Chronique : Les moustiques, ces locataires qu’on entretient gratuitement

Ah, les Samos de Tougan , dites-nous un peu : est-ce qu’on vous a promis une récompense pour l’élevage des moustiques ? Parce que, franchement, à voir certaines concessions, on dirait que vous avez décidé de faire de ces insectes des membres à part entière de vos familles hein !

On leur aménage des espaces, on leur réserve de petites mares d’eau, on laisse traîner des boîtes de conserve, des pneus usagés et toutes sortes de récipients.

Ils ont même droit à des maternités gratuites dans nos cours ; il ne leur manque plus que les actes de naissance.

Mais trêve de plaisanterie !

Pendant que nous leur offrons gîte et couvert, eux nous offrent la dengue et le paludisme. Et là, le sourire disparaît !

Au Burkina Faso, ces deux maladies continuent de faire des ravages. La dengue, à elle seule, affichait, au cours des 39 premières semaines de l’année 2026, 25 780 cas suspects, 7 226 cas probables et 17 décès. Derrière ces chiffres, il y a des familles éprouvées, des malades hospitalisés et des vies perdues.

Pendant ce temps, dans nos concessions, le moustique tigre et sa cousine l’Anophèle continuent leurs petites affaires. L’un transmet la dengue, l’autre le paludisme. Ils circulent presque tranquillement, comme deux personnes qui n’ont absolument aucun problème, alors que c’est notre santé qui est en jeu.

Et le plus désolant, c’est que nous leur facilitons la tâche. Nous nous plaignons des moustiques, mais nous oublions parfois que nous sommes les premiers à leur offrir un environnement favorable à leur reproduction.

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Une boîte de conserve abandonnée, une eau stagnante, un vieux pneu, un récipient mal couvert. Pour nous, ce sont des objets sans importance. Pour les moustiques, ce sont de véritables maternités.

Alors, chers parents, amis et connaissances, il est temps de mettre fin à cette cohabitation dangereuse. Nous n’avons pas besoin d’attendre que les hôpitaux débordent pour comprendre l’urgence de la situation.

Vidons les eaux stagnantes, couvrons les récipients de stockage d’eau, débarrassons-nous des objets inutilisés qui retiennent l’eau et entretenons régulièrement nos concessions. Détruisons les gîtes larvaires avant que les moustiques ne prennent encore plus leurs aises.

La nuit, dormons sous des moustiquaires imprégnées. Portons des vêtements amples et couvrants pour limiter les piqûres. Et surtout, évitons l’automédication. Une fièvre ou des symptômes inhabituels ne doivent jamais être pris à la légère. Rendons-nous dans un centre de santé pour un diagnostic et une prise en charge appropriés.

En définitive, il faut comprendre une chose : les moustiques ne sont pas nos parents à plaisanterie. Ils ne nous feront aucun cadeau.

Alors, Samo de Tougan, et tous les autres Burkinabè, on vous aime bien, mais les moustiques, eux, on préfère les voir dehors  et surtout ne plus leur offrir de maternité à domicile.

Parce qu’un moustique de moins dans nos concessions, c’est un risque de moins pour nos familles. La prévention commence chez nous .

Aurelle KIENDREBEOGO 

Burkina 24

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