Communication de guerre : A Ouagadougou, Wilfried Ekanga appelle la jeunesse africaine à bâtir sa propre « muraille communicationnelle »

L’analyste et écrivain camerounais, Claude Wilfried Ekanga, a animé, le vendredi 9 octobre 2026 à Ouagadougou, une conférence publique organisée par le mouvement « 2 Heures pour Kamita ». Au cœur des échanges la guerre informationnelle, la souveraineté communicationnelle et la capacité des Africains à produire leurs propres récits face aux discours extérieurs.
Après sa participation aux Universités africaines de la communication, Claude Wilfried Ekanga a poursuivi son plaidoyer pour une Afrique capable de raconter elle-même son histoire.
Lors de la conférence placée sous le thème « Communication en période révolutionnaire face aux velléités de déstabilisation : posture et manière », il a appelé la jeunesse africaine à renforcer ses capacités d’analyse et de communication.

Pour le Camerounais, la communication occupe une place stratégique dans les conflits contemporains. « Quand on dit qu’on est en guerre, ce n’est pas une blague. La guerre, ce n’est pas du jeu », a-t-il déclaré, établissant un parallèle entre les stratégies militaires et la maîtrise de l’information.
Il a estimé que la capacité à élaborer un discours cohérent et à défendre ses positions constitue un enjeu majeur pour les États, notamment ceux de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Une « muraille communicationnelle » pour défendre les récits africains
Wilfried Ekanga a plaidé pour la construction d’une véritable « muraille communicationnelle », qu’il a présentée comme un moyen de répondre aux discours qu’il considère hostiles aux États revendiquant leur souveraineté.
À l’écouter, les victoires militaires ne suffisent pas si elles ne s’accompagnent pas d’une capacité à maîtriser le récit des événements. Il a notamment évoqué les guerres du Vietnam et les tensions entre les États-Unis et l’Iran pour illustrer, selon son analyse, les limites de la supériorité militaire lorsqu’elle n’est pas soutenue par une stratégie globale.
« C’est un enjeu vital, c’est un enjeu générationnel et c’est un devoir pour nous de maintenir une communication supérieure à celle de l’impérialisme », a-t-il insisté.
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Le conférencier du jour a salué, dans cette perspective, l’importance accordée à la communication lors des Universités africaines de la communication (UACO) organisées au Burkina Faso.
La conférence s’inscrivait dans la démarche du mouvement « 2 Heures pour Kamita », qui entend favoriser les échanges entre la jeunesse et des personnalités intellectuelles et culturelles africaines. Avant Wilfried Ekanga, le cadre a notamment accueilli, selon ses organisateurs, Théophile Obenga, Lilian Thuram et le rappeur Youssoupha.

Pour son coordonnateur, Lianhoué Imhotep Bayala, l’initiative vise à mettre les jeunes en contact avec des figures susceptibles de nourrir leur réflexion.
« Comme à son habitude, nous créons une tribune pour tous les savants noirs qui peuvent impacter les mentalités africaines. Wilfried Ekanga est pour nous un jeune savant africain qui mérite d’être en contact avec la jeunesse », a-t-il expliqué.
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Il a également interrogé les représentations de la jeunesse africaine et des pays de l’AES dans les débats internationaux, notamment les étiquettes d’« anti-français » ou de « pro-russe ». Pour lui, la diversification des partenariats ne devrait pas être automatiquement interprétée comme un alignement politique.
La souveraineté communicationnelle au cœur du débat
Au terme des échanges, l’autonomie intellectuelle s’est imposée comme l’un des principaux enjeux de la rencontre. L’idée défendue est que les Africains doivent pouvoir analyser leur histoire, expliquer leurs choix et faire entendre leurs positions sans dépendre exclusivement de récits élaborés à l’extérieur du continent.
Journalistes, intellectuels et citoyens sont ainsi invités à contribuer à une communication africaine capable de conjuguer liberté de parole, esprit critique et connaissance des enjeux du continent.
À travers cette conférence, Wilfried Ekanga et les responsables de « 2 Heures pour Kamita » ont placé la souveraineté communicationnelle au centre d’une réflexion sur la place de l’Afrique dans les rapports de force contemporains.
Bassirou BANDÉ
Burkina 24




