USA : Plus de 25 000 expulsions vers des pays tiers sous le Président Trump
Une enquête publiée le lundi 21 septembre 2026 révèle que les Etats-Unis ont transféré au moins 25 447 personnes vers 28 pays tiers au 31 août 2026. Le consortium journalistique international Forbidden Stories a conduit cette enquête avec 72 journalistes de 23 médias dans 15 pays et a rappelé que la plupart de ces expulsions, environ 20 000, ont eu lieu vers le Mexique.
Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, en janvier 2025, Washington a conclu des accords avec des pays d’Amérique latine, d’Afrique et du Pacifique afin d’y envoyer des personnes qui ne peuvent, pour diverses raisons, être renvoyées directement dans leur pays d’origine.
Selon l’enquête de Forbidden Stories, des accords ont été signés avec 35 Etats avec des conditions différentes et tiennent compte des nationalités concernées et l’admission de personnes ayant des antécédents judiciaires. 49 des 54 pays africains auraient été approchés par Washington pour accueillir des ressortissants de pays tiers, affirme Forbidden Stories.
La plupart de ces négociations aurait été conduit par l’Office of Remigration, un service du département d’Etat créé en mai 2025 et chargé également des paiements liés à ces accords.
L’enquête documente notamment le cas du Cameroun, qui a signé en décembre un protocole avec les Etats-Unis sur l’accueil de personnes expulsées. Un premier avion transportant des expulsés est arrivé dans le pays le 14 janvier. Quelques semaines plus tôt, Washington avait conclu avec Yaoundé un programme d’aide sanitaire de près de 400 millions de dollars sur cinq ans.
D’autres accords prévoient des versements directs. Les Palaos, archipel du Pacifique de moins de 18 000 habitants, ont accepté en décembre 2025 d’accueillir jusqu’à 75 ressortissants de pays tiers en échange de 7,5 millions de dollars.
Trois personnes seulement y ont jusqu’ici été transférées. En Eswatini, 32 personnes sont arrivées depuis juillet 2025, sur un contingent potentiel de 160, dans le cadre d’un accord de plus de 5 millions de dollars. Des personnes ayant un passé criminel y ont notamment été admises, selon l’enquête.
Au total, 410 millions de dollars auraient été provisionnés pour ces dispositifs. Les documents internes consultés par Forbidden Stories attribuent 81 millions de dollars aux gouvernements signataires, tandis que le reste doit être versé à des organisations internationales : plus de 178 millions à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et 123 millions au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
L’implication de ces deux agences onusiennes suscite des critiques. Le HCR affirme ne pas être partie aux accords bilatéraux et assure utiliser les fonds américains conformément à son mandat, notamment pour renforcer les systèmes d’asile.
L’OIM indique pour sa part accepter ces financements lorsqu’ils permettent, selon elle, d’améliorer la situation des migrants concernés, tout en précisant que leur attribution ne constitue pas une approbation des expulsions américaines.
La politique d’expulsion du Président Donald Trump est la cible de plusieurs critiques. Selon des juristes, les personnes transférées dans des pays avec lesquels elles n’ont aucun lien risquaient de se retrouver dans un « trou noir juridique », privées de garanties et de recours effectifs.
Source : Africanews
Kouamé L.-Ph. Arnaud KOUAKOU
Burkina 24




