Le Faso Digital : 201 solutions numériques à la vitrine de l’innovation burkinabè

Le numérique burkinabè se met en vitrine. La deuxième édition de « Le Faso Digital » a été officiellement lancée le samedi 17 octobre 2026 à Ouagadougou, autour du thème « Inclusion, souveraineté et innovation vers un Burkina digital pour tous ». Avec 201 solutions numériques retenues, cette foire virtuelle entend valoriser le savoir-faire local, rapprocher les innovateurs de leurs publics et contribuer au développement de l’économie numérique.
Mettre en lumière les innovations locales et rapprocher leurs concepteurs des utilisateurs potentiels. C’est tout l’enjeu de “Le Faso Digital ”portée par le média en ligne Lefaso.net, du 17 au 24 octobre 2026.
Pour cette deuxième édition, 201 solutions numériques sont mises à l’honneur à travers une plateforme virtuelle qui permet aux entreprises, aux institutions et aux porteurs de projets de présenter leurs produits et services.

Pour Dr Cyriaque Paré, président du comité d’organisation, l’initiative part d’un constat : des solutions existent au Burkina Faso, mais elles restent parfois peu connues, faute d’espaces pour les présenter.
« Il existe des jeunes burkinabè qui peuvent proposer des solutions, mais ces solutions ne sont pas suffisamment connues. Les porteurs n’ont pas de vitrine pour les exposer », a-t-il expliqué.
C’est précisément à ce besoin que Lefaso.net entend répondre. En tant que média d’information, l’organe de presse a choisi de mettre son expertise au service de la promotion des innovations numériques, en créant un espace d’exposition accessible à distance.
« En tant que média qui vise à informer, à mettre en lumière, nous avons pensé que nous pouvons être utiles en proposant un espace virtuel où les porteurs de solutions peuvent venir montrer ce qu’ils savent faire, ce qu’ils proposent comme solutions dans les différents secteurs du développement », a précisé le PCO.
La foire se distingue ainsi par son format entièrement numérique. Du 17 au 24 octobre, les visiteurs peuvent découvrir les expositions en ligne, depuis un téléphone ou un ordinateur, après inscription sur la plateforme à l’aide de leur adresse électronique.
Deux catégories de stands sont proposées : les stands interactifs et les stands premium. Pour les exposants, cette formule constitue une occasion de présenter leurs innovations au-delà des limites géographiques et de toucher de nouveaux publics.

Mais Le Faso Digital ne se résume pas à une succession de stands virtuels. Les organisateurs veulent également ouvrir un espace de réflexion sur les enjeux et les perspectives du numérique.
Des conférences, des panels et des masterclass sont prévus tout au long de la semaine, avec la participation d’experts burkinabè établis dans différentes régions du monde.
« Il y a la réflexion sur les questions de développement du numérique. Cette réflexion se mène à travers des conférences, des panels et des masterclass où ils vont permettre de réfléchir aux problématiques du numérique, du développement du numérique », a souligné Dr Cyriaque Paré.
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Cette deuxième édition accorde une attention particulière à l’inclusion. Pour le président du comité d’organisation, l’innovation ne peut véritablement profiter à tous si une partie de la population reste éloignée des outils numériques. « L’innovation, c’est déjà la question de l’inclusion : prendre en compte tous les Burkinabè dans le développement du numérique », a-t-il insisté.
La question de l’accessibilité se pose notamment pour les personnes en situation de handicap. Les personnes malvoyantes ou non-voyantes, entre autres, doivent pouvoir bénéficier des avancées technologiques et accéder aux services numériques dans des conditions adaptées à leurs besoins.
Une préoccupation que partage le parrain de cette édition, Issifou Sorgo, président de SOBATIC SAS. Pour lui, le numérique représente un moyen essentiel de participation et d’autonomie pour les personnes en situation de handicap visuel. « Le digital est pour la personne handicapée visuelle l’outil qui lui manquait pour collaborer efficacement avec le reste du monde », a-t-il affirmé.

Son plaidoyer va au-delà du handicap visuel. Il englobe également les personnes sourdes, celles qui vivent dans des zones reculées et celles qui ne disposent pas d’une connexion Internet de qualité. Autant de publics pour lesquels l’accès au numérique demeure un défi.
Du côté des institutions, l’initiative reçoit également un accueil favorable. Le président du Conseil supérieur de la communication (CSC), Wendingoudi Louis Modeste Ouédraogo, salue une plateforme qui favorise la découverte des innovations locales et leur promotion auprès du public.

« C’est une très belle initiative d’organiser une foire virtuelle sur le digital. Cette foire permet aux exposants de présenter leurs créations, mais également aux participants virtuels de découvrir toutes les innovations que les entreprises ont mises à la disposition du public », a-t-il souligné.
Le président du CSC met également en avant le rôle croissant du numérique dans la transformation de l’administration publique et le développement des entreprises privées. À ses yeux, ce secteur constitue un moteur de productivité, d’innovation et de création d’emplois.
En marge du lancement, la créativité numérique a également été mise à l’honneur à travers un concours consacré à la musique et à la production audiovisuelle par intelligence artificielle. Cédric Atchedji a remporté le prix du meilleur clip vidéo réalisé par IA. Il a reçu un trophée ainsi qu’un chèque de 100 000 FCFA, illustrant les nouvelles possibilités offertes par ces technologies dans le domaine de la création.
Autre particularité de cette édition : le Rwanda est le pays invité d’honneur. Sa participation vise à favoriser le partage d’expériences et à renforcer les échanges entre les écosystèmes numériques africains.
Jusqu’au 24 octobre, Le Faso Digital entend donc conjuguer exposition, réflexion et partage d’expériences pour faire connaître les innovations burkinabè et encourager leur appropriation par le public.
Aurelle KIENDREBEOGO
Burkina 24




