Guerre au Yémen : L’Arabie saoudite replonge dans le conflit face aux rebelles houthis

L’Arabie saoudite est de nouveau entraînée dans la guerre au Yémen. Sous la pression des rebelles houthis, le royaume renforce ses opérations militaires et mobilise ses alliés régionaux, notamment la Turquie et le Pakistan, pour protéger son territoire et ses intérêts stratégiques, rapport La Presse Ca.

Les deux pays, qui ont conclu un accord de défense mutuelle avec Riyad en août, ont annoncé la mobilisation de ressources militaires à des fins essentiellement défensives. Ils n’ont toutefois pas prévu, à ce stade, de déployer des soldats au Yémen pour soutenir une contre-offensive saoudienne.

La situation s’est aggravée après une série de tirs de missiles houthis contre des infrastructures saoudiennes. Une frappe ayant touché l’aéroport international de La Mecque aurait fait trois morts jeudi, selon les informations rapportées dans le texte source. L’agence européenne de sécurité aérienne a également alerté sur les risques pesant sur l’aviation commerciale. Plusieurs centaines de vols ont été annulés.

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En réponse aux attaques, les autorités saoudiennes ont annoncé des frappes aériennes intensives pendant 24 heures contre des positions houthies au Yémen. Samedi, la coalition dirigée par Riyad a fait état d’une « opération à grande échelle » et affirmé avoir détruit 136 cibles militaires.

Pour autant, l’issue de cette contre-offensive reste incertaine. Selon une source du gouvernement yéménite citée par l’Agence France-Presse, les combats demeurent violents et les avancées limitées dans la zone stratégique concernée.

L’Arabie saoudite cherche à éviter un nouvel enlisement militaire comparable à son intervention de 2015 à 2022. Malgré une longue campagne de bombardements, la coalition qu’elle dirigeait n’était pas parvenue à déloger les houthis de Sanaa, la capitale yéménite.

Des supporteurs des rebelles houthis manifestent contre l’intervention saoudienne dans la guerre au Yémen

Le conflit représente également une menace pour l’économie saoudienne. La progression des houthis vers une zone proche du détroit de Bab el-Mandeb pourrait perturber les exportations de pétrole du royaume, déjà confrontées aux tensions dans le détroit d’Ormuz.

Ces difficultés contraignent Riyad à acheminer une part importante de sa production vers le nord, par des itinéraires plus coûteux et susceptibles d’entraîner des retards.

Pour les autorités saoudiennes, l’enjeu est donc à la fois militaire, économique et stratégique. La reprise des hostilités compromet également les ambitions de développement du prince héritier Mohammed ben Salmane, notamment dans le secteur touristique, alors que le royaume cherchait à consolider la trêve conclue avec les houthis en 2022.

La Turquie et le Pakistan aux côtés de Riyad

Face à cette nouvelle escalade, le rapprochement avec Ankara et Islamabad doit permettre à l’Arabie saoudite de renforcer sa sécurité. Selon John Calabrese, professeur à l’American University, cette alliance traduit la volonté de Riyad de disposer de protections supplémentaires, alors que son partenariat sécuritaire avec Washington montre ses limites dans le contexte régional.

Mais cette coopération ne garantit pas une résolution rapide de la crise. Les houthis peuvent continuer à menacer les navires et les infrastructures sans nécessairement affronter directement une coalition militaire supérieure en moyens.

Le conflit reste ainsi marqué par un rapport de force complexe. Pour les spécialistes cités dans le texte source, une solution militaire paraît difficile à atteindre et une issue diplomatique pourrait contraindre Riyad à accepter durablement le contrôle houthi sur une partie du territoire yéménite.

L’Arabie saoudite se retrouve donc face à un dilemme : intensifier son intervention au risque de provoquer de nouvelles représailles, ou privilégier des négociations dont l’issue pourrait lui être défavorable.

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