Syrie : Bachar al-Assad condamné à mort par contumace pour crimes de guerre

Un tribunal syrien a condamné mardi 11 août 2026 par contumace l’ancien président Bachar al-Assad à la peine de mort pour des crimes commis pendant la guerre civile, rapporte LaPresse.ca. Son frère Maher al-Assad et plusieurs anciens responsables militaires et sécuritaires ont également été condamnés à la peine capitale. Il s’agit des premières condamnations visant des membres de l’ancien régime depuis la chute de Bachar al-Assad.

La justice syrienne passe à l’action contre les anciens dirigeants du régime Assad. Un tribunal de Damas a condamné mardi 11 août 2026 par contumace Bachar al-Assad, son frère Maher ainsi que plusieurs ex-responsables à la peine de mort pour des crimes commis durant les années de guerre civile.

Le procès avait débuté en avril. Bachar al-Assad, qui a quitté la Syrie en décembre 2024 pour se réfugier à Moscou après l’avancée des forces rebelles vers Damas, n’a pas comparu devant le tribunal. Le tribunal a reconnu l’ancien président coupable de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre.

La justice lui reproche notamment des assassinats avec préméditation, des meurtres intentionnels, y compris de mineurs de moins de 15 ans, ainsi que des actes de torture ayant entraîné la mort et des privations de liberté. « Il est donc condamné à mort », a déclaré le juge Fakhr al-Din al-Aryan à l’issue de l’audience.

L’annonce du verdict a été accueillie par des scènes de joie devant le palais de justice de Damas. Des dizaines de personnes s’étaient rassemblées avec les photos de proches disparus, tués ou emprisonnés sous l’ancien régime. Parmi elles, plusieurs venaient de Deraa, ville considérée comme le berceau du soulèvement syrien en 2011.

PHOTO BAKR ALKASEM, AGENCE FRANCE-PRESSE

Ramzi Abou Naboud, qui portait le portrait de son frère Ahmed, tué lors de la répression d’une manifestation en 2011, a salué le verdict. « Aujourd’hui, nous avons obtenu un jugement qui nous a réchauffé le cœur, même s’il ne ressuscitera pas ceux qui ont été tués », a-t-il déclaré à l’AFP.

Le frère de Bachar al-Assad, Maher al-Assad, figure également parmi les condamnés. Il dirigeait une division d’élite de l’armée syrienne et a été jugé par contumace. L’ancien ministre de la Défense Fahd al-Freij ainsi que Louay al-Ali, qui dirigeait les services de renseignement militaire dans la province de Deraa, ont également été condamnés à mort.

Un seul des accusés était présent lors du procès. Il s’agit d’Atef Najib, cousin de Bachar al-Assad, arrêté en janvier 2025. Ancien chef de la sécurité politique à Deraa, il a lui aussi été reconnu coupable de crimes contre l’humanité et condamné à la peine capitale.

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Le tribunal a notamment relevé qu’il n’avait montré « aucun remords ». Depuis le début du procès, fin avril, le tribunal a entendu plusieurs témoins et examiné des documents, des images ainsi que des informations classifiées.

Les personnes condamnées disposent d’un délai de 30 jours pour faire appel, a indiqué le ministre syrien de la Justice, Mazhar al-Wais, à la télévision d’État. La Commission nationale syrienne pour la justice de transition a qualifié le verdict de « jalon important » dans le processus visant à établir les responsabilités pour les crimes commis sous l’ancien régime.

Du côté des Nations unies, le porte-parole du secrétaire général Antonio Guterres, Farhan Haq, a estimé que cette procédure pouvait contribuer à répondre aux demandes de justice et de vérité des victimes et à restaurer la confiance dans les institutions.

PHOTO GHAITH ALSAYED, ASSOCIATED PRESS

Il a toutefois rappelé la position de l’Assemblée générale de l’ONU, qui s’oppose à la peine de mort. L’organisation Human Rights Watch (HRW), qui a assisté à plusieurs audiences, considère ces premières condamnations comme un test pour les nouvelles autorités syriennes.

L’organisation estime que le processus judiciaire devra respecter les standards internationaux en matière de procès équitable. Elle appelle également les autorités à abandonner le recours à la peine capitale.

Ces exigences interviennent alors que la Syrie tente de tourner la page de plus d’une décennie de guerre et de répression. La guerre civile syrienne avait éclaté en 2011 après la répression sanglante de manifestations réclamant des réformes démocratiques, dans le contexte des Printemps arabes.

Le conflit a fait plus d’un demi-million de morts et provoqué le déplacement de millions de personnes. Des dizaines de milliers d’autres ont également disparu, notamment dans les prisons et centres de détention du régime.

Bachar al-Assad, qui avait succédé à son père Hafez al-Assad en 2000, a dirigé la Syrie pendant près d’un quart de siècle, dans la continuité d’un pouvoir familial qui aura duré plus de cinq décennies. Pour Hiba Zayadin, spécialiste de la Syrie à Human Rights Watch, les scènes de joie observées après l’annonce du verdict « reflètent 15 ans de souffrance ».

Ces condamnations constituent ainsi une première étape majeure pour les victimes de la guerre, alors que les nouvelles autorités syriennes sont désormais confrontées à un autre défi : établir une justice crédible tout en garantissant des procédures conformes aux standards internationaux.

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