JEPPC 2026 : « Tous pour le made in Burkina », l’appel du Président du Faso à faire de chaque achat un acte de souveraineté

La deuxième phase de la troisième édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JNEPPC) se poursuit au Burkina Faso et dans les missions et représentations diplomatiques du pays à l’extérieur. Ce lundi 5 octobre 2026, à l’occasion de la traditionnelle cérémonie de montée des couleurs nationales, le ministre de la communication, de la culture, des Arts et du tourisme, porte-parole du gouvernement, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a livré le message du Président du Faso, le Camarade Capitaine Ibrahim Traoré.

Comme chaque premier lundi du mois, les couleurs nationales ont été hissées dans les administrations publiques. Cette fois-ci, la cérémonie coïncidait avec le lancement de la deuxième phase de la troisième édition des JNEPPC 2026. À cette occasion, le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, porte-parole du gouvernement, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a livré le message du Président du Faso.

Après avoir invité, six mois plus tôt, les Burkinabè à « regarder au fond de leur assiette » avec le mot d’ordre « mon assiette, ma fierté », le Chef de l’État les appelle à franchir un nouveau cap. Pour cette deuxième phase, le mot d’ordre est désormais « tous pour le Made in Burkina, faisons de chaque achat un acte de souveraineté ». Une orientation qui repose sur trois actions indissociables à savoir produire, transformer et consommer burkinabè.

Dans son message, le Président du Faso présente la production comme le premier verrou à faire sauter pour renforcer la souveraineté économique du Burkina Faso. Le pays dispose, selon lui, de ressources humaines et naturelles importantes pour accroître sa production. Toutefois, l’insuffisance des équipements, des semences et des engrais, ainsi que les conséquences de l’insécurité, constituent encore des défis à relever.

Le message fait néanmoins état de résultats encourageants. Plus de 7 millions de tonnes de céréales auraient été produites et le cap du million de tonnes de riz franchi. Pour le Président du Faso, ces résultats démontrent que le Burkina Faso est capable de se nourrir lui-même. La mécanisation, les aménagements hydro-agricoles, les intrants et les coopératives villageoises sont ainsi présentés comme des instruments devant permettre d’accroître davantage la production nationale.

Transformer localement pour créer de la valeur

Deuxième maillon de cette chaîne, la transformation. Le Chef de l’État déplore que le Burkina Faso continue d’exporter une partie importante de ses productions à l’état brut avant de racheter les produits finis issus de leur transformation.

Le coton, le karité, le sésame, la mangue, les cuirs et peaux ou encore le bétail sont cités comme des exemples. Pour le président du Faso, transformer localement ces produits permettrait de conserver davantage de valeur ajoutée dans le pays, tout en créant des emplois et des revenus.

L’ambition affichée est de faire évoluer les capacités de transformation « de l’atelier à la manufacture et de la manufacture à l’usine ». La normalisation, l’emballage et la labellisation des produits burkinabè sont également appelés à accompagner cette dynamique.

Le troisième verrou se situe dans la consommation. Le message présidentiel appelle à un changement des habitudes, notamment lorsque des produits burkinabè sont disponibles sur le marché. « Servir ce que notre terre a produit n’est pas un signe de pauvreté », souligne le président du Faso, qui présente le choix des produits locaux comme un acte de fierté et de souveraineté.

Le message invite ainsi les consommateurs à privilégier, entre autres, le riz produit au Burkina Faso, l’huile, le sucre, la tomate, le soumbala et les céréales locales lorsqu’un équivalent burkinabè existe. À la maison, il est également proposé de servir au moins un repas entièrement burkinabè chaque jour. Les baptêmes, mariages, funérailles et autres cérémonies sont, eux aussi, appelés à devenir des occasions de valoriser les produits, boissons et tenues du pays.

Les femmes au cœur de la chaîne

Les femmes occupent une place particulière dans le message. Productrices, transformatrices, commerçantes, tisseuses et actrices essentielles de la consommation familiale, elles sont présentées comme étant au cœur des trois maillons de la chaîne.

Le soumbala, le dèguè, les farines infantiles, le beurre de karité et le Faso Dan Fani sont notamment cités pour illustrer leur contribution à la production et à la transformation locales. Le Président du Faso appelle ainsi à libérer davantage le potentiel créatif des femmes afin de renforcer l’économie nationale.

Lire aussi 👉🏿 Production, transformation, consommation : Les trois verrous à briser pour une véritable souveraineté, selon le Capitaine Ibrahim Traoré 

Les artisans, commerçants et industriels sont également invités à jouer pleinement leur rôle dans la promotion du « made in Burkina ». Le commerçant doit, selon le message, choisir entre être un relais de la production nationale ou contribuer à la dépendance vis-à-vis des produits étrangers. Les transformateurs sont, eux, appelés à accroître leurs capacités et à porter davantage les produits burkinabè sur les marchés sous le label « made in Burkina ».

Le Président du Faso pointe par ailleurs du doigt la fraude, la contrebande, les fausses déclarations, la rétention des stocks et les pratiques consistant à dénigrer les produits locaux. Il dénonce également ce qu’il qualifie de « boycott silencieux », consistant à promouvoir publiquement le consommer local tout en privilégiant les produits importés dans la pratique.

La préférence nationale dans la commande publique

Pour renforcer la consommation nationale, le message appelle à faire de la préférence nationale une règle dans la commande publique et les cantines de l’État. Dans les écoles, l’approvisionnement des cantines auprès des producteurs et coopératives locaux est encouragé. Dans les commerces, les produits burkinabè sont appelés à être placés en première ligne des rayons, avec une origine clairement affichée.

Du côté des producteurs et transformateurs, l’exigence est également posée : qualité, emballage soigné, régularité et prix juste. Le patriotisme du consommateur doit, en retour, s’accompagner de l’excellence du produit. Le message inscrit enfin la souveraineté économique du Burkina Faso dans une perspective continentale. Le Président du Faso rappelle un appel lancé par Thomas Sankara, le 29 juillet 1987 à Addis-Abeba, en faveur d’un marché africain au service des Africains : « Produire en Afrique, transformer en Afrique et consommer en Afrique. »

Dans cette perspective, le Chef de l’État appelle à ouvrir davantage les marchés entre les pays de la Confédération des États du Sahel (AES), afin de favoriser les échanges de produits issus de la production et de la transformation locales. Au terme de son message, l’appel présidentiel se veut ainsi un engagement collectif. Au champ, produire burkinabè ; à l’usine, transformer burkinabè ; au marché, acheter burkinabè et, à table, consommer burkinabè.

Fatimata Sawadogo (Stagiaire)

Tambi Serge Pacôme ZONGO

Burkina 24

Serge Pacome ZONGO

Tambi Serge Pacome ZONGO, journaliste s'intéressant aux questions politiques et de développement durable.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page