Burkina Faso : Le FMI appelle à renforcer la mobilisation des recettes face aux pressions budgétaires
Dans un contexte international marqué par l’endettement, les tensions géopolitiques et le recul de l’aide au développement, le Fonds monétaire international (FMI) met l’accent sur la mobilisation des ressources intérieures et la maîtrise des dépenses publiques.
La pression s’accentue sur les finances publiques. C’est l’un des principaux constats du rapport annuel 2026 du FMI, consacré à un monde confronté à des chocs de plus en plus fréquents.
Selon l’institution, la dette publique mondiale repart à la hausse après son recul temporaire enregistré après la pandémie. La hausse des coûts de financement, les dépenses liées à la sécurité et les perturbations commerciales réduisent davantage les marges de manœuvre budgétaires des États.
Pour les pays à faible revenu, la situation est d’autant plus délicate que la contraction de l’aide au développement intervient au moment où les besoins de financement restent importants. Le FMI estime ainsi que l’augmentation de l’endettement dans les économies avancées peut limiter les ressources disponibles pour d’autres emprunteurs souverains.
Face à cette situation, l’institution préconise une hiérarchisation stricte des priorités budgétaires. Elle encourage les États à mobiliser davantage leurs recettes afin de dégager des marges pour financer les investissements structurants, notamment dans les infrastructures numériques, l’éducation et les dispositifs de protection sociale.
Lire également 👉Burkina Faso : Le FMI salue des avancées économiques majeures sous le leadership du Président Ibrahim Traoré
Cette recommandation présente un intérêt particulier pour le Burkina Faso , et plus largement, pour les économies ouest-africaines confrontées à la nécessité de financer leur développement dans un environnement extérieur incertain. Le renforcement des recettes intérieures peut contribuer à réduire la dépendance aux financements extérieurs et à accroître la capacité des États à répondre aux crises.
Le FMI souligne d’ailleurs que, dans les pays à faible revenu, son expertise en matière de mobilisation des recettes a contribué à compenser la baisse de l’aide au développement. L’institution insiste également sur l’importance d’une meilleure efficacité de la dépense publique, à travers notamment l’analyse coûts-avantages des investissements et la budgétisation pluriannuelle.
Au-delà des finances publiques, le rapport met en avant le développement des capacités institutionnelles. Au cours de l’exercice 2026, le FMI a consacré 400 millions de dollars à l’assistance technique et à la formation de ses pays membres, notamment dans les finances publiques, les statistiques, les systèmes financiers et les politiques économiques. L’Afrique subsaharienne représente 36 % de ces activités de développement des capacités.
Pour le Burkina Faso comme pour ses voisins ouest-africains, le message du FMI est donc clair : dans un environnement où les financements extérieurs deviennent plus difficile à mobiliser, la résilience passera aussi par la capacité à mobiliser les ressources nationales, et à mieux orienter les dépenses.
Salifou OUEDRAOGO
Pour Burkina 24




