Burkina Faso : Vers une stratégie nationale pour améliorer la gestion des déchets solides

Le Burkina Faso entend renforcer la gestion des déchets solides à travers une nouvelle stratégie nationale couvrant la période 2027-2029. L’atelier de validation du document-cadre de gestion intégrée des déchets solides a été officiellement ouvert ce mercredi 14 octobre 2026 à Ouagadougou, par Yassia Kindo, secrétaire général adjoint, représentant le ministre de l’Agriculture, de l’Eau et des Ressources animales et halieutiques.
La gestion des déchets solides constitue un défi majeur pour les collectivités territoriales au Burkina Faso. Face à cette problématique, le gouvernement entend placer l’État au cœur de la réorganisation du système de gestion des déchets, en collaboration avec les communes.
Si produire des déchets est le propre de l’humain, il est de sa responsabilité d’être maître de son cadre de vie. Yassia Kindo, soutenant cette vérité universelle lors de l’ouverture de l’atelier de validation de la Stratégie nationale de gestion des déchets solides, a aussi fait remarquer que le Burkina Faso tend à devenir une destination privilégiée. Dans ce contexte, selon lui, l’entretien du cadre de vie constitue une responsabilité collective, aussi bien pour les citoyens que pour les populations accueillies.

Cette démarche s’inscrit dans une volonté de réorganiser le système de gestion des déchets autour d’un document-cadre de gestion intégrée, avec l’État et les collectivités territoriales comme principaux acteurs, a-t-il expliqué.
Un document-cadre pour la période 2027-2029
En marge de la cérémonie d’ouverture, le document-cadre de gestion intégrée des déchets solides au Burkina Faso a été présenté aux participants. Prévu pour une durée de trois ans, couvrant la période 2027-2029, ce document est aligné sur l’offensive agrosylvopastorale, hydraulique et halieutique pour la souveraineté alimentaire. Il vise à impulser une nouvelle dynamique à la gestion des déchets dans les communes du pays.

De manière générale, l’objectif est de mettre en place un système opérationnel de gestion intégrée et durable des déchets solides sur l’ensemble du territoire national. Une attention particulière sera accordée à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso, les deux principales villes du pays, où la situation est jugée préoccupante.
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Selon les données de terrain de 2025 présentées lors de l’atelier, le Burkina Faso produit environ 3 à 4 millions de tonnes de déchets solides par an. À elles seules, Ouagadougou et Bobo-Dioulasso en génèrent entre 800 000 et 900 000 tonnes annuellement.
Pour répondre à cet enjeu, la stratégie s’articule autour de quatre axes. Le renforcement de la gouvernance, l’amélioration du dispositif technique et opérationnel, la communication et la mobilisation sociale, ainsi que le renforcement des capacités des acteurs, la recherche appliquée et la gestion des connaissances.
Des investissements prioritaires pour les trois prochaines années
La mise en œuvre du document-cadre prévoit plusieurs investissements destinés à améliorer la précollecte, le transport, le traitement et la valorisation des déchets solides. En matière de précollecte, les investissements annoncés portent notamment sur l’acquisition et l’installation de 7 000 poubelles, la réhabilitation de 50 Centres de collecte et de tri (CCT) à Ouagadougou et de 17 à Bobo-Dioulasso, ainsi que la construction de nouveaux centres. Pour le transport, il est prévu d’acquérir du matériel logistique au profit des communes afin d’améliorer l’acheminement des déchets.
Concernant le traitement et la valorisation, les actions envisagées comprennent la réhabilitation d’ouvrages du Centre de traitement et de valorisation des déchets de Ouagadougou, la construction d’un centre similaire à Bobo-Dioulasso, la réalisation de cinq centres de transfert modernes ainsi que l’acquisition de matériels et d’équipements de traitement et de valorisation.
Le coût global annoncé pour la mise en œuvre du document-cadre s’élève à 45 milliards de FCFA. Sur cette enveloppe, 24,93 milliards de F CFA seraient consacrés aux infrastructures et à l’acquisition de matériel logistique, tandis que 21 milliards de F CFA seraient affectés aux dépenses de fonctionnement, notamment la prise en charge du personnel, le carburant et la maintenance des équipements.
Les principales sources de financement envisagées sont le budget de l’État, les collectivités territoriales, la redevance pour le service public des déchets et la fiscalité environnementale, entre autres.
Un portage politique et un financement durable nécessaires
La mise en œuvre effective de cette stratégie nécessite un engagement politique fort, une clarification des responsabilités des différents acteurs, des investissements structurants et la sécurisation de mécanismes de financement durables.
À cet effet, plusieurs recommandations ont été formulées au cours des travaux. Elles portent notamment sur l’examen et la validation des grandes orientations du document-cadre, la priorisation des investissements structurants et la mise en place d’un mécanisme national de financement et sur la nécessité de mobiliser les ministères concernés, les collectivités territoriales, le secteur privé et les partenaires autour d’un dispositif national de mise en œuvre.
En marge de l’ouverture de l’atelier, une opération d’installation de poubelles a également été menée. Cette initiative s’inscrit parmi les actions prioritaires annoncées dans le cadre de la stratégie nationale de gestion des déchets solides.
Tambi Serge Pacôme ZONGO
Burkina 24




