Vie chère et spéculation au Burkina : Serge Poda fait le point sur les prix et la lutte contre la fraude
Face à la hausse continue des prix des produits de grande consommation, le Camarade Serge Gnaniodem Poda ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, s’est adressé à la presse ce lundi 10 août 2026 à Ouagadougou. L’objectif de cet exercice est de faire la lumière sur les mesures gouvernementales visant à juguler l’inflation, réguler les marchés et réprimer la fraude commerciale.
En dépit du renforcement du cadre juridique et de la multiplication des contrôles sur le terrain, le pouvoir d’achat des Burkinabè reste sous pression. C’est le constat amer dressé par le Camarade ministre Serge Gnaniodem Poda, qui pointe du doigt la persistance de pratiques illégales sur le marché national.
« Malgré les multiples efforts consentis, nous observons avec regret la persistance des tensions sur certains marchés. La hausse injustifiée des prix continue d’être signalée, notamment pour les huiles alimentaires, le ciment, les motocycles, le savon, les œufs, le poisson et la viande de bœuf », a déploré le ministre.

À l’en croire, la surveillance continue des marchés a révélé des dépassements flagrants des prix plafonds réglementaires. En effet, au cours du seul mois de juillet 2026, les services de contrôle ont enregistré 18,33 % sur le sucre granulé SOSUCO ; 16,67 % sur les œufs et 16 % sur le savon. Il a ajouté que même sur les produits non plafonnés, l’escalade tarifaire est marquée. Et le prix du poisson chinchard a ainsi bondi de plus de 20 % en un an.
« Ces variations s’expliquent non seulement par des facteurs externes, mais aussi par des facteurs internes. Concernant le poisson, il faut noter que la hausse des prix découle de la réduction de l’offre mondiale. En ce qui concerne les motocycles, même avec la tendance baissière en raison de l’amélioration de l’offre et des actions de contrôle, il faut noter que leurs prix restent toujours inaccessibles pour le citoyen lambda au regard des pratiques spéculatives des acteurs.
S’agissant du ciment, il est constaté une baisse de l’offre liée à des difficultés d’approvisionnement en clinker et à une forte demande de la population. Quant à la viande de bœuf, la hausse du prix constatée ces trois dernières années résulte d’une faiblesse de l’offre nationale de bétail », a détaillé le Camarade Serge Gnaniodem Poda.

Face à ces défaillances, le gouvernement burkinabè a intensifié la riposte administrative et judiciaire. Parmi les mesures phares figurent l’obligation stricte de déclaration des entrepôts pour stopper les stockages clandestins, la suspension temporaire des exportations de denrées tels que le riz, niébé, céréales, bétail sur pied, ainsi que l’organisation de ventes d’urgence à prix modérés par la société d’État Faso Yaar lors des périodes de grande consommation.
Pour assurer l’application effective de ces mesures, les services techniques du département en charge du Commerce ont été mobilisés. « Ainsi, de 2025 au premier semestre 2026, 52 975 commerçants ont été contrôlés », a indiqué Camarade Serge Gnaniodem Poda.
Il a d’ailleurs précisé que ces opérations de contrôle ont permis de relever plusieurs comportements contraires à la réglementation, notamment des cas de fraude, de pratiques de prix illicites, de stockage clandestin ainsi que la commercialisation de produits périmés et prohibés. Néanmoins, il a assuré que les contrevenants s’exposent à différentes sanctions, parmi lesquelles le paiement d’amendes, la saisie ou encore la confiscation des marchandises.
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En conclusion, le Camarade ministre Serge Gnaniodem Poda a appelé l’ensemble des acteurs économiques à faire preuve de civisme et à respecter la législation commerciale en vigueur. Il a invité également la population à devenir actrice de la régulation en signalant tout abus ou hausse illégale de prix via les numéros verts gratuits 80 00 11 84/80 00 11 85/80 00 11 86
Aminata Catherine SANOU
Létitia KATIOU (Stagiaire)
Burkina 24




