Canada : Ottawa suspend l’achat de 16 hélicoptères militaires américains

Le gouvernement canadien a suspendu le processus d’acquisition de 16 hélicoptères Black Hawk fabriqués aux États-Unis, destinés aux forces d’opérations spéciales. Selon Radio-Canada et CBC, cette décision s’inscrit dans un contexte de tensions commerciales et diplomatiques entre Ottawa et l’administration du président Donald Trump.

Les appareils sont produits par Sikorsky, une filiale de Lockheed Martin, également constructeur des chasseurs F-35 dont l’achat par le Canada fait l’objet d’un réexamen.

La suspension, décidée durant l’été selon des sources citées par les médias canadiens, vise notamment à réévaluer les acquisitions militaires à l’étranger et à réduire la dépendance du pays envers les fournisseurs américains. La hausse des coûts, liée notamment à l’inflation, à la valeur du dollar canadien et au prix des pièces de rechange, aurait également pesé dans la décision.

Les Black Hawk devaient remplacer les hélicoptères CH-146 Griffon, utilisés depuis les années 1990. Ces nouveaux appareils étaient considérés comme une solution moderne pour les opérations spéciales, notamment dans les vastes territoires canadiens et en Arctique.

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Le gouvernement affirme désormais vouloir privilégier le développement de l’industrie nationale de défense et les partenariats avec des entreprises étrangères implantées au Canada, avant d’envisager des achats directs à l’étranger.

Cette réorientation pourrait aussi concerner d’autres contrats militaires américains, notamment des projets liés aux services infonuagiques, aux systèmes d’entraînement et aux roquettes d’artillerie HIMARS.

Le Canada réexamine par ailleurs son programme d’acquisition de 88 avions de chasse F-35. Le Premier ministre Mark Carney a confirmé étudier la possibilité d’acheter des Gripen du constructeur suédois Saab, une option qui pourrait entraîner une réduction de la commande américaine.

Pour l’analyste en défense Justin Massie, cette diversification sera difficile, faute d’investissements suffisants dans les capacités industrielles nationales et de partenariats durables avec des fournisseurs non américains.

Au-delà du dossier des Black Hawk, Ottawa cherche ainsi à rééquilibrer ses approvisionnements militaires dans un contexte de relations tendues avec Washington, tout en préservant les capacités opérationnelles de ses forces armées.

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