Burkina Faso : Souleymane Boly soutient une thèse sur Ahmadiyya et sa quête de reconnaissance

Le mouvement Ahmadiyya au Burkina Faso est au cœur d’une étude doctorale soutenue par Souleymane Boly à l’université Joseph Ki-Zerbo, le jeudi 22 octobre 2026, à Ouagadougou. Intitulée « Le mouvement Ahmadiyya au Burkina Faso : dynamique interne d’une organisation religieuse transnationale (1950-2019) », la recherche retrace l’histoire de cette communauté musulmane, son évolution et les difficultés rencontrées dans sa quête de reconnaissance.

Le mouvement Ahmadiyya, né à la fin du XIXe siècle, s’est progressivement implanté en Afrique de l’Ouest, notamment au Nigeria et au Ghana, avant d’arriver sur le territoire de l’actuel Burkina Faso dans les années 1950. Depuis lors, cette organisation religieuse transnationale s’est progressivement ancrée dans le paysage musulman burkinabè, malgré les controverses et les débats autour de son appartenance à l’islam.

Souleymane Boly, nouveau docteur en Histoire Africaine

C’est cette situation qui a motivé le choix du sujet par Souleymane Boly. Selon le doctorant, le mouvement fait l’objet de discriminations et ses enseignements sont parfois contestés, certains acteurs religieux refusant de le considérer comme une composante de l’islam, alors que la communauté se réclame de cette religion.

Lire également 👉La communauté islamique Ahmadiyya du Burkina Faso célèbre la Tabaski 2026

« L’idée de traiter du mouvement Ahmadiyya est venue principalement à la suite d’un constat au niveau du cadre du fait religieux, où on constate qu’ils sont discriminés sur la place publique, leurs enseignements sont remis en cause, et puis, généralement, on entend des gens dire qu’ils ne sont pas musulmans.

Pourtant, l’Ahmadiyya se revendique de l’islam comme faisant partie intégrante de l’islam. Donc, ce paradoxe-là nous a motivés à chercher à comprendre et à faire la lumière sur ce que ce mouvement-là représente doctrinalement et son histoire : quelle est son histoire au Burkina Faso », a expliqué Souleymane Boly.

Une contribution à l’histoire des mouvements religieux

Présentée dans un document de 499 pages, la thèse a été évaluée par un jury international composé de cinq membres. Les travaux ont été jugés satisfaisants et sanctionnés par la mention « très honorable ».

Pour le président du jury, le professeur Martin Savadogo, de l’université Félix-Houphouët-Boigny d’Abidjan, la recherche apporte un éclairage scientifique sur une communauté qui suscite de nombreuses controverses.

Professeur Martin Savadogo, président du jury

« Le candidat a travaillé sur la Jama’at Ahmadiyya, qui est un mouvement, une communauté qui est beaucoup controversée, à la fois par les musulmans, mais par les autres aussi. Et le mérite, c’est qu’il nous a produit un travail qui prend en compte l’ensemble des questions qu’on se pose sur ce mouvement. Cela a une valeur historique incontestable, mais qui vient surtout enrichir l’historiographie des mouvements religieux au Burkina Faso. Ça, c’est indéniable », a-t-il souligné.

Une présence qui s’affirme au Burkina Faso

Bien que minoritaire et confronté à des formes de marginalisation depuis la période coloniale, le mouvement Ahmadiyya a progressivement gagné en visibilité en Afrique de l’Ouest et au Burkina Faso. Son implantation repose notamment sur le développement de ses communautés locales et ses relations avec les autorités burkinabè.

La communauté mène également des initiatives socio-économiques, notamment dans les domaines de l’éducation et de la santé, à travers la construction d’écoles et de centres de santé. Des actions qui, selon Souleymane Boly, participent à sa présence dans la société burkinabè.

Professeur certifié d’histoire-géographie dans les lycées et collèges, Souleymane Boly consacre ainsi sa recherche à un pan de l’histoire religieuse du Burkina Faso, en documentant le parcours d’un mouvement dont l’identité et la place dans le paysage musulman continuent de susciter des débats.

Rédaction B24

L'actualité du Burkina 24h/24.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page