Maouloud 2026 au Burkina Faso : Les Soufis prônent la cohésion sociale et la tolérance religieuse

En marge de la célébration du Maouloud, la Communauté internationale des Soufis du Burkina organise un grand prêche le samedi 7 novembre 2026 à Tanghin, à Ouagadougou, sous le thème « Cohésion sociale et tolérance religieuse ». Au programme : des prêches, des interventions de guides religieux de différentes confessions ainsi que des prières et des invocations pour le retour de la paix au Burkina Faso. L’annonce a été faite ce jeudi 5 novembre 2026, au cours d’une conférence de presse.
« On n’est pas obligé d’être de la même religion pour se respecter ». Cette conviction résume le message que Cheikh Moaze Ouédraogo, président de la Communauté internationale des Soufis du Burkina, entend porter à travers cette célébration. Guide religieux connu pour ses multiples engagements en faveur de la paix au Burkina Faso et dans le monde, il souhaite faire de ce rendez-vous spirituel un cadre de sensibilisation à la fraternité et à l’acceptation de l’autre.
Pour le Cheikh, la commémoration de la naissance du prophète Muhammad ne doit pas se limiter à un rappel historique de sa vie. Elle doit surtout permettre de remettre en lumière les valeurs qu’il a enseignées à l’humanité.
« Il n’y a pas une grâce plus grande que de travailler à faire en sorte que les gens s’entendent, se respectent, se comprennent, se donnent la main et vivent dans la paix », a-t-il expliqué.
Dans un contexte marqué par les défis sécuritaires et sociaux, le guide religieux place la paix au-dessus de toute autre considération. « La première grâce, ce n’est pas la santé. Pour nous, Soufis, la première grâce, c’est d’abord la paix », a-t-il affirmé.
Il rappelle qu’en situation de guerre, même l’accès aux soins devient difficile, les médecins pouvant être empêchés de rejoindre les malades. Pour lui, la paix demeure donc une condition essentielle à la préservation de la vie.
Mais cette paix passe nécessairement par l’acceptation de l’autre. Cheikh Moaze Ouédraogo estime que la cohésion sociale ne peut véritablement exister sans le respect des différences, qu’elles soient religieuses, ethniques ou linguistiques.
« On ne pourrait jamais aboutir à la cohésion sociale si on refuse de s’accepter, si on refuse de se respecter. Tu ne peux pas me rejeter de la société à cause de ma religion, de mon ethnie ou de ma langue », a-t-il insisté.
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C’est précisément cette sensibilisation que les Soufis souhaitent mener à travers le grand prêche du 7 novembre 2026. L’initiative se veut inclusive et ouverte à toutes les confessions religieuses. Musulmans, catholiques, protestants et fidèles d’autres communautés sont ainsi invités à prendre part à la rencontre. Les représentants des différentes obédiences auront également l’occasion de prendre la parole pour partager leurs messages.
Le président de la communauté tient d’ailleurs à lever toute équivoque sur l’objectif de cette rencontre. « Ce n’est pas une évangélisation, mais une sensibilisation », a lancé Cheikh Moaze Ouédraogo.
A l’écouter, il s’agit avant tout de rappeler que les différences de croyances ne doivent pas constituer des barrières entre les citoyens.
À travers cette célébration, les Soufis entendent faire de la spiritualité un instrument de rapprochement entre les populations et renouveler leur appel à une société où le respect, l’amour du prochain et la fraternité constituent les fondements d’une paix durable.
Aurelle KIENDREBEOGO
Burkina 24




