des femmes, mais plutôt dans les difficultés d’accès sécurisé à la terre et au financement. «Éducation et entrepreneuriat vont ensemble, une fille qui reste à l’école et échappe au mariage d’enfants a plus de chance de devenir une femme autonome. Et une femme entrepreneure reconnue l’investissement dans l’éducation des filles», a-t-il insisté.
Au centre de santé de Kokologho, Dr Alassane Ouédraogo a, pour sa part, invité les femmes à se faire dépister afin de prévenir les complications liées aux cancers.« Le cancer du col est un cancer si c’est dépisté tôt précocement, vous pouvez guérir. Pareil pour le cancer de sein. Ce sont des cancers, une fois si c’est dépisté tôt, la guérison est possible», a-t-il affirmé.

Il a également indiqué que quelques cas de cancer du sein ont été détectés dans la commune, tout en précisant que leur fréquence reste faible. «Mais la fréquence n’est pas élevée. C’est quelques cas. Pour le cancer du col pour l’instant, la fréquence est vraiment faible. Pour les autres infections virales c’est l’infection à l’hépatite B qui est fréquente», a-t-il fait remarquer.
Au terme de ces activités, la délégation a visité deux coopératives féminines spécialisées dans la transformation agroalimentaire, l’une située à Goulouré, un village de la commune de Kokologho, et l’autre à Kokologho centre.
W.S
Burkina 24




