Protection des asins, camelins et équins au Burkina Faso : Un nouveau cadre pour mieux lutter contre le trafic

La Direction générale des services vétérinaires (DGSV) a organisé, le 2 octobre 2026 à Ouagadougou, un atelier consacré à la vulgarisation du nouveau cadre réglementaire relatif aux asins, camelins et équins. Autorités administratives, religieuses et coutumières, services vétérinaires, douanes, forces de défense et de sécurité, VDP et représentants des éleveurs ont pris part à la rencontre pour s’approprier les nouvelles dispositions et renforcer leur application sur le terrain.

Hiver Boussini, Conseiller technique du ministère délégué chargé des Ressources animales, représentant le ministre à l’ouverture officielle de l’atelier, a fait savoir que cet animal occupe une place particulière dans les familles rurales, notamment dans le transport et les activités économiques quotidiennes. « Protéger nos ânes et nos chevaux, c’est protéger l’avenir de nos villages et notre souveraineté agricole », a-t-il également souligné.

Hiver Boussini, Conseiller technique du ministère délégué chargé des Ressources animales, représentant le ministre à l’ouverture officielle de l’atelier

La pression exercée sur ces espèces par le trafic et l’abattage destiné à alimenter la demande extérieure. Le gouvernement a estimé que les insuffisances du précédent dispositif réglementaire ont favorisé de nouvelles pratiques, notamment la sortie massive d’animaux sur pied vers les frontières.

Un décret pour mieux encadrer les mouvements

C’est dans ce contexte que le Conseil des ministres a adopté, le 21 mai 2026, un décret portant réglementation de l’abattage, des mouvements intérieurs et de l’exportation des asins, camelins, équins et de leurs produits au Burkina Faso. Le texte constitue une relecture du décret n°2016-857/PRES/PM/MRAH/MCIA/MINEFID/MATDSI du 7 septembre 2016.

Protection des asins, camelins et équins au Burkina Faso

Le nouveau dispositif prend désormais en compte le mouvement intérieur des animaux et la gestion des animaux et produits saisis. Il instaure également un agrément pour les commerçants exerçant dans ce secteur, ainsi qu’une autorisation préalable de déplacement dans les zones identifiées comme présentant un fort potentiel de trafic. La saisie ou la confiscation des animaux et de leurs produits fait également partie des mesures prévues.

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Pour le Dr Kadré Sanfo, directeur de la Santé publique vétérinaire et de la Législation, l’enjeu de l’atelier est justement de permettre aux acteurs concernés de connaître ces dispositions et surtout de pouvoir les appliquer.

Dr Kadré Sanfo, directeur de la Santé publique vétérinaire et de la Législation
Dr Kadré Sanfo, directeur de la Santé publique vétérinaire et de la Législation

« Les attentes, c’est vraiment de s’approprier le texte », a-t-il expliqué. Le responsable a notamment évoqué la limitation à cinq têtes pour certains mouvements et le renforcement de l’encadrement dans les zones frontalières, où les risques de trafic sont plus élevés.

Une ressource à préserver pour les communautés

La rencontre a également permis de rappeler les conséquences du trafic sur les populations rurales. L’élevage des asins, camelins et équins revêt une importance socio-économique et culturelle pour les populations rurales. Depuis 2015, l’existence des asins est notamment considérée comme menacée par la forte demande asiatique pour les produits issus de ces animaux.

Le Directeur régional de BROOKE Afrique de l’Ouest, Emmanuel Bouré Sarr, a insisté sur le commerce des peaux d’ânes destiné notamment à la production d’ejiao, un produit utilisé en Chine. Il estime que le nouveau texte constitue un outil pour mieux contrôler les mouvements des animaux et lutter contre leur sortie illicite du pays.

Directeur régional de BROOKE Afrique de l’Ouest, Emmanuel Bouré Sarr
Directeur régional de BROOKE Afrique de l’Ouest, Emmanuel Bouré Sarr

L’atelier se veut ainsi une étape de vulgarisation, mais surtout d’appropriation. L’efficacité du nouveau dispositif dépendra désormais de sa connaissance et de son application par les services vétérinaires, les forces de sécurité, les douanes, les acteurs du commerce et les communautés concernées.

Christopher SOMDA (Stagiaire)

Burkina 24

Rédaction B24

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