AES : Le Burkina Faso, le Mali et le Niger créent le Conseil des régulateurs du Sahel

Ouagadougou a abrité, le vendredi 25 septembre 2026, la signature d’un protocole de coopération historique entre les autorités de régulation des communications électroniques du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Cet acte donne naissance au Conseil des régulateurs du Sahel (CRS), une avancée importante pour l’intégration numérique de l’espace AES.
Porté par les régulateurs des trois pays de l’Alliance des États du Sahel, cet accord ambitionne de bâtir une réponse concertée face aux défis communs des communications électroniques et postaux.
Une dynamique née des réflexions initiées en novembre 2025, en marge de la Semaine du numérique au Burkina Faso.

Donnant la mesure des enjeux géostratégiques de cet accord, Saidou Pona Sankaré, président de l’Autorité Malienne de Régulation des Télécommunications et des Postes (AMRTP), a déclaré : « En signant ce Protocole d’Accord, nous ne créons pas uniquement un mécanisme de coopération entre trois autorités administratives. Nous posons l’une des pierres fondatrices de l’architecture numérique de la Confédération de Alliance des Etats du Sahel.
Nous affirmons avec conviction que la régulation n’est plus seulement un exercice technique : elle devient un instrument de souveraineté, un levier d’intégration régionale et un moteur du développement économique ».

Insistant sur le rôle cardinal des infrastructures dans le développement, il a poursuivi en faisant savoir que les réseaux numériques sont aujourd’hui les nouvelles routes du développement.
« Ils transportent les données comme les routes transportent les marchandises ; ils rapprochent les citoyens, soutiennent l’économie, facilitent l’éducation, modernisent les administrations et renforcent la sécurité », a développé Saidou Pona Sankaré.
Afin de concrétiser cette vision ambitieuse, Pasteur Poda, président du Conseil de régulation de l’ARCEP Burkina, a esquissé les chantiers initiaux assignés au nouveau Conseil.
« Nos premiers chantiers porteront sur l’effectivité de l’itinérance communautaire, la coordination des fréquences aux frontières, l’homologation des équipements, la régulation des réseaux satellitaires et des technologies émergentes, le partage d’outils de contrôle et la sécurité des infrastructures », a-t-il expliqué.

Il a ensuite précisé l’extension de ce partenariat en informant que « La coopération couvrira aussi les services postaux transfrontaliers, la traçabilité des envois et le service postal universel. La qualité de service, la transparence et le traitement des réclamations guideront les travaux consacrés à la protection des consommateurs ».
Pour assurer son bon fonctionnement, le CRS s’appuiera sur des consultations trilatérales, des groupes de travail spécialisés, des échanges d’experts et des formations croisées, le tout orchestré par une gouvernance tournante.
De son côté, Moussa Zeinabou Seyni, secrétaire exécutif de l’ARCEP Niger, a réaffirmé la volonté des régulateurs d’obtenir des résultats probants.
« Nous nous engageons à mettre les moyens nécessaires à la disposition de nos experts, à leur donner des orientations claires et à assurer un suivi sans faille de leurs travaux. Chaque action devra avoir un responsable, un calendrier, des résultats attendus et un mécanisme de suivi».

Dr Aminata Zerbo/Sabane, ministre de la Transition Digitale, des Postes et des Communications Électroniques du Burkina Faso, a rappelé que cette signature ne constitue qu’un point de départ.
« J’invite nos trois autorités de régulation à faire vivre ce cadre de coopération, à définir régulièrement des priorités communes et, surtout, à veiller à ce que les engagements pris aujourd’hui se traduisent en actions concrètes », a-t-elle insisté, fixant l’exigence de résultats visibles à court terme pour les populations.

La ministre a également réaffirmé l’accompagnement indéfectible des trois gouvernements, en posant comme impératif absolu l’inclusion numérique.
« Nous veillerons à ce que cette intégration bénéficie à tous. Nos populations rurales, nos jeunes, nos femmes, nos personnes vulnérables, ne doivent pas rester en marge de la transformation numérique », a-t-elle sollicité.
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Flora KARAMBIRI et Fatimata SAWADOGO (Stagiaire)
Burkina 24




