Entrepreneuriat féminin au Burkina Faso : Une campagne pour briser les barrières sociales et économiques

Face aux obstacles qui freinent encore l’entrepreneuriat féminin au Burkina Faso, une campagne nationale de communication entend sensibiliser les femmes et les filles, tout en mobilisant les leaders coutumiers et religieux pour favoriser leur autonomisation économique. Le lancement officiel de cette campagne, dénommée « Pagb Yidgr-Sooré » ou « Entreprendre au féminin », est intervenu, ce samedi 10 octobre 2026, à Koudougou, chef-lieu la région du Nando.
La campagne se déroulera dans trois régions du Burkina Faso, à savoir le Nando, les Koulsé et le Yaadga. Elle va se tenir du 10 au 29 octobre 2026. Elle ambitionne de mobiliser plus de 3 000 femmes dans dix communes des trois régions concernées. L’objectif est de contribuer à créer un environnement favorable à l’autonomisation économique des femmes et des filles.
Selon le représentant des partenaires techniques et financiers et coordonnateur du projet, Michel Ouaba, les femmes jouent un rôle essentiel dans l’économie burkinabè. «En ville comme en milieu rural, elles sont actives dans l’agriculture, l’élevage, l’artisanat et le commerce. Elles contribuent à la sécurité économique des ménages et renforcent la résilience de nos communautés.
Pourtant, elles demeurent moins nombreuses à créer des entreprises formelles. Selon les données du Centre de formalités des entreprises, sur les 22 829 entreprises créées au niveau national en 2024, 4 742 l’ont été par des femmes, soit environ seulement 20,8 %», a-t-il rapporté.

Pour Michel Ouaba, cet écart ne traduit ni un manque d’initiatives ni une insuffisance de compétences chez les femmes. «Il s’explique notamment par des difficultés d’accès au financement et au foncier, par certaines normes sociales, ainsi que par les conséquences de la crise sécuritaire, qui fragilise les activités économiques», a-t-il relevé.
Face à ces défis, il a souligné que cette campagne constitue une occasion importante de promouvoir un environnement plus favorable à l’entrepreneuriat féminin. S’adressant aux femmes, il a indiqué que leur engagement s’inscrit dans la dynamique de la Révolution progressiste et populaire, qui encourage le développement endogène.
«L’État, avec l’appui de ses partenaires, entend renforcer vos capacités d’entreprendre, de valoriser vos compétences et afin de faciliter votre pleine participation à la construction d’un Burkina Faso résilient et prospère», a-t-il déclaré.

Au-delà des femmes et des jeunes filles, la campagne entend également mobiliser les leaders coutumiers et religieux afin d’obtenir leur adhésion à la promotion de l’entrepreneuriat féminin. L’objectif est notamment de contribuer à lever les barrières sociales qui limitent les initiatives économiques des femmes.

«Cette campagne va avoir comme principale cible: les femmes mais également les leaders coutumiers et religieux. Vous savez très bien qu’il y a effectivement des barrière qui font que la femme ne peut pas avoir la liberté d’entreprendre.
L’une des actions c’est vraiment de procéder à la sensibilisation et des plaidoyers auprès des leaders coutumiers et religieux», a expliqué Belèm Salam, chef du projet SWEDD+ (Autonomisation des femmes et dividende démographique en Afrique subsaharienne).
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Il a rappelé que le projet SWEDD+ a une vocation régionale et regroupe sept pays : le Bénin, le Togo, le Sénégal, le Tchad, le Burkina Faso, la Gambie et la Mauritanie. Il a également précisé que le projet est financé par la Banque mondiale.
Le secrétaire général de la région du Nando, Lucien Guengueré, a signalé que le choix des régions du Nando, des Koulsé et du Yaadga se justifie par la persistance des obstacles à l’entrepreneuriat féminin.
«L’intervention vise à contribuer à lever les barrières afin de permettre aux femmes de déployer pleinement leur potentiel et de participer au développement d’un Burkina Faso souverain et prospère», a-t-il affirmé.

Il a par ailleurs précisé que la campagne de communication Pagb Yidgr-Sooré s’inscrit dans la composante 1 du projet SWEDD+, qui vise à concevoir et à mettre en œuvre des interventions transformatrices favorisant l’autonomie sociale et économique des filles et des femmes.
Pour cette première journée, plus de 500 femmes et jeunes filles ont bénéficié de formations sur l’entrepreneuriat féminin et les sources potentielles de financement. Ces sessions visent à renforcer leurs connaissances et à leur donner des outils pour développer leurs initiatives économiques.
W.S
Burkina 24




