« Kiidiga, le cri des 333 collines » : La résistance historique du royaume de Boussouma mise en lumière
L’avant-première du film documentaire « Kiidiga, le cri des 333 collines », réalisé par Ismaël Compaoré, s’est tenue le dimanche 18 octobre 2026 au Centre culturel du Faso, à Ouagadougou. L’événement s’est déroulé en présence du Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, de membres du gouvernement et de représentants des autorités coutumières.
Organisée à l’occasion du 130ᵉ anniversaire des batailles d’octobre 1896, cette rencontre a combiné le cinéma et la littérature. En plus de la projection, le public a assisté à la dédicace de l’ouvrage collectif « Burkina Faso : terre des résistances ».

Le documentaire de 70 minutes retrace la résistance du royaume de Boussouma face à la colonne militaire française Voulet-Chanoine en 1896. Son titre associe « Kiidiga », le nom d’un bras du fleuve Nakambé traversant Mané et signifiant « là où il y a eu beaucoup de morts », et les 333 collines qui composent le royaume de Boussouma.

Selon le réalisateur Ismaël Compaoré, le film a bénéficié du soutien des autorités locales et s’appuie sur les travaux scientifiques existants. « En tant que réalisateur, nous avons bien voulu mettre le curseur sur ce sujet qui constitue un pan central de notre histoire en tant que peuple burkinabè », a-t-il expliqué. Il a ajouté souhaiter que le film soit diffusé largement, notamment lors de la prochaine édition du Fespaco.

En parallèle, la dédicace du livre de 219 pages « Burkina Faso : terre des résistances » vient compléter cette initiative. Présentant l’ouvrage au nom des auteurs, le Dr Coulibaly Hervé Landry a indiqué que ce travail permet de retrace les différentes formes d’opposition à la colonisation en s’appuyant sur des archives et des traditions orales.

« L’histoire nationale est construite à travers les expériences de nombreux royaumes, chefferies, communautés et acteurs parfois restés dans l’ombre », a souligné le Dr Coulibaly lors de la présentation.

Pour le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwindé Gilbert Ouédraogo, ces initiatives sont essentielles pour la transmission de la mémoire. « La connaissance de notre passé exige une démarche rigoureuse fondée sur l’exploitation critique des archives, la collecte des traditions orales et l’étude des témoignages », a déclaré le ministre durant la cérémonie.

À la sortie de la projection, le Premier ministre a salué la qualité de l’œuvre et rappelé l’importance de se réapproprier le récit national. « C’est une œuvre cinématographique qui participe aujourd’hui de notre volonté de reconquête de notre histoire véritable », a affirmé Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, tout en précisant que des réformes scolaires et d’autres projets de films sont en cours pour intégrer ces récits dans la mémoire collective.
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Akim KY
Burkina 24




