Burkina Faso : Gorée Institute mobilise les acteurs nationaux pour renforcer la cohésion sociale et la paix

Renforcer les mécanismes de dialogue, identifier les acteurs de paix et promouvoir des actions concertées pour consolider la cohésion sociale et la stabilité au Burkina Faso. C’est autour de ces enjeux que s’est ouvert, le mercredi 4 novembre 2026 à Ouagadougou, un atelier national de dialogue multi-acteurs placé sous le thème « Dialogue, cohésion et stabilité : renforcer la résilience des communautés au Burkina Faso ». Organisée par Gorée Institute avec l’appui de la GIZ, la rencontre réunit environ 35 participants issus des institutions publiques, de la société civile, des organisations de jeunesse et de femmes, des autorités coutumières et religieuses, des médias et du monde universitaire.

Cette consultation nationale s’inscrit dans le cadre de l’initiative RISE-Dialogue (Regional Integration for Stability, Engagement and Dialogue), portée par le Gorée Institute avec l’appui de la GIZ, à travers le projet « Renforcement de la coopération au Sahel ». Elle entend favoriser une approche inclusive de la construction de la paix, en valorisant les initiatives locales et en renforçant les liens entre les communautés, les institutions et les différents acteurs concernés.

Représentant le ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité urbaine, Issa Demé, chargé de mission, a souligné la pertinence de cette rencontre au regard des défis auxquels le Burkina Faso est confronté. « La paix n’est pas seulement l’absence de conflits, c’est la confiance retrouvée entre voisins, entre communautés, entre citoyens », a-t-il déclaré.

Issa Demé, chargé de mission, représentant du ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité urbaine

Il a également appelé à s’appuyer sur les ressources endogènes du pays pour consolider la paix, notamment la parenté à plaisanterie ainsi que le rôle des autorités coutumières et religieuses. « Notre responsabilité est de les revitaliser, de les transmettre aux jeunes générations et de les mettre au service de la réconciliation nationale », a-t-il souligné.

Valoriser les mécanismes locaux de prévention des conflits

Pour Bruno Zidouemba, membre du Conseil d’administration de Gorée Institute, la construction de la paix est une responsabilité collective qui engage aussi bien l’État et ses institutions que les communautés, la société civile, les jeunes et les femmes. Il a insisté sur la nécessité de partir des mécanismes qui existent déjà dans les communautés à savoir les dispositifs traditionnels de médiation et de règlement des différends.

Bruno Zidouemba, membre du Conseil d’administration de Gorée Institute

De son côté, le directeur exécutif de Gorée Institute, Doudou Dia, a expliqué que les échanges et les recommandations issus de cette consultation contribueront à alimenter les plans d’action du projet pour la période 2027-2030.

L’ambition est notamment de renforcer l’appropriation des initiatives par les acteurs nationaux et locaux, sans se substituer aux efforts des institutions. « Nous voulons plus d’appropriation, plus d’acteurs autour de ce plan, non pas pour se substituer, mais dans un esprit de complémentarité », a-t-il précisé. Il a évoqué trois axes d’intervention : la recherche-action, le renforcement des capacités des acteurs locaux et la facilitation du dialogue aux niveaux national et régional.

Pr Ludovic Kibora, animateur

Intervenant lors du panel inaugural, le professeur Ludovic Kibora a, pour sa part, insisté sur le caractère permanent du dialogue dans la prévention des conflits. Selon lui, celui-ci ne doit pas être engagé uniquement lorsque les crises surviennent, mais entretenu au sein des communautés, en amont comme en aval des situations de tension.

Doudou Dia, directeur exécutif du Gorée Institute
Doudou Dia, directeur exécutif du Gorée Institute

« Le dialogue doit être fait de façon permanente, donc mettre les mécanismes de dialogue en amont et en aval même des crises », a-t-il déclaré. Il a plaidé pour un accompagnement des initiatives endogènes, estimant que la résilience des communautés repose notamment sur leur capacité à puiser dans leurs ressources culturelles et leurs expériences pour faire face aux chocs.

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Les réflexions engagées se poursuivent ce jeudi 5 novembre autour des dynamiques transfrontalières, de la coopération et de la prévention des conflits. Les travaux doivent également déboucher sur des recommandations prioritaires et des pistes d’action concrètes pour consolider les initiatives locales de paix et mieux les articuler avec les dispositifs institutionnels.

Rédaction B24

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