A Dakar, la Confédération AES veut poser les bases de nouveaux rapports avec la CEDEAO, dans le respect de leur choix confédéral
Les ministres des Affaires étrangères de la Confédération des États du Sahel (AES) se sont réunis, ce vendredi 16 octobre 2026, à Ouagadougou, dans le cadre d’une séance de travail préparatoire aux discussions avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). À cette occasion, les chefs de la diplomatie du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont précisé les orientations qui guideront la position commune de la Confédération lors des échanges prévus à Dakar, au Sénégal.
À Dakar, l’AES et la CEDEAO devront engager des discussions en vue de définir de nouveaux cadres de coopération, en tenant compte de leur statut d’entités distinctes. En prélude à ces échanges, les ministres des Affaires étrangères des trois pays ont tenu une réunion à Ouagadougou afin d’harmoniser leurs positions et de consolider une approche commune.
L’objectif est de constituer « une seule délégation portée par une même vision et organisée autour d’un seul discours, celui de la Confédération des États du Sahel », a expliqué Karamoko Jean Marie Traoré, ministre burkinabè des Affaires étrangères.

Cette rencontre ministérielle fait suite à deux jours de travaux entre les experts des trois pays, qui ont permis d’élaborer un projet d’accord-cadre. La réunion des chefs de la diplomatie doit notamment permettre d’examiner et d’amender ce document avant les discussions avec la CEDEAO.
Selon Karamoko Jean Marie Traoré, il s’agit de parvenir à une position commune sur l’approche confédérale, dont la réflexion a été engagée à Niamey, puis poursuivie à Bamako. L’ambition est de définir de nouveaux arrangements institutionnels et juridiques entre l’AES et la CEDEAO, avec pour priorité l’intérêt supérieur des populations de la Confédération.
Lire aussi 👉🏿 AES-CEDEAO : Ouagadougou prépare la stratégie du dialogue pour les grands enjeux régionaux
Le ministre burkinabè a également tenu à démentir les rumeurs faisant état d’une volonté des pays de l’AES de réintégrer la CEDEAO. « Il n’en est rien. Au contraire, la page que nous sommes en train d’ouvrir est celle de la formalisation de nouveaux rapports en tenant compte de ces deux entités distinctes, la Confédération des États du Sahel et la CEDEAO. Confédération AES-CEDEAO constituent désormais deux entités qui vont composer le bloc ouest-africain », a-t-il déclaré.
« Nous partons à Dakar sereins »
Abdoulaye Diop, ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, a indiqué que la délégation malienne partageait pleinement la position exprimée par son homologue burkinabè.

Il a souligné que les discussions avec la CEDEAO devraient se dérouler dans un esprit d’ouverture, de responsabilité et de construction. Pour lui, les échanges doivent désormais se tenir d’entité à entité, dans le respect des réalités géographiques et des choix opérés par les dirigeants et les populations des pays de l’AES.
« Aujourd’hui, ces discussions avec la CEDEAO doivent plus que jamais s’inscrire dans le cadre d’une discussion d’entité à entité (…) afin d’arriver à un arrangement qui prenne non seulement en compte les réalités géographiques, mais le respect du choix de nos chefs d’État et de nos populations », a-t-il affirmé.

S’inscrivant dans la même dynamique que ses prédécesseurs, Bakary Yaou Sangaré, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’extérieur, a indiqué que cette rencontre à venir marque une étape essentielle et décisif et est une occasion pour eux de renouveler et de témoigner devant l’opinion internationale leur attachement à demeurer au sein de la Confédération AES et leur attachement au noble combat que mène les trois présidents dans la lutte pour la libération de l’espace commun. « Nous partons à Dakar sereins, convaincus que la Confédération n’est bâtie contre personne, mais plutôt pour défendre les intérêts de nos populations », a-t-il assuré.
Pour sa part, Karamoko Jean Marie Traoré a énuméré plusieurs principes devant orienter la participation de la Confédération aux discussions avec la CEDEAO. Il s’agit notamment de l’unicité de la délégation, de la capacité des Africains à résoudre eux-mêmes leurs différends, de la primauté des intérêts des populations de la Confédération, ainsi que des principes d’inclusion, de participation et de souveraineté. À travers cette préparation, les trois pays entendent défendre une position commune à Dakar et poser les bases de nouveaux rapports avec la CEDEAO, dans le respect de leur choix confédéral.
Tambi Serge Pacôme ZONGO
Burkina 24




