Massacre de Shakahola au Kenya : Verdict attendu pour le gourou accusé de la mort de 191 fidèles

Un tribunal de Mombasa, au Kenya, doit rendre son verdict ce lundi 19 octobre 2026 dans le procès de Paul Mackenzie, un pasteur autoproclamé accusé d’avoir entraîné la mort de 191 fidèles, dont de nombreux enfants, lors de jeûnes extrêmes imposés au sein de sa secte. Cette affaire, liée au massacre de la forêt de Shakahola, a profondément marqué le pays, rapporte La Presse Ca.
En 2023, des centaines de corps ont été découverts dans la forêt de Shakahola, dans l’arrière-pays de Malindi, sur la côte kényane. Cette macabre découverte a révélé l’une des pires tragédies liées aux dérives sectaires de l’histoire récente du pays.
Paul Mackenzie et ses complices sont poursuivis pour les 191 meurtres enregistrés dans le cadre de cette affaire en 2024. Ils ont plaidé non coupables. Le pasteur fait également face à des accusations distinctes d’homicide involontaire et de terrorisme, qu’il conteste également.
Depuis les premières exhumations, les recherches ont permis de découvrir d’autres dépouilles dans les environs. Le bilan global a atteint 429 morts, selon la Commission nationale kényane des droits de l’homme en 2024. Des victimes n’ont toujours pas été identifiées.
Des familles attendent justice
À l’approche du verdict, des proches des victimes se sont rendus au tribunal de Mombasa. Parmi eux, Francis Wanje, 62 ans, qui a perdu huit membres de sa famille, dont sa fille et deux petits-enfants.
« C’est un jour extrêmement important pour moi », a-t-il déclaré espérant une décision susceptible de prévenir de nouvelles tragédies. Il a également exprimé sa colère face à ce qu’il considère comme l’inaction des autorités.
L’affaire a suscité une vive émotion au Kenya et relancé les appels à un encadrement plus strict des organisations religieuses. Des interrogations persistent notamment sur le fait que Paul Mackenzie avait déjà été arrêté à plusieurs reprises avant la découverte des fosses communes.

Selon le parquet, Paul Mackenzie aurait initié et dirigé une pratique de jeûnes extrêmes, convainquant ses disciples de se priver de nourriture afin de « rencontrer Jésus » avant la fin du monde qu’il annonçait pour 2023.
Au cours du procès, plus de 200 témoins ont été entendus sur les événements survenus entre 2021 et 2023 dans un ranch de 325 hectares situé dans la forêt de Shakahola.
L’accusation évoque une « hiérarchie de la mort », selon laquelle les enfants auraient été les premiers à mourir, suivis des adolescents, des femmes et enfin des hommes.
D’après les rapports d’autopsie cités par le parquet, les victimes seraient mortes de faim, d’asphyxie ou de violences physiques, notamment de blessures traumatiques à la tête.
La défense conteste ces accusations. Les avocats de Mackenzie estiment que le dossier repose largement sur des preuves circonstancielles, des témoignages indirects et des conclusions médico-légales qu’ils jugent insuffisantes.
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Paul Mackenzie, ancien chauffeur de taxi, avait fondé en 2003 l’Église internationale de la Bonne Nouvelle (Good News International Church). Son organisation avait attiré des milliers de fidèles, avec des antennes à Nairobi et dans plusieurs localités de la côte kényane, avant qu’il n’annonce leur fermeture en 2019.
Il avait déjà été arrêté en 2017 pour des accusations de radicalisation, avant d’être acquitté. En 2019, il avait de nouveau été interpellé après la mort de deux enfants par famine à Shakahola.
En avril 2023, son arrestation est intervenue après le sauvetage de plusieurs fidèles, à la suite d’une alerte lancée par une organisation de défense des droits. L’enquête policière a ensuite mis au jour des centaines de fosses communes peu profondes. Les fouilles ont dû être temporairement suspendues, les morgues locales étant débordées par le nombre de corps retrouvés.
En janvier 2026, de nouvelles accusations ont été portées contre le pasteur après la découverte de 52 autres corps dans un village voisin, selon les informations rapportées.




