Côte d’Ivoire : Une école dédiée à l’agriculture numérique ouvre ses portes à Yamoussoukro

La Côte d’Ivoire renforce son dispositif de formation dans le domaine de l’agriculture numérique. La Digital Farming School (DFS), une école spécialisée dans les métiers de l’agriculture digitale, a été officiellement inaugurée le samedi 31 octobre 2026 à Yamoussoukro. L’établissement est porté par l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) et l’Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB), avec le soutien d’OCP Africa et la contribution de LEET Initiative.

Installée au sein de l’INP-HB, cette nouvelle structure est issue d’un partenariat engagé en 2023 entre l’État ivoirien et le groupe OCP. Elle ambitionne de former des compétences capables de concevoir et de développer des solutions technologiques adaptées aux réalités de l’agriculture africaine.

La première promotion, composée de 50 apprenants, fera sa rentrée le 9 novembre 2026. Elle a été sélectionnée à l’issue d’une campagne de recrutement qui a enregistré près de 4 000 candidatures.

Une formation au croisement de l’agronomie, du numérique et de l’entrepreneuriat

La Digital Farming School propose un cursus de deux ans articulé autour de trois domaines : la programmation informatique, les sciences agronomiques et l’entrepreneuriat. Sa pédagogie repose notamment sur l’apprentissage pratique, à travers le concept de « Learning by farming ».

Pour mettre les connaissances en application, les apprenants disposeront d’une ferme expérimentale de 170 hectares. Cet espace servira de terrain d’expérimentation pour concevoir, tester et adapter des solutions technologiques aux besoins des exploitations agricoles africaines.

Au-delà des compétences techniques, le programme prévoit également un accompagnement à l’entrepreneuriat et à l’incubation. L’objectif est de permettre aux apprenants de transformer les projets développés pendant leur formation en solutions susceptibles de répondre à des besoins économiques concrets.

Les entreprises et les acteurs du secteur agricole pourront également contribuer à l’évolution des parcours pédagogiques, notamment en faisant remonter les besoins du marché et en participant à la définition de projets adaptés aux réalités des différentes filières.

Lire également 👉Côte d’Ivoire : L’École d’agriculture numérique ouvre les candidatures pour sa première promotion

La cérémonie d’inauguration a réuni plusieurs personnalités, dont Bruno Nabagné Koné, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Adama Diwara, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, et Kini Comoé, ministre chargé des Productions vivrières.

Étaient également présents l’ambassadeur du Maroc en Côte d’Ivoire, Othmane El Ferdaous, le président de l’UM6P, Hicham El Habti, ainsi que le président de l’Association de la DFS, Khalid Baddou.

À cette occasion, un film institutionnel a permis de présenter les missions, les objectifs et les méthodes d’enseignement de la nouvelle école. La cérémonie s’est poursuivie par un panel consacré au thème : « Former la nouvelle génération de leaders de l’agriculture numérique en Afrique ».

Prenant la parole, l’ambassadeur du Maroc en Côte d’Ivoire, Othmane El Ferdaous, a salué la qualité du partenariat entre les deux pays. Il a mis en avant leur convergence de vues et leur volonté de renforcer leur coopération, sous le leadership du Roi Mohammed VI et du président ivoirien, Alassane Ouattara.

Selon lui, le Maroc et la Côte d’Ivoire disposent d’un potentiel agricole important et diversifié, qui nécessite une accélération de la transition numérique. La Digital Farming School s’inscrit ainsi dans cette dynamique de coopération, en rapprochant les compétences en agronomie, en informatique et en électronique.

Le diplomate a également souligné le caractère novateur de la pédagogie de l’établissement, fondée notamment sur l’apprentissage entre pairs. Il a estimé que cette initiative illustre la volonté de l’Afrique de former ses propres compétences et de permettre à sa jeunesse de s’inscrire davantage dans une logique de création de valeur et de patrimoine.

« La connaissance pèsera autant que la disponibilité des ressources »

Pour sa part, le président de l’Université Mohammed VI Polytechnique, Hicham El Habti, a insisté sur le rôle grandissant des connaissances et des technologies dans la transformation de l’agriculture africaine.

« L’agriculture africaine entre dans une période où la connaissance pèsera autant que la disponibilité des ressources dans la création de valeur », a-t-il déclaré.

Il a rappelé que le continent concentre près de 60 % des terres arables encore non cultivées dans le monde. Pour lui, l’enjeu consiste désormais à transformer ce potentiel en valeur économique, grâce à la mobilisation des connaissances et des technologies nécessaires à la maîtrise des systèmes de production.

« C’est dans cette perspective que nous inscrivons la Digital Farming School, avec la conviction que la formation des talents et la production de connaissances doivent progresser ensemble », a-t-il ajouté.

Le directeur général de l’INP-HB, Moussa Abdoul Kader Diaby, a, de son côté, présenté la DFS comme le résultat d’une vision partagée autour de la coopération entre institutions.

« Les grandes transformations ne peuvent être portées seules. Elles se construisent dans le partenariat, dans la confiance et dans la complémentarité des expertises », a-t-il affirmé. Il a salué la collaboration avec le Maroc ainsi que l’engagement du groupe OCP et de l’UM6P dans la concrétisation de ce projet.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page