Saaba : Des habitants sortent les pelles pour réparer eux-mêmes la route Guinkouma-mairie


La technique japonaise Do-Nou
Avec cette somme, la chaussée, qui n’était plus qu’un enchaînement de nids-de-poule et de bourbiers, rendant la circulation particulièrement difficile, a fait l’objet de travaux de remise en état. Des coups de pelle ont ainsi été donnés pour améliorer la praticabilité de ce tronçon.
La dégradation de la voie avait également contraint le bus de la SOTRACO à reculer son terminus de plus de deux kilomètres. Conséquence : certains usagers se retrouvaient déposés à plusieurs kilomètres de leur destination.
Grâce à cette initiative citoyenne, la situation pourrait désormais s’améliorer et permettre aux riverains comme aux usagers de retrouver de meilleures conditions de circulation.

« Le Capitaine Ibrahim Traoré, lorsqu’il est arrivé au pouvoir, a lancé un appel à la mobilisation générale, incitant les citoyens à passer à l’action plutôt qu’à rester dans l’expectative. C’est en réponse à cet appel que nous avons décidé de nous organiser », a confié Madi Sawadogo, Secrétaire général de la fédération.
Enfants, jeunes, adultes et personnes âgées se sont mobilisés en nombre pour prendre part à cette opération mana-mana. L’initiative visait à reboucher les nids-de-poule sur le tronçon reliant le lycée Guinkouma à la mairie de Saaba.
Cette mobilisation citoyenne a été saluée par les autorités communales. Pour mener à bien les travaux, les habitants se sont inspirés de la technique japonaise Do-Nou. Cette méthode, dont le nom signifie « sac rempli de terre », consiste à remplir des sacs de latérite, à les compacter manuellement puis à les superposer en couches afin de stabiliser et de reprofiler la chaussée.

« Nous avons vu qu’il fallait que nous prenions nos responsabilités pour agir », a déclaré le secrétaire général avant d’ajouter que « cette phase d’urgence vise aussi à ramener le bus SOTRACO à la mairie de Saaba à l’approche de la rentrée scolaire ».
Pour les usagers, cette bouffée d’oxygène est un soulagement. C’est le cas de Marie Zongo, une mère de famille habitant la cité Saaba 2, qui se rend quotidiennement au marché central. « Avant, c’était un cauchemar. Avec ma moto, je peinais à circuler. Avec les enfants sur le dos, c’était compliqué. Depuis que les jeunes ont commencé ces travaux, je vois la différence. Ils ont agi comme de vrais patriotes », a-t-elle témoigné, le regard fier.
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Par ailleurs, les responsables de la fédération ont insisté sur la nécessité d’un accompagnement structurel de l’État pour pérenniser ces efforts.
Abdoul Gani BARRY
Burkina 24




