Dialogue et cohésion sociale : Des acteurs formulent des pistes pour consolider la paix au Burkina Faso

Après deux jours de réflexions sur les mécanismes de prévention des conflits et de consolidation de la paix, l’atelier national de dialogue multi-acteurs organisé par Gorée Institute a refermé ses portes le jeudi 5 novembre 2026 à Ouagadougou. À la clôture des travaux, les participants ont notamment recommandé de mieux valoriser les mécanismes endogènes de résolution des conflits, de renforcer la coordination des initiatives locales et de rester vigilants face aux discours de haine et aux signes précurseurs de tensions sociales.
Au terme des échanges, le Dr Latyr Tine, coordinateur régional du projet RISE-Dialogue, a dressé un bilan positif de la rencontre. Trois panels et un atelier participatif ont permis aux différents acteurs de partager leurs expériences et de contribuer aux réflexions menées dans le cadre du projet. Parmi les principales orientations retenues figure l’alignement des actions sur la stratégie nationale de relance du Burkina Faso.

« La deuxième recommandation forte a été de plus s’appesantir sur les mécanismes endogènes de résolution des conflits », a-t-il indiqué. Il a également précisé que les résultats de cette phase pilote, prévue de septembre à décembre 2026, serviront à définir les activités de la deuxième phase du projet, annoncée à partir de janvier 2027.
Mieux prévenir les tensions et valoriser les initiatives locales
La prévention des conflits passe aussi par une attention particulière aux signaux faibles. C’est l’appel lancé par l’abbé Éric Da, secrétaire général de la Commission justice et paix de la Conférence épiscopale Burkina-Niger. Il a notamment mis en garde contre la stigmatisation à travers certaines plaisanteries et les discours de haine qui circulent sur les réseaux sociaux. Pour lui, ces phénomènes, lorsqu’ils ne sont pas pris au sérieux, peuvent fragiliser la cohésion sociale.

L’imam Alidou Ilboudo, représentant de la Fédération des associations islamiques du Burkina, a, pour sa part, insisté sur la nécessité de mieux coordonner les initiatives de paix. Il relève que plusieurs organisations interviennent parfois auprès des mêmes bénéficiaires sans nécessairement connaître les actions des autres acteurs. Il a également appelé à privilégier l’inclusion et la construction d’un discours fédérateur.

La valorisation des pratiques traditionnelles a également été évoquée par Mamounata Ouédraogo, directrice exécutive du Réseau pour la promotion et l’autonomisation de la femme rurale (REPAFER Burkina). Elle a notamment recommandé d’examiner les mécanismes endogènes recensés dans un document du ministère en charge des Droits humains afin d’identifier ceux qui demeurent adaptés au contexte actuel. La parenté à plaisanterie figure également parmi les pratiques à promouvoir.
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Du côté des médias, Lido Thierno, journaliste à Radio Pulsar, estime que les communications et les échanges lui ont permis de mieux comprendre les mécanismes endogènes de règlement des conflits. Des acquis qui pourront, selon lui, contribuer à un traitement plus approfondi de l’actualité liée à la paix et à la cohésion sociale.

À travers ces recommandations, les participants ont appelé à des réponses davantage ancrées dans les réalités locales et portées par une meilleure collaboration entre les acteurs. Les enseignements de cette consultation nationale contribueront à orienter la suite du projet RISE-Dialogue, qui concerne six pays, dont le Burkina Faso.




