FOBICC 2026 : Le secteur culturel burkinabè s’arme pour conquérir les marchés

La deuxième édition du Forum Burkinabè des Industries Culturelles et Créatives (FOBICC) s’est ouverte le vendredi 16 octobre 2026 à l’Espace Culturel Gambidi de Ouagadougou. Placée sous le thème « Enjeux de l’innovation et du marché dans les industries culturelles et créatives au Burkina Faso », cette rencontre réunit pendant deux jours professionnels, experts et partenaires institutionnels pour structurer durablement le secteur créatif.
Après une première édition consacrée aux défis de la structuration, ce second rendez-vous du Forum Burkinabè des Industries Culturelles et Créatives (FOBICC) entend aborder le volet économique. Pour Kira Claude Guingané, président de la Plateforme Culturelle du Burkina Faso (PCBF), la pérennisation de cette initiative répond à un impératif d’autonomie.

« Dans le contexte que traverse notre pays, nous croyons plus que jamais que le développement viendra de nos propres forces, de notre capacité à consommer ce que nous produisons et à bâtir les chaînes de valeur qui profitent d’abord à notre population», a-t-il indiqué.

Organisé avec le soutien d’Africalia, le forum bénéficie également du patronage du ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme. Idrissa Zoromé, conseiller technique représentant le ministre, a souligné la portée stratégique des réflexions engagées.

« On est à la croisée des chemins, on a une stratégie nationale de la culture qui s’achève. L’année prochaine, on va commencer à réécrire la nouvelle stratégie, ce qui veut dire que ce qui va sortir de ce forum va intrinsèquement être important et reversé au débat par rapport à la relance des ICC», a-t-il souligné.

La journée d’ouverture a été marquée par la signature d’une convention de partenariat entre le FOBICC et le Forum Marocain des Industries Culturelles et Créatives (FOMCC). Marouane Fachane, directeur général de la Fondation HIBA, a rappelé la nécessité de documenter le secteur pour convaincre les décideurs et les bailleurs.

« Avant d’influencer les politiques publiques, il faut d’abord répondre à trois questions : qui sommes-nous, quel poids avons-nous et quelle échelle avons-nous ? Le FOBICC est essentiel parce qu’il réunit, agrège et surtout unifie la parole des acteurs».

Dans cette dynamique de professionnalisation, les organisateurs ont officiellement lancé une plateforme numérique de collecte de données statistiques dédiée aux ICC burkinabè. Cet outil vise à pallier le manque d’indicateurs chiffrés et à faciliter le dialogue avec les institutions financières.

Dorine Rurashitse, directrice générale d’Africalia, a quant à elle insisté sur la valeur de ces espaces de concertation. « Dans nos secteurs, nous sommes souvent absorbés par les urgences du quotidien. On prend généralement peu de temps finalement pour nous arrêter, prendre du recul et réfléchir collectivement aux enjeux qui traversent nos métiers et nos écosystèmes », a-t-elle indiqué.

Les travaux se poursuivent jusqu’au samedi 17 octobre avec quatre panels thématiques portant sur les modèles économiques, la propriété intellectuelle, l’espace AES et le financement bancaire.
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Akim KY
Burkina 24




