Burkina Faso : À Ouahigouya, “Pagb Yidgr-Sooré” conjugue santé des femmes et entrepreneuriat
La campagne nationale de communication « Pagb Yidgr-Sooré », ou « Entreprendre au féminin », poursuit son déploiement dans les régions cibles du Burkina Faso. Après son lancement dans la région de Nando, le 10 octobre 2026, la mission a posé ses valises à Ouahigouya, dans le Yaadga, ce lundi 19 octobre 2026. Au programme, plaidoyer en faveur de l’autonomisation des femmes, sensibilisation contre les Violences basées sur le genre (VBG) et le mariage des enfants, prestations gratuites de santé reproductive et visites d’unités de production et de transformation.
Avant le lancement des activités, la délégation a rendu une visite de courtoisie aux autorités coutumières et administratives de la région, notamment au gouverneur du Yaadga, Thomas Yampa.
À cette occasion, ce dernier a souligné les difficultés qui entravent l’épanouissement économique des femmes dans sa circonscription administrative.
Il a notamment évoqué le contexte sécuritaire, qui affecte la scolarisation et le maintien des jeunes filles à l’école en raison des déplacements de populations. Cette situation complique également la prise en charge des questions liées à la santé reproductive et à la santé infantile.

Pour le gouverneur, la campagne nationale de communication « Pagb Yidgr-Sooré » arrive « à point nommé » dans la région. Il a ainsi invité l’ensemble des acteurs concernés à s’impliquer afin que le Yaadga puisse tirer pleinement profit des opportunités offertes par cette initiative.
De son côté, Laurent Samanyouga, directeur régional du ministère de la Famille et de la Solidarité du Yaadga, a rappelé les actions déjà entreprises pour accompagner les femmes.
Il a notamment cité la mise en place d’unités de production, les campagnes de sensibilisation et de lutte contre les violences basées sur le genre, ainsi que l’octroi de matériels de production pour favoriser leur autonomisation.
VBG et mariage des enfants, les acteurs locaux appelés à s’engager
Après les visites de courtoisie, la mission a pris part à un atelier de plaidoyer et de sensibilisation consacré aux violences basées sur le genre et au mariage des enfants.
Présidant la cérémonie d’ouverture, Boureima Ouédraogo, préfet et président de la délégation spéciale de Thiou, représentant le haut-commissaire de la province du Yatenga, a expliqué que cette rencontre vise à renforcer les capacités des Organisations de la société civile (OSC), des leaders coutumiers et religieux ainsi que des services techniques intervenant dans ces domaines.
L’atelier constitue également un cadre d’échanges destiné à favoriser la prise d’engagements concrets dans la lutte contre ces fléaux, a-t-il ajouté.

Le représentant de Sa Majesté le Naaba Kiba a, pour sa part, réaffirmé l’engagement de l’autorité coutumière et de ses ministres dans cette lutte. « Nous sommes engagés au quotidien dans la sensibilisation pour un meilleur vivre-ensemble. Parce que la femme, c’est la vie », a-t-il déclaré.
Organisé par l’ONG ASMADE, l’atelier a également permis de préciser les attentes de la campagne à l’endroit des participants. Apolline Compaoré, chargée du programme « Entreprendre au féminin » et cheffe du service communication et genre de l’ONG, a formulé deux principales doléances.

La première porte sur le renforcement de la sensibilisation dans les lieux de culte et à la cour royale concernant la protection des enfants et les mécanismes de lutte contre les VBG. La seconde invite les autorités coutumières et les propriétaires terriens à faciliter l’accès des femmes à des espaces de production.
Des prestations cliniques gratuites au profit des femmes
La promotion de l’autonomisation féminine s’est également traduite par des activités sanitaires au Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) de Naaba Tigré, où des prestations gratuites ont été proposées aux femmes.

Selon Teremagan Samaté, maïeuticien, les consultations ont notamment porté sur le dépistage des lésions précancéreuses, du cancer du sein, de la syphilis, du VIH/sida et des hépatites B et C.
« En cas d’infection lors des dépistages, nous faisons les traitements gratuitement », a-t-il précisé, tout en saluant l’engouement des bénéficiaires.

Une participante, visiblement satisfaite après sa consultation, a exprimé sa reconnaissance envers les initiateurs de cette activité. Elle a également rendu grâce au Tout-Puissant pour ces prestations mises à la disposition des femmes.
Des unités de production au service de l’autonomisation économique
La mission s’est ensuite rendue dans deux unités de production et de transformation afin de découvrir des initiatives locales contribuant à l’autonomisation économique des femmes. La première étape a conduit la délégation à l’unité de production coopérative Sidlawendé, spécialisée dans la fabrication de farines infantiles et portée par l’entreprise Faso Ri-Songo.

Sa directrice, Binta Sawadogo, a présenté la diversité des produits transformés au sein de l’unité. « Nous transformons nos céréales (petit mil, haricot, soja, poudre de pain de singe…) en farines infantiles certifiées par l’ABNORM. En plus de cela, on a 28 produits à base de céréales », a-t-elle expliqué.
L’unité transforme notamment le petit mil en grumeaux pour la bouillie, en grumeaux de dèguè, en dèguè sucré et en couscous. Elle produit également de la farine et du couscous de maïs, des biscuits à base de maïs ainsi que différentes variétés de couscous à base de riz.
Selon Binta Sawadogo, l’unité existe depuis neuf ans et permet aux personnes qui y travaillent de disposer d’un revenu régulier. « Nous gagnons notre vie ici », a-t-elle assuré. Elle compte 26 employés, dont trois hommes et cinq Personnes déplacées internes (PDI).

La seconde visite a concerné l’Association de développement durable des femmes personnes déplacées, réfugiées et hôtes du Yatenga (ADFY). Sur un site d’un hectare et demi, l’association mène des activités de production agroécologique et de fabrication de compost biologique.
« Nous avons également un site témoin de production de produits bio, notamment le gombo, la pastèque, le melon et les papayers. Nous collectons des herbes pour en faire du charbon écologique. Nous avons déjà vendu près de 3 000 poissons récemment », a indiqué Salimata Ganamé. À travers ces initiatives, les femmes contribuent à la production locale et au développement d’activités génératrices de revenus, malgré les difficultés auxquelles elles peuvent être confrontées.
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A la suite de l’étape de Nando, cette étape de Yaadga entend également contribuer à mobiliser et engager les communautés et les autorités politiques et administratives au niveau local en faveur de l’entrepreneuriat féminin et à l’accès des femmes aux opportunités économiques.
C’est d’ailleurs tout le sens de la campagne nationale de communication « Pagb Yidgr-Sooré », ou « Entreprendre au féminin », organisée dans le cadre du sous-projet du projet « Autonomisation des femmes et dividende démographique en Afrique Subsaharienne plus » (SWEDD+), financé par la Banque mondiale.
Tambi Serge Pacôme ZONGO
Burkina 24




