Climat-paix-sécurité : Le Burkina Faso mise sur une meilleure coordination des acteurs

En coordination avec l’Institut d’études de sécurité (ISS), le Centre national d’études stratégiques (CNES) organise, du 28 au 29 octobre 2026, à Ouagadougou, une session d’échanges et de partage sur le nexus climat-paix-sécurité au Burkina Faso.
Cette rencontre a pour objectif de contribuer à l’opérationnalisation de la stratégie nationale de sécurité climatique du Burkina Faso, tout en renforçant le dialogue, la coordination institutionnelle et les capacités des acteurs impliqués dans sa mise en œuvre.
Le directeur général du Centre national d’études stratégiques, le général de brigade Barthélémy Simporé, a indiqué que les défis auxquels le Burkina Faso fait face rappellent que les questions de sécurité ne peuvent être appréhendées de manière isolée. «Elles ont entretiennent des liens étroits avec les dynamiques économiques, sociales, environnementales et climatiques, et façonnent les conditions de vie des populations», a-t-il déclaré.
Au Sahel, a-t-il poursuivi, les changements climatiques se manifestent par la hausse des températures, l’irrégularité des précipitations, des épisodes de sécheresse et d’inondation, ainsi que la dégradation des terres et des ressources naturelles. «Ces phénomènes exercent une pression supplémentaire sur les communautés déjà confrontées aux difficultés économiques, à l’insécurité et à des défis de gouvernance», a-t-il mentionné.

Selon lui, le changement climatique ne constitue pas, à lui seul, une cause directe des conflits. C’est plutôt son interaction avec des vulnérabilités déjà existantes, telles que la compétition autour des ressources naturelles, la fragilité des mécanismes de régulation des conflits et les difficultés d’accès aux moyens de subsistance, qui peut accentuer les tensions et fragiliser la cohésion sociale.
«Dans certaines circonstances, ces tensions peuvent être instrumentalisées par les groupes terroristes tandis que l’insécurité peut en retour entraver les initiatives de protection de l’environnement, de restauration des terres et d’adaptation au changement climatique», a-t-il notifié.
Pour le directeur général du CNES, il faut désormais conjuguer les dimensions climat, paix et sécurité, en dépassant les approches sectorielles afin de construire des réponses cohérentes, coordonnées et adaptées aux réalités nationales.
Il a rappelé qu’en juillet 2025, le Burkina Faso a franchi une étape importante avec l’adoption de la stratégie nationale de sécurité climatique 2025-2029. «Cette avancée traduit une volonté politique de mieux intégrer les considérations climatiques et environnementales dans les politiques de paix, de sécurité et de développement. Et constitue également une opportunité de renforcer la prévention des conflits», a-t-il salué.

Pour lui, l’enjeu réside désormais dans l’appropriation de cette stratégie par les acteurs concernés, sa traduction en programmes opérationnels et la mobilisation des ressources nécessaires. «Notre responsabilité collective est de faire converger ces contributions autour d’une vision partagée et de priorités clairement définies. À cet égard,la coordination interinstitutionnelle, le partage de données et de l’information, le renforcement des capacités, l’anticipation des risques et la mobilisation des financements constitue des leviers essentiels pour assurer l’effectivité de notre stratégie», a-t-il interpellé.
Rodrigue Koné, chef du projet Sahel de l’Institut d’études de sécurité (ISS) a, pour sa part, affirmé que le changement climatique constitue un défi majeur pour la stabilité et le développement du Sahel. À cet effet, il a salué les avancées enregistrées par le Burkina Faso, notamment l’adoption de la stratégie nationale de sécurité climatique.
«C’est une étape importante, elle place aujourd’hui, le Burkina Faso dans une position de leadership pour faire progresser sa mise en œuvre et partager son expérience également avec l’ensemble de ses voisins», a-t-il salué.

Il a toutefois souligné que la mise en place d’une stratégie ne constitue qu’un point de départ. « Le défi est désormais de traduire ces orientations en actions concrètes grâce à une meilleure coordination institutionnelle, à un partage efficace de l’information mais aussi à une mobilisation cohérente des acteurs», a-t-il ajouté.
C’est dans ce sens, a-t-il avancé, que cette rencontre est la bienvenue, car elle devrait permettre d’identifier les différents obstacles à la mise en œuvre de la stratégie, de cerner les besoins des acteurs et de dégager des pistes d’action réalistes et concrètes.
«Nous sommes convaincus que les réponses les plus concrètes doivent être construites avec les institutions du Burkina Faso, à partir du contexte des acteurs, et également des priorités qui sont définies par l’État du Burkina», a-t-il conclu.
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W.S
Burkina 24




