Au cœur de l’engagement : Cinq jours en immersion avec la Police nationale

Du 9 au 14 août 2026, des professionnels des médias ont quitté, le temps de quelques jours, les salles de rédaction pour découvrir le quotidien et les exigences de la formation policière. Une immersion patriotique volontaire organisée à l’initiative du ministère en charge de la Sécurité, du ministère de la Communication et de l’Académie de police de Pabré. Flora Karambiri de Burkina 24 y raconte mon expérience vécue de l’intérieur
Tout commence le 31 juillet 2026. À la rédaction de Burkina 24, une correspondance invite à désigner un professionnel volontaire pour participer à une immersion patriotique destinée aux médias. Je n’hésite pas. Je me porte volontaire.
Quelques jours plus tard, ma candidature est retenue. Le dimanche 9 août 2026, rendez-vous est donné à l’École nationale de police de Gounghin, à Ouagadougou. L’ambiance est différente de celle d’une journée ordinaire à la rédaction. Ici, pas de caméra, pas de téléphone en main pour couvrir l’actualité. Les téléphones sont consignés et les vêtements civils sont rapidement remplacés par des tenues d’apprentissage.
Une nouvelle expérience commence
« Bienvenue » à Pabré. À 17 h 15, le bus prend la direction de Pabré. À mesure que nous nous éloignons de Ouagadougou, l’excitation laisse progressivement place à l’appréhension.
À l’arrivée, pas question de s’installer tranquillement. Dès le péage, une marche au pas, accompagnée de chants patriotiques, donne le ton. Le message est clair à savoir pendant quelques jours, nous allons apprendre à fonctionner autrement.

Installation dans les dortoirs, repas, nettoyage des locaux, entretien des tenues… La première soirée est déjà bien remplie. Elle se termine par l’apprentissage des hymnes et des chants de rassemblement.
Le journaliste que je suis commence alors à observer différemment. Cette fois, je ne suis pas là pour couvrir un événement. Je suis au cœur de l’expérience.
4 h30 du matin, une autre réalité
Le réveil du lundi 10 août est fixé à 4 h30. Quelques minutes plus tard, place au sport à 5h. Le corps est sollicité. Les muscles chauffent. La fatigue se fait sentir. Pourtant, il faut continuer.
Après l’effort physique viennent les exercices de base : garde-à-vous, repos, salut et déplacements. Des gestes simples en apparence, mais qui nécessitent précision, coordination et discipline.
Au fil des jours, le programme alterne entre théorie et pratique. Civisme, respect des symboles de l’État, secourisme classique et secourisme tactique figurent parmi les enseignements dispensés.
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L’immersion va également nous conduire vers des exercices tactiques. Déplacements, exercices spéciaux, techniques de self-défense et présentation des armes font partie du programme.
Pour un journaliste habitué à observer les opérations depuis l’extérieur, l’expérience est particulière. Elle permet de mieux mesurer la concentration, la discipline et la rigueur nécessaires avant toute intervention.
Le dernier jour marque une étape supplémentaire avec l’intervention du Groupe spécial d’intervention de la Police nationale (GSIPN).

Sur le champ de tir, nous sommes d’abord sensibilisés aux comportements à adopter en zone de danger. Puis vient le passage à la pratique avec différents équipements, notamment le pistolet automatique, la Kalachnikov, la PKMS et la 12,7.
L’objectif n’est pas de transformer les journalistes en policiers. Il s’agit plutôt de leur permettre de comprendre, même modestement, certaines réalités auxquelles les forces de sécurité sont confrontées.
Quand le journaliste devient apprenant
Au-delà des exercices physiques et techniques, cette immersion aura surtout été une expérience humaine. Loin des idées reçues, chaque activité est encadrée et pensée comme un apprentissage. La discipline n’est pas seulement une consigne : elle devient une manière de fonctionner collectivement.

Cette expérience change également le regard porté sur le métier de journaliste en contexte sécuritaire.
Après avoir vécu certaines contraintes du terrain, on ne regarde plus une zone de crise de la même manière. La question de la sécurité du journaliste prend une autre dimension. Chaque déplacement doit être réfléchi, chaque risque évalué et chaque information traitée avec responsabilité.
Informer, mais aussi mesurer sa responsabilité
Au terme de ces quelques jours à Pabré, une conviction s’impose : dans un contexte sécuritaire difficile, informer ne consiste pas seulement à recueillir des faits et à les transmettre.
Le journaliste doit aussi comprendre l’environnement dans lequel il exerce, mesurer les conséquences potentielles de ses publications et préserver, autant que possible, la sécurité des personnes.
Cette immersion patriotique m’aura ainsi permis de sortir, pendant quelques jours, de ma position habituelle d’observatrice pour devenir apprenante.

Je repars de Pabré avec une expérience supplémentaire, un regard renouvelé sur le travail des forces de sécurité et surtout une conviction renforcée : dans une période où le pays fait face à de nombreux défis, informer est aussi un acte de responsabilité citoyenne.
Flora Karambiri
Burkina 24




