Migration irrégulière : Ouestaf mise sur le théâtre pour prévenir les jeunes des dangers de « l’aventure »

À travers des séries de représentations théâtrales organisées le 6 octobre 2026 à Gounghin, à Ouagadougou, le projet Ouestaf a mis en lumière les risques liés à la migration irrégulière. Entre traversée du désert, exploitation clandestine de l’or et conséquences psychologiques, la pièce a invité le public à réfléchir avant de prendre le chemin de l’aventure.
Sur scène, les comédiens racontent une réalité que de nombreux jeunes connaissent ou peuvent être tentés d’expérimenter.
Les dangers de la traversée du désert, les morsures de serpents, les décès, mais aussi les conséquences sur les proches et la société sont mis en scène.
À travers ces différents tableaux, le théâtre devient un outil de sensibilisation sur les conséquences parfois dramatiques de la migration irrégulière.

Pour Oumarou Sawadogo, chef de projet Ouestaf, cette représentation s’inscrit dans une série d’activités lancée depuis mars 2025.
Le projet vise notamment l’amélioration de la gouvernance migratoire ainsi que la sensibilisation des jeunes et des femmes sur les risques liés à la migration irrégulière.
Le désert et l’or clandestin au cœur du récit
« Les représentations théâtrales font partie également de la stratégie de communication et de sensibilisation sur les risques liés à la migration irrégulière », explique Oumarou Sawadogo.
Il souligne que les spectacles permettent notamment de montrer les dangers auxquels les jeunes peuvent être exposés en traversant le désert, mais aussi ceux liés à l’exploitation clandestine de l’or.

Au-delà du spectacle, l’objectif affiché est de provoquer une prise de conscience et un changement de comportement. « Si on veut voyager, si on veut aller dans un autre pays, il faut d’abord se renseigner sur le pays en question et aussi avoir ses documents pour ne pas voyager de façon clandestine », insiste le chef de projet.

Dans le public, le message semble avoir trouvé un écho favorable. Ghislain Bado, représentant du Président de la délégation spéciale de Gounghin, estime que la population a « bien reçu le message ». Pour lui, la question mérite une attention particulière, notamment auprès de la jeunesse. Il invite les jeunes à s’intéresser également aux opportunités existantes au Burkina Faso.
Voyager par ignorance : L’appel à mieux s’informer
Claver Bationo, membre du comité de suivi du projet Ouestaf, retient pour sa part une représentation qui met en évidence plusieurs dimensions de la migration irrégulière. « C’était une scène touchante », relève-t-il, évoquant les conséquences sur le migrant, ses proches et la société.
Lire également 👉Hippolyte Ouangrawa alias M’Babouanga : « C’est pendant les périodes dures que tu montres ta valeur »
La représentation aborde également les répercussions psychologiques que peuvent subir certains migrants. Pour Claver Bationo, ces éléments permettent au public de mieux saisir « ce qui peut être un impact négatif de la migration irrégulière ».

Au terme de la représentation, Oumarou Sawadogo se dit satisfait de l’intérêt manifesté par les participants. Les échanges autour de la thématique témoignent, selon lui, de l’attention portée à la question. « Souvent, on voyage par ignorance », estime-t-il, appelant ainsi les futurs voyageurs à mieux s’informer avant toute démarche.
À travers ces représentations, le projet entend donc faire du théâtre un espace de réflexion, afin que l’envie d’ailleurs ne se transforme pas en aventure aux conséquences irréversibles.
Christopher SOMDA (Stagiaire)
Burkina 24




