Technologie du Juncao : La coopération sino-burkinabè veut faire germer de nouvelles opportunités agricoles

Après plusieurs semaines de formation théorique et pratique, 100 participants burkinabè ont achevé, le mercredi 16 septembre 2026 à Ouagadougou, la deuxième édition du séminaire consacré à la technologie du Juncao. Production de fourrage, élevage, ensilage et culture des champignons figuraient au cœur de cette formation, avec un objectif de transformer les connaissances acquises en initiatives concrètes dans les exploitations et structures agricoles du pays.
La deuxième édition de la formation sur la technologie du Juncao, ouverte le 24 août 2026 à Ouagadougou, s’est achevée ce mercredi 16 septembre 2026 avec un appel à passer de l’apprentissage à l’action.
Après plusieurs semaines de cours, de travaux pratiques et d’échanges techniques, l’heure est désormais à la mise en application. Au-delà de la maîtrise de la culture du Juncao, les participants ont été familiarisés avec différentes possibilités de valorisation de cette plante, notamment dans l’alimentation animale, la production d’ensilage et la culture des champignons.

Pour les organisateurs et les bénéficiaires, l’enjeu est désormais de faire sortir ces connaissances du cadre de la formation afin qu’elles puissent répondre à des besoins concrets dans le contexte burkinabè.
Une technologie aux usages multiples
Présent à la cérémonie de clôture, le conseiller économique et commercial, Wei Xi, représentant l’ambassadeur, a rappelé la vocation de cette technologie. Le Juncao, a-t-il expliqué, repose sur le principe chinois de « remplacer le bois par l’herbe ».
Avec cette deuxième édition, qui a réuni 100 participants, la coopération agricole entre les deux pays entend ainsi renforcer les capacités locales. Les apprenants ont notamment travaillé sur la culture du Juncao, la transformation en aliment ensilé, l’élevage et la gouvernance écologique.

« J’espère que les séminaristes pourront promouvoir activement la technologie de Juncao au Burkina Faso et en explorer toutes les potentialités », a déclaré Wei Xi. Il a cité parmi les perspectives la lutte contre la pauvreté, la création d’emplois, le développement agro-pastoral et la protection de l’environnement.
Le représentant de l’ambassade de Chine souhaite voir cette technologie contribuer davantage à la sécurité alimentaire. « Que cette herbe du bonheur prenne racine, fleurisse, porte ses fruits et contribue à la sécurité alimentaire et à l’autosuffisance alimentaire au Burkina Faso », a-t-il souhaité.
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Du côté des formateurs, le professeur Luo Hailing a mis en avant les enseignements tirés des travaux pratiques. Il estime que le Juncao présente notamment une bonne adaptation aux conditions climatiques et pédologiques locales, un rendement élevé et des possibilités d’utilisation diversifiées.

« Le Juncao peut non seulement contribuer efficacement à compléter l’approvisionnement en fourrage de qualité, à réduire la pression exercée sur les pâturages naturels et à soutenir le développement stable de l’élevage », a-t-il souligné. La production de champignons comestibles constitue également, selon elle, une possibilité de diversification des revenus des agriculteurs.
L’École nationale de l’élevage et de santé animale (ENESA) veut pérenniser les acquis
Pour le directeur général de l’ENESA, Dr Sie Herman Pooda, cette formation offre une opportunité de renforcer les compétences des acteurs en matière de production fourragère, mais aussi de développer de nouvelles activités autour des champignons.

L’ENESA envisage ainsi d’intégrer la technologie du Juncao dans les curricula de formation de ses apprenants et de développer des formations continues. « Le grand défi, c’est de renforcer nos installations, nos infrastructures, afin de pouvoir accompagner tous ceux qui veulent aller dans la mise en œuvre de cette technologie de Juncao », a-t-il relevé.
Chez les bénéficiaires, l’accent est également mis sur la transmission. Porte-parole des participants, Flora Taonsa a retenu une formation articulée entre théorie et pratique, notamment sur la production et la valorisation du Pennisetum giganteum et les techniques de production des champignons commerciaux.

« Nous repartons de cette formation avec de l’espoir, de la motivation et surtout un devoir d’action », a-t-elle déclaré. Les bénéficiaires entendent mettre leurs acquis au service de leurs structures, les partager avec les producteurs et contribuer à la vulgarisation de la technologie.
Raouf Zampaligré, déjà formé en Chine sur le Juncao en 2025, a pour sa part salué l’importance des exercices pratiques. Il cite notamment l’apprentissage de la production des champignons, du mycélium jusqu’à la mise en place des installations, ainsi que les techniques d’ensilage. « Je suis vraiment très satisfait de la formation parce qu’il y a eu des travaux pratiques », a-t-il témoigné.

Au terme de cette deuxième édition, le défi est donc désormais de transformer les acquis de la formation en initiatives concrètes, afin que la technologie du Juncao trouve progressivement sa place dans les systèmes agricoles et pastoraux du Burkina Faso.
Christopher SOMDA et Georges KY-ZERBO (stagiaires)
Burkina 24




