ONG au Burkina Faso : Aboubakar Nacanabo révèle des pressions autour de la réforme des comptes

Le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, a dénoncé des tentatives de pression exercées par certains partenaires au sujet de la réforme imposant aux organisations non gouvernementales (ONG) de loger leurs comptes à la Banque des dépôts du Trésor (BDT). Il s’exprimait lors du dialogue avec le peuple, organisé dans le cadre de l’exposition gouvernementale ce mercredi 07 Octobre 2026.
Sur cette réforme, le ministre affirme que certaines ONG et leurs partenaires ont exprimé de fortes appréhensions. « Certains ont voulu même nous faire des chantages », a-t-il déclaré, estimant que ces pressions ne pouvaient pas remettre en cause la décision du gouvernement.
Le ministre Aboubakar Nacanabo a expliqué que les autorités ont notamment été saisies d’inquiétudes concernant les conséquences de la mesure sur les activités des ONG. Certains partenaires auraient même utilisé le Groupe d’action financière (GAFI) pour tenter de faire pression sur le gouvernement.
Pour le ministre, cet argument a été difficilement recevable. Il a estimé au contraire que le dispositif mis en place par le Burkina Faso devrait être apprécié par les acteurs engagés dans la lutte contre le blanchiment de capitaux, puisqu’il vise notamment à renforcer la traçabilité des flux financiers.
« Nous, on met un dispositif qui permet de tracer les capitaux », a-t-il soutenu. Face à ces pressions, le ministre a indiqué que la position du gouvernement a été ferme à savoir « On ne fait pas de chantage aux Burkinabè d’aujourd’hui».

Les autorités ont toutefois assuré aux ONG que la réforme ne devait pas constituer un obstacle à leurs opérations. Des échanges ont ainsi été organisés avec leurs représentants afin de recueillir leurs préoccupations et de clarifier les modalités d’application de la mesure.
Selon Aboubakar Nacanabo, des instructions fermes ont été données pour que les opérations des ONG soient traitées correctement au niveau de la BDT. « Je ne veux pas que les ONG disent que le fait qu’on leur a envoyé à la Banque des dépôts du Trésor a compliqué leur vie », a-t-il indiqué.
La dette intérieure au cœur des préoccupations
Le ministre s’est également prononcé sur la question de la dette intérieure, en appelant à distinguer les différentes composantes de l’endettement de l’État. Il a notamment évoqué les emprunts contractés sur le marché financier régional et auprès des banques, ainsi que les dettes envers les fournisseurs.
Il reconnaît qu’en 2023 et 2024, le paiement de certaines factures a connu d’importants retards, dans un contexte marqué par la mobilisation massive des ressources publiques pour la sécurisation du territoire.
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Mais selon le ministre de l’économie, la situation s’est toutefois nettement améliorée depuis 2025. Les ordres de paiement arrivés au Trésor sont désormais réglés rapidement, certains le jour même, d’autres dans un délai d’une semaine ou d’un mois. Le ministre a salué la résilience des entrepreneurs qui ont continué leurs activités malgré les difficultés de paiement.
Salifou OUEDRAOGO
Pour Burkina 24




