Industrie au Burkina : Le chiffre d’affaires bondit de 34,4 %, porté par les mines

L’industrie burkinabè a terminé l’année 2025 sur une forte progression. Selon les dernières données de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD), l’indice du chiffre d’affaires dans l’industrie a augmenté de 34,4 % au quatrième trimestre 2025, passant de 173,4 points au troisième trimestre à 233 points. Mais derrière cette performance globale, se cachent des évolutions très contrastées selon les secteurs.
Le principal moteur de ce rebond est sans conteste l’industrie extractive. Son indice du chiffre d’affaires a progressé de 60,3 % entre le troisième et le quatrième trimestre 2025. Cette hausse est principalement liée à l’extraction de minerais métalliques, dont l’indice a augmenté de 61,5 %. Sur un an, les industries extractives affichent également une progression de 38,6 %.
Cette dynamique contraste toutefois avec celle de l’industrie manufacturière. Après plusieurs trimestres difficiles, son chiffre d’affaires a progressé de 7,8 % entre le troisième et le quatrième trimestre. Certaines branches ont enregistré des bonds particulièrement importants. C’est le cas de l’industrie métallique, en hausse de 75,1 %, de l’industrie du cuir et de la chaussure (+53,4 %) et du textile et de l’habillement (+19,9 %).
Mais cette amélioration trimestrielle ne suffit pas à effacer les difficultés accumulées sur une année. Comparativement au quatrième trimestre 2024, l’indice du chiffre d’affaires des industries manufacturières affiche encore une baisse de 28,6 %. Le recul est particulièrement marqué dans les industries agroalimentaires, avec -36,9 %.
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Le cas de l’agroalimentaire mérite d’ailleurs une attention particulière. Sur le trimestre, son indice progresse légèrement de 1,4 %, notamment grâce à la fabrication de boissons (+9,7 %) et aux produits à base de tabac (+88,8 %). Dans le même temps, la fabrication de produits alimentaires recule de 15,7 %. Sur un an, l’ensemble de l’agroalimentaire reste en baisse de 36,9 %.
Autre évolution spectaculaire : celle de l’industrie du papier, du carton et de l’imprimerie. Son indice du chiffre d’affaires a augmenté de 20,1 % sur le trimestre et de 114,4 % sur un an. La branche « imprimerie et reproduction d’enregistrements » affiche à elle seule une progression annuelle de 81,3 %.
L’électricité, le gaz et l’eau enregistrent également une progression. Leur indice augmente de 14,7 % sur le trimestre et de 14,6 % sur un an. La production et distribution d’électricité et de gaz progresse notamment de 17,4 % sur le trimestre.
Ces données dessinent donc une industrie à deux visages : une activité globale en nette reprise en fin d’année, mais une industrie manufacturière encore en retrait sur un an. Le bond de 34,4 % de l’indice global doit ainsi être lu avec prudence : il traduit une accélération de l’activité au dernier trimestre, sans signifier que toutes les branches industrielles ont retrouvé leur niveau de fin 2024.
Pour l’INSD, cet indice constitue un outil de suivi de la conjoncture industrielle. La publication, produite chaque trimestre, bénéficie d’un taux de couverture de 85,6 %, ce qui permet de suivre une large partie de l’activité industrielle formelle observée par l’institut.
En résumé, les chiffres de fin 2025 montrent un secteur industriel qui accélère, mais dont la reprise reste très inégale. Les mines portent largement la dynamique, tandis que plusieurs segments manufacturiers doivent encore combler le retard enregistré sur l’année.
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Salifou OUEDRAOGO
Pour Burkina 24




