Le Capitaine Ibrahim Traoré dévoile sa stratégie économique : Certains produits seront exclusivement importés par l’État
Lors de son grand entretien avec la presse, dimanche 27 septembre 2026, le président du Faso, le Camarade capitaine Ibrahim Traoré, a consacré une large place aux questions économiques. Production locale, lutte contre la fraude, reprise en main des secteurs stratégiques, financement communautaire et réalisation des infrastructures en régie directe, le chef de l’État a détaillé plusieurs orientations.
Pour le président du Faso, le Camarade Ibrahim Traoré, la lutte contre la fraude constitue un enjeu à la fois économique et sécuritaire. Il a estimé que certaines marchandises introduites clandestinement peuvent contribuer au financement des groupes armés. « La fraude est dangereuse parce que ça tue. Ça tue physiquement et ça tue l’économie », a-t-il déclaré, affirmant que le fraudeur qui alimente ces circuits « contribue à brûler […] l’argent de toute la patrie ».
Le président a également évoqué les mesures envisagées contre la spéculation et la hausse des prix. Selon lui, l’État pourrait à terme prendre directement en charge l’importation de certains produits afin d’en contrôler les prix, notamment à travers FasoYaar. « Bientôt certains produits, nous pourrons dire que ça sera exclusivement importé par l’État et là FasoYaar imposera le prix », a-t-il annoncé.
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Autre axe présenté par le chef de l’État : la reprise en main de secteurs jugés stratégiques. « Il y a des domaines qu’on appelle des domaines stratégiques, on ne peut pas laisser ça au privé. C’est pas possible », a affirmé Ibrahim Traoré.
Le président a notamment cité la SOSUCO et la SOFITEX, deux entreprises dont l’État a renforcé le contrôle dans le cadre de sa politique de réappropriation économique. Il a également mis en avant l’évolution du chiffre d’affaires de la SOFITEX depuis sa reprise en main par l’État.
Cette orientation s’accompagne d’un appel au secteur privé burkinabè à évoluer d’un modèle principalement tourné vers l’importation vers davantage de transformation et de production locale.
Le chef de l’État a notamment cité l’industrie textile, avec la mise en service de Tex Force, ainsi que des initiatives de transformation du maïs en couscous.
L’APEC mise sur l’épargne citoyenne
Le financement de l’économie locale constitue un autre volet de la stratégie présentée par le président du Faso. Il a défendu le modèle de l’Agence pour la promotion de l’entrepreneuriat communautaire (APEC), fondé sur la mobilisation de l’épargne des citoyens pour financer des projets productifs.
« On doit pouvoir ensemble mettre nos économies, faire quelque chose pour notre propre bien », a-t-il expliqué.
Grands travaux : Le choix de la régie directe
Le Camarade Ibrahim Traoré a également défendu le recours à la régie directe pour certains grands projets d’infrastructures. L’autoroute Ouagadougou-Bobo-Dioulasso a notamment été présentée comme une illustration de cette approche.
Selon le chef de l’État, le chantier doit mobiliser prioritairement les compétences et les ressources disponibles au Burkina Faso, notamment les ingénieurs, les matériaux locaux et les équipements nécessaires à la production des agrégats et du bitume. Cette approche est présentée par les autorités comme un moyen de renforcer les capacités nationales tout en limitant le recours à des prestataires extérieurs.
Sur le front agricole, le président a enfin évoqué les résultats attendus de l’Offensive agropastorale, qui combine mécanisation, accès aux intrants et aménagements hydroagricoles.
Une nouvelle opération, qualifiée d’« opération commando », doit notamment viser l’augmentation des superficies irriguées autour de grands barrages, dont Samandéni et Bagré.
L’objectif annoncé est de multiplier les superficies exploitées grâce à des systèmes d’irrigation modernes, avec l’ambition de renforcer la production agricole et, plus largement, la souveraineté alimentaire du Burkina Faso.




